Arrêtez les frais!

Frais d’ouverture de compte, frais de transaction, frais annuels…Certaines façons d’investir coûtent plus cher que d’autres.

Dollars et cents : Arrêtez les frais!
Ill. : C.-A. Pedneault

C’est bien connu : une des manières les plus simples de faire de l’argent, c’est d’en perdre le moins possible. Une voie consiste à réduire au minimum les frais de toute nature liés à ses placements. Frais d’ouverture de compte, frais de gestion annuels, frais de transfert de toutes sortes, de transaction en Bourse, etc.

Des frais, des frais, des frais. C’est vrai que ce n’est pas avec des prières que votre courtier et votre banque ou caisse populaire font des profits…

Mais regardons ces choses d’un peu plus près.

La façon la moins onéreuse de placer son argent et d’en tirer un peu de rendement, c’est d’investir dans un certificat de placement garanti à sa banque, à sa caisse ou à Épargne Placements Québec. Ça ne coûte rien, mais ça ne rapporte pas grand-chose non plus.

Pour avoir plus de choix, prendre plus de risques et espérer obtenir un meilleur rendement, il faut ouvrir un compte auprès d’un courtier en valeurs mobilières. Cela permet d’acheter et de vendre des actions, des obligations, des fonds négociés en Bourse et des options. On y achète aussi des fonds communs de placement, quoique dans ce cas on peut tout simplement en acquérir par l’intermédiaire de son conseiller financier à sa banque, sa caisse ou sa compagnie d’assurances.

Il y a deux grands types de comptes de courtage : ceux à commissions réduites et ceux qui comprennent les services d’un conseiller.

Pour les premiers, vous ne payez habituellement pas de frais d’ouverture ni de frais annuels, à condition d’y maintenir un minimum d’actif ou de faire un certain nombre de transactions par année. Chaque institution a ses barèmes, mais géné­ralement, si vous avez 25 000 ou 50 000 dollars, il n’y aura pas de frais annuels.

Quant aux frais de transaction, ils ont beaucoup diminué. De 29,95 $ qu’ils étaient pour acheter ou vendre un petit bloc d’actions, ils ne sont plus que de 9,95 $, si on a un actif de plus de 50 000 dollars. Le tarif tombe à 6,95 $ si on effectue beaucoup de transactions. Rappelons qu’il n’y a pas de services de conseiller pour un compte de courtage à commissions réduites.

Des honoraires rentables ?

Pour ceux qui ne connaissent rien au monde du placement, il faut se tourner vers un courtier dit « de plein exercice », c’est-à-dire qui offre des services-conseils.

On l’aura deviné, ça coûte plus cher. Pour le service de base, des institutions réclament des frais administratifs minimaux, de l’ordre de 125 dollars par année. À cela s’ajoutent des commissions pour les transactions sur les actions et obligations, qui peuvent aller, par exemple, de 4,5 % pour des transactions de quelques milliers de dollars à 0,5 % pour celles qui dépassent un million de dollars.

Toutefois, la plupart des institutions offrent maintenant des comptes qui fonctionnent sur une base d’honoraires annuels. La tarification se fait selon un pourcentage de l’actif détenu dans le compte, sans égard parfois au nombre de transactions effectuées au cours de l’année. Dans bon nombre de cas, les frais annuels varient entre 1 % et 2,5 %. Certaines institutions imposent des frais minimaux, de l’ordre de 2 000 dollars par exemple, quel que soit l’actif détenu dans le compte.

Cher ? Tout dépend du point de vue. « Nous valons plus cher que les honoraires que nous réclamons, soutient Manon Létourneau, conseillère en placement à la Financière Banque Nationale. Nous avons une approche globale. Nous tenons compte des aspects fiscaux pour le client, de son profil d’investisseur. Nous faisons de la planification financière. Et parfois, nous ralentissons les ardeurs de certains clients, parce que nous sommes plus objectifs qu’eux », explique-t-elle.

Le conseiller peut agir comme garde-fou à l’égard de décisions prises sous le coup de l’émotion, fait-elle valoir. Cela ne garantit pas de meilleurs rendements, mais peut parfois éviter aux clients de commettre des erreurs coûteuses.

Fonds communs et fonds négociés en Bourse

Il est maintenant bien établi que les fonds communs de placement traditionnels coûtent beaucoup plus cher que les fonds négociés en Bourse (FNB).

« Les FNB sont de véritables aubaines », affirme Christian Charest, éditeur responsable des sites Web de Morningstar Canada, une entreprise spécialisée dans l’évaluation des fonds sur le marché.

Il existe environ 220 FNB au Canada, offerts par quelques entreprises, dont les plus connues sont BlackRock Asset Management, Claymore Investments, la Banque de Montréal et Horizons Canada. Comme les fonds communs de placement traditionnels, les FNB sont des instruments qui permettent d’investir dans des paniers d’actions ou d’obligations ou d’acheter certaines ressources, comme le pétrole et l’or. Ils se négocient comme des actions.

Les FNB prélèvent des frais de gestion infimes, souvent de l’ordre de 0,5 % par année. Un nouveau venu au Canada, l’américain Vanguard, accroît la concurrence avec des frais moyens de 0,24 % pour ses FNB. Les fonds communs de placement traditionnels exigent environ 2,5 %.

Pourquoi cet écart ? Tout simplement parce que les FNB ne font souvent que copier des indices boursiers ou obligataires, tandis que les fonds traditionnels sont activement gérés par des professionnels. Depuis quelques années, on trouve même des FNB qui permettent d’acquérir des portefeuilles équilibrés, com­posés d’obligations, d’actions canadiennes et internationales.

Nombre d’études ont montré que les gestionnaires de fonds communs de placement traditionnels ne réussissent pas, sur une longue période, à battre les indices boursiers. Selon Standard & Poor’s, au cours des cinq années qui se sont terminées le 31 décembre 2010, à peine 2,53 % des 79 fonds communs de placement constitués d’actions canadiennes ont réussi à dépasser l’indice de la Bourse de Toronto. Avec un FNB, par contre, on est sûr d’avoir le rendement du marché et on économise environ 2 % de frais par année. À long terme, cela représente beaucoup d’argent épargné.

Les frais de gestion annuels ne doivent cependant pas être le seul volet à considérer. Il faut tenir compte des frais de transaction. Comme les FNB s’achètent et se vendent sur le marché boursier, on paie chaque fois une commission au courtier. Cela fait grimper les coûts si on est très actif.

Une fâcheuse habitude

Des études ont aussi montré que les petits investisseurs ont la fâcheuse habitude de vendre leurs titres lorsque le marché a déjà baissé et d’en acheter lors­qu’il a déjà beaucoup monté. C’est l’effet de foule. Selon Christine Benz, de Morningstar, « les rendements obtenus par les investisseurs sont généralement plus faibles que ceux des fonds eux-mêmes ». Dans une note écrite il y a quelques années, elle avait donné en exemple les fonds de titres technologiques, qui avaient procuré un rendement annualisé de 6,4 % sur 10 ans, alors que les investisseurs, dans ces mêmes fonds, avaient perdu 4,2 % sur une base annuelle.

Si les FNB sont beaucoup moins onéreux en frais de gestion annuels, ils se prêtent tou­te­fois mal aux achats périodiques, contrairement aux fonds communs de placement traditionnels. Pour ces derniers, il ne faut parfois qu’une mise de départ de 500 dollars. On peut ensuite acheter des parts pour seulement 25 dollars par mois. Il est bien connu qu’en répartissant ses achats sur de longues périodes, on obtient un coût moyen raisonnable et on peut espérer avoir un rendement correct à long terme.

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