Le cercle vicieux des canicules

Plus il fait chaud en ville, plus on climatise, plus on climatise, plus il fait chaud en ville. Pour briser cette spirale, il faut planter plus d’arbres.

Wendellandcarolyn / Getty Images

Comme les périodes de canicule se multiplient et s’allongent, les Québécois s’équipent de climatiseurs : 66 % des ménages en possédaient un en 2019, contre 41 % en 2010. La consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre augmentent donc lors des vagues de chaleur. 

À quel point ce phénomène s’amplifiera-t-il au fil des ans ? Pour le prévoir, les scientifiques d’Ouranos, un consortium de recherche sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques, ont mis au point un nouveau modèle mathématique en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada. Ils calculent des degrés-jours de climatisation (DJC) en se basant sur le « seuil de confort » qu’utilisent les ingénieurs en bâtiment (18 °C). S’il fait 30 °C dehors, par exemple, le seuil est dépassé de 12 DJC. Tous les degrés-jours d’une même année sont additionnés et corrélés avec différents scénarios de réchauffement planétaire.

« Plus le nombre de degrés-jours par année est grand, plus on a besoin d’énergie pour faire fonctionner nos climatiseurs », explique la responsable des scénarios et des services climatiques à Ouranos, Diane Chaumont, qui souligne que « le nombre de DJC enregistré à un endroit varie selon la latitude, l’altitude, l’aménagement du territoire (ville ou campagne) et le couvert du sol ».

Selon le scénario qui se situe à mi-chemin entre le plus optimiste (basé sur les objectifs de l’Accord de Paris) et le plus pessimiste, Gatineau passerait de 265 DJC en 2005 à 533 en 2100 (+101 %). Même à Sept-Îles, on pourrait se promener en manches courtes plus souvent d’ici la fin du siècle, car il y aurait un bond de 19 DJC en 2005 à 63 en 2100 (+230 %).

Pour éviter que nos climatiseurs ne tournent à fond dans l’avenir, l’équation est simple : il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre et verdir davantage nos villes. En effet, par leur unique présence, les arbres peuvent abaisser la température urbaine de plusieurs degrés. Donc, s’il fait moins chaud dehors, on a moins besoin qu’il fasse plus frais à l’intérieur !

***

Péché mignon

De la ferme jusqu’à nos papilles, un contenant de crème glacée Ben & Jerry’s génère 907 g d’équivalent CO2, selon le fabricant américain. Cela correspond aux émissions de gaz à effet de serre d’un VUS parcourant trois kilomètres. Dans le détail, le lait compte pour 41 % de l’empreinte carbone d’un pot de glace de 473 g et les autres ingrédients, pour 11 %. Viennent ensuite le transport (17 %), la réfrigération en magasin et chez le consommateur (12 %), l’emballage (10 %), la production (7 %) et les déchets (2 %). En attendant que Ben & Jerry’s parvienne à réduire l’empreinte de ses produits à base de lait, on gagnerait à se tourner vers d’autres délices glacés, comme des sorbets ou des options végétariennes à base de boisson de soya ou d’avoine.

Une présentation de unpointcinq, média de l’action climatique au Québec.

Laisser un commentaire