Ce qu'il faut savoir sur les REER

Combien d’argent est-ce que je peux mettre dans mon REER ?

Assurez-vous de ne pas dépasser la limite, sinon vous allez payer une pénalité salée !

Publié dans :
Guides
Ce qu’il faut savoir sur les REER
sorbetto / Getty Images / montage : L’actualité
Temps de lecture : 4 min.

Un instant, s’il vous plaît. Laissez-moi d’abord m’adresser aux personnes qui ont ouvert cet article uniquement pour connaître leur propre limite de contribution pour l’année 2022 : la réponse se trouve à la fin du texte, ici.

Pour toutes les autres qui veulent savoir comment est établie la limite de contribution, c’est parti ! C’est la taille de votre salaire qui détermine la quantité d’argent que vous pouvez mettre dans votre REER chaque année. La formule utilisée est simple : vos revenus bruts de l’année précédente multipliés par 18 %. Un chauffeur d’autobus scolaire qui touche 37 000 $ par année pourrait donc faire une contribution maximale de 6 660 $ dans son REER. 

À cette formule simple (salaire de l’année précédente x 18 %) s’ajoutent toutefois d’autres ingrédients essentiels à connaître quand on veut comprendre la recette.

Il y a notamment un plafond de cotisations à ne pas dépasser, qui varie d’une année à l’autre. En 2022, il est de 29 210 $. Pour s’y cogner le portefeuille, il faut avoir un salaire annuel de plus de 162 277 $. Bref, la grande majorité des Québécois n’ont pas trop à s’en faire avec ça, à commencer par notre chauffeur d’autobus. 

Si l’État plafonne ainsi les contributions, c’est pour éviter que le REER avantage de manière disproportionnée les personnes très riches, qui pourraient y mettre une partie substantielle de leurs revenus à l’abri de l’impôt. 

À l’inverse, avec son salaire de 37 000 $ par année, il serait surprenant que notre chauffeur parvienne à verser le maximum tous les ans, soit 6 660 $ — c’est quand même plus de 125 $ par semaine ! Heureusement pour lui, ce « droit de cotisation » (ça s’appelle comme ça) lui appartient désormais, et les droits inutilisés s’accumulent d’une année à l’autre. 

Après quatre années de travail, et en supposant qu’il n’ait pas pu contribuer du tout, ce chauffeur d’autobus disposerait ainsi de 26 640 $ d’espace REER. S’il dénichait alors un poste de chauffeur privé pour un PDG à 65 000 $ par année, il pourrait profiter de son salaire plus élevé pour enfin meubler cet espace REER qui aurait grossi au fil des ans. 

Ce serait même fiscalement plus avantageux pour lui de cotiser à ce moment. Rappelez-vous : plus vous gagnez d’argent, plus le fisc en retient. Une contribution de 6 600 $ alors qu’il était chauffeur d’autobus aurait généré une économie d’impôt de 1 833 $. La même contribution, une fois chauffeur privé, lui permettrait de récupérer 2 472 $. 

Attention à la limite

Maintenant que vous savez tout ça, assurez-vous de ne pas dépasser votre espace de contribution, au risque de vous en mordre les doigts. Vous devriez alors payer une pénalité de 1 % d’impôt par mois sur vos cotisations excédentaires. Ça s’accumule vite !

Surtout, sachez que vos droits de cotisation ne sont pas seulement grugés par vos propres contributions, mais aussi par celles faites au cours de l’année par votre employeur et vous dans le cadre d’un régime de retraite, par exemple, ou encore par celles faites par votre conjoint ou conjointe dans votre REER.

L’État reconnaît toutefois qu’il peut être facile de perdre le compte et de dépasser involontairement la limite. C’est pourquoi un excédent de 2000 $ — à vie, et non par année — est toléré. Ce montant fructifiera dans votre REER à l’abri du fisc, jusqu’à son retrait, mais il ne réduira pas vos impôts.

Si vous constatez avoir trop cotisé à votre REER et désirez reprendre vos billes, pas de panique : il suffit de retirer le montant excédentaire en contactant votre institution financière ou votre conseiller financier. L’Agence du revenu du Canada, à qui revient le rôle de chapeauter les REER, pourrait même annuler la pénalité d’impôt si vous démontrez qu’il s’agit d’une erreur raisonnable — et que vous avez corrigé la situation. 

Pour trouver votre limite de contribution pour l’année 2022 :

  • Visitez le site de l’Agence du revenu du Canada et connectez-vous à votre dossier ;
  • Allez dans la section « Déclarations de revenus », puis ouvrez votre « Avis de cotisation » 2021 ;
  • Faites défiler la page jusqu’à la ligne « Voici vos droits de cotisation pour 2022 » ;
  • Le chiffre à droite correspond au montant maximal, y compris les contributions non utilisées des années précédentes, que vous pouvez mettre dans votre REER d’ici le 1er mars 2023 ;
  • Avant de virer ce montant dans un REER, assurez-vous de déduire toutes les contributions déjà faites au cours de l’année par vous, votre conjoint ou conjointe, ainsi que par votre employeur dans le cadre d’un régime de retraite. Sinon, vous risquez de dépasser la limite et de payer une pénalité.

En résumé

Votre espace de contribution REER annuel est limité : il correspond à 18 % de votre salaire, pour un maximum de 29 210 $ en 2022. Les droits de cotisation non utilisés s’accumulent d’une année à l’autre. Assurez-vous toutefois de ne pas dépasser la limite pour ne pas payer de pénalité.

Retour au guide