La bergerie qui se chauffe au soleil

À la Bergerie du Faubourg, 12 panneaux solaires et une éolienne alimentent les systèmes de climatisation et d’alimentation des animaux.

Illustration : Stéphanie Aubin

À Saint-Narcisse-de-Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent, la Bergerie du Faubourg est la première ferme ovine à être alimentée en énergie renouvelable au QuébecInstallés en juillet 2019 par l’entreprise Audace Technologies, 12 panneaux solaires et une éolienne alimentent les systèmes de climatisation et d’alimentation des animaux. De puissantes batteries stockent cette énergie propre, ce qui évite aussi d’utiliser la génératrice au diésel de la ferme en cas de panne de courant. Financé par des partenaires locaux et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ce projet-pilote a nécessité un investissement de quelque 30 000 dollars. « Notre bergerie, qui a 40 ans, est devenue un laboratoire d’expérimentation qui pique la curiosité des jeunes agriculteurs soucieux de l’environnement », se réjouit Dominique Brisson, copropriétaire avec ses deux filles de cet établissement en transition énergétique. « Notre installation injectera environ 4 380 kWh chaque année dans le réseau de cette ferme, ce qui générera des économies énergétiques, précise Jean-Louis Chaumel, vice-président d’Audace Technologies. Et en évitant de faire fonctionner sa génératrice, la ferme pourrait aussi éviter l’émission annuelle de huit tonnes de gaz à effet de serre. » Bêêêê !

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Un gaz plus léger pour refroidir vos données

Nos vies de plus en plus virtuelles et connectées n’existeraient pas sans les centres de données. Si bien que les serveurs informatiques qu’ils abritent consommeront à eux seuls de 3 % à 13 % de l’électricité mondiale en 2030 — contre 1 % en 2010 —, avance un expert suédois. Déjà, les centres de données contribuent à environ 0,3 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre, selon le magazine scientifique Nature, alors que l’écosystème des technologies de l’information et de la communication (cellulaires, réseaux de télé, etc.) en produit plus de 2 %, soit l’équivalent des émissions de l’industrie aéronautique !

Autant donc ne pas attendre que notre consommation de données explose pour en diminuer l’empreinte carbone. Ainsi, à Montréal et à Verdun, Bell climatise désormais des salles de serveurs en limitant l’utilisation d’hydrofluorocarbones (HFC), des gaz synthétiques réfrigérants ayant la capacité de réchauffer l’atmosphère de 1 000 à 10 000 fois plus que le CO2.

Pour ce faire, Bell et la PME québécoise Carnot Réfrigération ont cocréé un système qui reproduit le cycle naturel d’évaporation et de condensation du CO2 afin de réduire de 60 % à 70 % l’utilisation des compresseurs alimentés par des HFC. Cette solution permet d’éviter 20 tonnes de GES par an comparativement à des serveurs carburant uniquement aux HFC.

D’ailleurs, le gouvernement du Québec évalue présentement la possibilité d’interdire graduellement, à partir de 2021, la fabrication, la distribution, la vente et l’installation d’appareils de climatisation et de réfrigération fonctionnant avec des HFC, ce qui permettrait d’empêcher le rejet dans l’atmosphère de 6,6 millions de tonnes d’équivalent CO2 d’ici 2035.