Assurances : 7 pièges à éviter

Paieriez-vous pour une clause de protection en cas de perte d’emploi alors que vous êtes à la retraite ? C’est pourtant ce que font certains Québécois sans le savoir ! Quelques conseils pour ne pas s’assurer idiot.

Assurances : 7 pièges à éviter
Ill. : Marie Mainguy

1- Assurance vie pour un enfant

Vous êtes un nouveau parent ? Il y a fort à parier que vous avez reçu des appels d’assureurs vous offrant une assurance vie pour votre poupon. Cette protection ne devrait pas être une priorité.

Le but de l’assurance vie est de permettre à vos proches de recevoir une somme à votre décès, pour compenser la perte de votre revenu. Si votre enfant meurt, cette tragédie vous affectera, mais elle n’aura pas de conséquences sur le budget familial, outre le coût des funérailles.

« Ce n’est pas la vie des enfants qu’il faut assurer, mais celle des parents. Ce sont eux qui gagnent le revenu de la famille », souligne Denis Preston, planificateur financier chez Bachand Lafleur Preston et chargé de cours à HEC Montréal. « De plus, le décès d’un enfant diminue les dépenses familiales, il ne les augmente pas. »

Il est beaucoup plus utile de mettre de l’argent de côté pour les études de l’enfant, « par exemple dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE) », suggère Monette Malewski, présidente du Groupe M Bacal, courtier en assurance de personnes. « C’est une bien meilleure protection financière pour un enfant. »

 

2- Assurance vie pour un célibataire sans enfant

Si personne ne dépend de vous financièrement, votre disparition ne laissera personne dans la misère. « Dans le cas d’une personne seule, il est bien plus important d’avoir une assurance invalidité, pour s’assurer un certain niveau de revenu si l’on devient incapable de travailler », dit Gaétan Veillette, planificateur financier pour le Groupe Investors.

« Le plus grand risque pour un travailleur âgé de 30 ans, c’est de perdre son revenu. Si vous gagnez 50 000 dollars par année et que vous ne pouvez pas travailler pendant 20 ans parce que vous êtes invalide, cela représente un manque à gagner d’un million de dollars. Si vous assurez votre maison, qui vaut 250 000 dollars, ce serait la moindre des choses que vous assuriez vos revenus, qui valent un million. »

 

3- Assurance solde de crédit

Que vous fassiez un emprunt, demandiez une marge de crédit ou portiez des achats à une carte de crédit, les institutions financières voudront vous vendre des assurances.

Par exemple, Desjardins offre pour ses cartes Visa une assurance solde de crédit, qui rembourse la totalité de celui-ci en cas de décès, de mutilation ou de maladie grave (maximum de 25 000 dollars), et 10 % du solde en cas de perte d’emploi ou d’inva­lidité. La majorité des banques et autres émetteurs de cartes proposent de telles protections. Les frais vont de 0,49 $ à 1,49 $ par tranche de 100 dollars de solde, pour une moyenne de 0,95 $, selon une enquête de l’Agence de la con­sommation en matière financière du Canada.

Au moment de l’activation d’une carte, de nom­breuses institutions financières sollicitent leurs clients pour leur vendre une assurance, dénonce Caroline Arel, avocate et responsable du service budgétaire pour Option consommateurs. Elle voit régulièrement des gens endettés payer des frais d’assurance considérables. « J’ai déjà reçu en con­sultation une femme qui avait un solde de 15 000 dollars sur sa carte et qui payait 108 dollars par mois en frais d’assurance ! » raconte-t-elle. Il aurait mieux valu que cette femme applique cette somme au remboursement de sa dette.

« Il ne faut pas souscrire plusieurs petites polices d’assurance, puisque cela coûte cher en frais d’administration. Mieux vaut se doter d’une assurance vie et d’une assurance invalidité qui couvriront tous nos besoins, dit Denis Preston. De plus, les assurances invalidité sur les emprunts bancaires ne sont généralement pas très généreuses, étant donné leur coût élevé. »

 


assurance-hypotheque4- Assurance hypothèque

À l’achat d’une propriété, votre prêteur hypothécaire vous offrira sans doute une assurance pour couvrir le solde de votre emprunt en cas de décès et faire le versement de vos mensualités en cas d’invalidité. « C’est moins cher d’acheter une assurance vie générale et une assurance invalidité auprès d’un assureur, qui tiendra compte de l’ensemble des besoins financiers, en incluant l’emprunt hypothécaire », explique Monette Malewski.

À mesure que vous effectuez des paiements hypothécaires, « la somme que l’assureur aura à payer à votre décès – le solde restant de votre emprunt hypothécaire – diminue. Cependant, le montant de vos primes demeure habituellement le même au fil des ans », lit-on dans le site de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).

 

5- Assurance contre le vol d’identité

Si un fraudeur « clone » votre carte Visa, MasterCard ou American Express, ou s’il se sert de votre numéro pour faire des achats, vous n’aurez rien à payer, en raison d’une « politique de responsabilité zéro ». S’il s’agit d’autres cartes de crédit, la loi limite votre responsabilité à 50 dollars.

Pourtant, des institutions financières offrent le service Alerte crédit, censé protéger contre la fraude, à leurs clients qui ont été victimes de fraudeurs ou lors du renouvellement d’une carte de crédit. Ce service n’offre aucune garantie contre le vol d’identité lui-même. Il ne fait que signaler toute demande de rapport de solvabilité, qui peut indiquer une tentative d’usurpation d’identité !

Les coûts varient d’une institution à l’autre. « En consultation, j’ai rencontré une dame qui, après avoir été victime de fraude, a accepté de payer 20,31 $ par mois pour l’Alerte crédit, dit Caroline Arel. Elle n’avait pas eu à payer pour la fraude, mais son institution financière a profité de son état de vulnérabilité pour lui vendre ce service. »

Alerte crédit permet aussi d’obtenir sa cote de solvabilité chaque trimestre. Pourtant, un consommateur peut demander, sans frais, son dossier auprès des deux agences canadiennes d’évaluation du crédit, Equifax et TransUnion.

 

6- Assurance mort accidentelle

Ce type d’assurance double l’indemnité en cas de mort accidentelle. « Elle devrait se trouver très loin sur la liste des priorités », dit pourtant Monette Malewski. Seulement 4,3 % des décès au Canada sont causés par des accidents.

« La vraie question à se poser, ajoute Denis Preston, est : « Est-ce que mes proches auront une diminution de leur niveau de vie si je décède ? » Si oui, on évalue le montant d’assurance requis pour maintenir ce niveau de vie. Cette somme ne sera pas différente, que l’on décède accidentellement ou non. »

 


assurance-maladie-grave7- Assurance maladie grave

Une vingtaine de maladies parmi les plus courantes et les plus graves (cancer, crise cardiaque, cécité, etc.) sont couvertes par cette assurance. Si vous devenez atteint de l’une d’entre elles, vous recevez une somme forfaitaire, à utiliser comme bon vous semble (payer des soins privés, des services à domicile, vos dettes, laisser un héritage, etc.).

« Encore une fois, ce n’est pas la cause qu’il faut assurer, mais les conséquences financières », dit Denis Preston. Si vous êtes un jour atteint d’une maladie qui ne fait pas partie de cette liste, vous n’aurez rien. L’assurance maladie grave ne remplace donc pas une assurance invalidité, fait remarquer le planificateur financier. « Souscrire ce type d’assurance, c’est comme avoir une assurance habitation qui ne couvre que le salon en cas d’incen­die, mais pas les autres pièces. »

 

 

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