Emballer ou pas ?

Faut-il emballer les aliments pour les empêcher de devenir périmés ? Cette étude québécoise a la réponse.

Photo : Photoboyko / Getty Images

Entre les pertes de nourriture et le gaspillage alimentaire, 11,2 millions de tonnes de denrées sont gâchées chaque année au Canada. Non seulement ces aliments jetés représentent une valeur de 49 milliards de dollars, mais leur production génère 22,2 millions de tonnes de gaz à effet de serre en pure perte. En même temps, on se préoccupe de plus en plus du plastique qui se retrouve dans les sites d’enfouissement et les océans, dont les emballages. 

La question se pose alors : faut-il emballer les aliments pour les empêcher de devenir périmés, ou pas ? Une étude menée par le Conseil national zéro déchet, en collaboration avec RECYC-QUÉBEC, Éco Entreprises Québec et PAC Packaging Consortium, a voulu donner l’heure juste à ce sujet en comparant 12 aliments courants en ce qui a trait à leur empreinte carbone.

Chargés de l’analyse, les chercheurs de Value Chain Management International, une société d’experts-conseils spécialisée en agroalimentaire, ont constaté que, pour certains produits, l’empreinte carbone de l’emballage est négligeable comparée à celle qui serait engendrée par un éventuel gaspillage des aliments si ceux-ci n’étaient pas emballés. C’est notamment le cas du pain tranché, du yogourt, du lait, des crevettes surgelées et des filets de poisson. À l’inverse, la laitue et les pâtes sèches ont une empreinte carbone moindre lorsqu’elles sont vendues en vrac ou sans emballage. 

Cette analyse, qui serait une première mondiale selon un de ses auteurs, Martin Gooch, recommande à l’industrie alimentaire d’augmenter la vente des aliments sans emballage ou en vrac quand cela est pertinent, d’exiger un minimum de matériaux recyclés dans les emballages et de mettre au point de nouvelles solutions d’emballages recyclables ou compostables. « Plutôt que le retrait de l’emballage, c’est l’innovation qui sera essentielle à la réduction des déchets ainsi que des pertes et du gaspillage alimentaire », observe Martin Gooch.

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Deux gestes qui comptent pour le climat

Si tous les Québécois adoptaient l’écoconduite — en évitant par exemple les accélérations et les freinages brusques ou en éteignant le moteur de leur voiture lorsqu’un arrêt dure plus de 30 secondes —, on épargnerait chaque année 2 637 826 tonnes d’équivalent CO2, soit la quantité annuelle d’émissions de gaz à effet de serre (GES) de la population de Gatineau (281 392 habitants).

Si tous les Québécois participaient à la collecte des résidus organiques de leur municipalité (ou faisaient leur propre compost), on épargnerait chaque année 1 514 815 tonnes d’équivalent CO2, soit l’ensemble des émissions annuelles de GES de la population de Sherbrooke (164 538 habitants).

Une présentation de unpointcinq, média de l’action climatique au Québec.

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