Ce qu'il faut savoir sur les REER

À quoi peut servir l’argent d’un REER ?

Le REER ne sert pas seulement à préparer votre retraite. Voici deux projets importants que vous pouvez financer — sans pénalité fiscale — grâce à ce régime.

Publié dans :
Guides
Ce qu’il faut savoir sur les REER
sorbetto / Getty Images / montage : L’actualité
Temps de lecture : 6 min.

Comme une certaine céréale de blé entier bien connue, le REER a lui aussi un côté givré. Il peut servir à deux autres étapes excitantes de la vie qui n’ont rien à voir avec la retraite : financer un retour aux études et acheter une maison. Et ce, sans que les gouvernements réclament illico l’impôt que vous leur devriez normalement sur les sommes retirées. 

Pour explorer ces possibilités, prenons le cas d’une programmeuse de 35 ans qui a réussi à accumuler plus de 80 000 $ dans son REER, et dont la véritable passion dans la vie est de faire du pain. 

Retourner aux études

Après des années passées à taper sur un clavier, notre programmeuse souhaite tout lâcher pour se consacrer à ses rêves et faire un DEP en boulangerie. Elle craint toutefois les longs mois d’études à temps plein où ses revenus tomberaient à zéro. La solution ? Piger dans son REER.

Le gouvernement fédéral permet d’utiliser le REER pour financer des études, grâce au régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) — pourquoi faire simple quand on peut créer un nom compliqué ?

Ce programme offre la possibilité de retirer jusqu’à 10 000 $ par année de votre REER, pour un maximum de 20 000 $, pendant que vous êtes sur les bancs d’école. Pour être admissible, vous devez étudier à temps plein dans un établissement d’éducation postsecondaire (cégep ou université) ou dans un établissement d’enseignement reconnu, s’il s’agit d’une formation professionnelle ou technique. Des conditions que notre apprentie boulangère remplit sans problème. 

L’argent retiré du REER par l’intermédiaire du REEP peut être utilisé comme bon vous semble, que ce soit pour payer les droits de scolarité, le loyer ou encore une soirée pour fêter la fin de la session. Comme je vous le disais, il n’y a aucun impôt à payer ni aucune pénalité pour effectuer les retraits. 

Évidemment, il y a un os : vous devrez un jour tout rembourser. À qui ? À vous-même, dans votre REER. 

La période de remboursement est étalée sur 10 ans et débute la deuxième année civile suivant la fin de vos études ou, si vous vous éternisez sur les bancs d’école, la cinquième année civile suivant votre premier retrait. Le remboursement minimal à effectuer chaque année correspond à la somme retirée, divisée par 10.

Comme notre apprentie boulangère a retiré 10 000 $ et terminé son DEP l’année même où elle l’a commencé (en 2023), elle devra rembourser son REER à partir de 2025, à raison de 1 000 $ par année.

Et si elle ne le fait pas ? Je vous explique tout ça en détail plus loin.

Une fois le solde remboursé en totalité, rien ne vous empêche de recourir de nouveau au REEP. Si vous êtes du genre généreux, vous pouvez même l’utiliser pour financer les études de votre partenaire — que vous soyez mariés ou conjoints de fait —, mais pas celles de vos enfants. Pour connaître tous les détails du REEP, visitez le site du gouvernement fédéral

S’acheter une maison

Tout de suite après ses études, où elle a été encensée pour la qualité de ses baguettes, notre programmeuse désormais boulangère déniche un emploi dans la boulangerie d’un village de région. 

Pour se loger, elle pense d’abord louer un appartement, mais elle tombe amoureuse d’une petite maison centenaire à vendre pour une bouchée de pain : 120 000 $. Comment allonger la mise de fonds ? En se servant dans son REER.

Grâce au régime d’accession à la propriété (RAP) du gouvernement fédéral, vous pouvez retirer jusqu’à 35 000 $ de votre REER pour financer l’achat d’une demeure — à condition que ni vous ni votre partenaire, que vous soyez mariés ou conjoints de fait, n’ayez été propriétaires au cours des quatre années précédentes. 

Notre boulangère retire donc 6 000 $ de son REER afin d’avoir la mise de fonds minimale de 5 % et achète sa maison. Il lui reste moins d’argent dans son REER, mais elle a un boulot qu’elle adore et une demeure où elle se sent chez elle.

Vous vous en doutez : il faudra rembourser la somme retirée du REER avec le RAP. Les paiements débutent deux ans après le retrait et s’étalent sur une période maximale de 15 ans. Notre boulangère, qui a acheté sa propriété en 2023, devra ainsi commencer à rembourser son REER en 2025, à raison de 400 $ par année. 

Les personnes qui utilisent le RAP doivent donc s’assurer qu’elles seront en mesure d’effectuer les remboursements, malgré les nouvelles dépenses associées à leur maison, dont l’impôt foncier, l’entretien et, évidemment, les paiements hypothécaires.

Pour tout savoir sur le RAP, visitez cette page du gouvernement fédéral.

Rembourser plus rapidement ?

En 2025, notre boulangère doit commencer à rembourser son REEP (1 000 $ par an, comme mentionné plus haut) et son RAP (400 $ par an). C’est donc un total de 1 400 $ par année qu’elle doit déposer dans son REER.

Hélas ! Un remboursement n’est pas considéré comme une nouvelle cotisation. Cela signifie que la boulangère ne reçoit pas de remboursement d’impôt pour ce dépôt. En contrepartie, elle n’a pas à en tenir compte lorsqu’il est question du montant maximal qu’elle a le droit d’ajouter dans son REER pour l’année en cours.

Heureusement, elle est désormais gérante de la boulangerie — les ventes ont explosé grâce à ses succulentes baguettes — et sa situation financière permet d’absorber ces paiements sans problème. En fait, elle a même assez d’argent pour rembourser plus vite les sommes retirées. Devrait-elle le faire ?

La recommandation de l’Autorité des marchés financiers est de rembourser le montant minimal chaque année — les 1 400 $ dans le cas de notre boulangère — et d’utiliser l’argent supplémentaire à sa disposition pour cotiser à son REER afin d’obtenir un remboursement d’impôt.

Évidemment, le fisc ne pourra pas distinguer lui-même ce qui est une nouvelle cotisation REER de ce qui est un remboursement du RAP ou du REEP. C’est vous qui devrez l’indiquer dans votre déclaration de revenus

Et si on ne paie pas ?

Dans la vie, il arrive parfois que, pour une raison ou une autre, la pâte ne lève pas. Si notre boulangère ne parvient pas à effectuer le paiement minimal requis une année, elle devra payer de l’impôt sur la somme en question, soit 1 400 $. Eh oui, l’État considère alors que c’est un revenu imposable… même si ça fait longtemps que l’argent a été dépensé.

Comme si ce n’était pas déjà assez désagréable, cet espace REER sera désormais perdu. Il s’agit de 1 400 $ de moins qui ne pourront pas fructifier à l’abri de l’impôt pour ses vieux jours. 

Mieux vaut donc, dans la mesure du possible, toujours s’assurer d’effectuer le paiement minimal de son REEP et de son RAP. 

En résumé

Vous pouvez retirer de l’argent de votre REER sans pénalité pour deux autres choses que la retraite : retourner aux études ou financer l’achat d’une maison. Il vous faudra toutefois rembourser cette somme sur une période de 10 ou 15 ans selon le régime, faute de quoi vous devrez payer l’impôt dû sur l’argent retiré et perdrez cet espace de contribution dans votre REER.

Retour au guide