Combien économise un étudiant qui vit chez ses parents ?

Et si rester chez papa et maman plus longtemps que prévu était la clé pour acheter sa première maison ?

Aleksandar Nakic / Getty Images / montage : L’actualité

Le prix des propriétés a continué de croître en 2021, confirme l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec. Et la tendance se maintient. Le prix médian des maisons vendues par un courtier à Montréal atteignait 340 000 dollars en février (15 % de plus qu’en février 2021). Un condo : 225 000 dollars, une hausse de 14 %. Même chose à Québec, où le prix médian est de 335 000 dollars pour une maison et de 220 000 pour un condo. 

L’accès à la propriété étant devenu difficile pour les jeunes, des parents voudraient les aider. Or, tous n’ont pas les moyens financiers pour le faire. Repousser de quelques années le départ du nid familial peut s’avérer une piste intéressante pour un jeune adulte encore aux études. Mais attention : il y a un prix à payer. 

Selon Destination universités Québec, un regroupement de 19 universités aux quatre coins de la province, un étudiant qui vit en appartement doit prévoir 11 760 dollars par année pour se loger, se nourrir et avoir accès au câble et à Internet. Les sommes ci-dessous ont été déterminées à titre indicatif afin d’orienter un étudiant québécois dans l’élaboration d’un budget. Le loyer peut être plus cher à certains endroits, par exemple à Montréal. Mais en moyenne, au terme de trois ans d’études, un jeune peut économiser 35 280 dollars en demeurant chez ses parents, si ceux-ci assument l’entièreté des frais. 

Dépenses de subsistance récurrentes d’un étudiant vivant en appartement au Québec par année

Loyer et autres frais6 600 $
Alimentation4 200 $
Câble et Internet960 $
Total11 760 $
Source : Destination universités Québec.

Et à la condition, bien sûr, d’économiser le montant qu’on aurait consacré à ces dépenses. « Plus tu commences tôt, plus l’argent travaille pour toi », rappelle Laurie Therrien, planificatrice financière à Services financiers Therrien et Alain, à Québec. Un étudiant qui placera 11 760 dollars (en 12 versements de 980 dollars) par année pendant trois ans à 2 % d’intérêt accumulera un peu plus de 36 000 dollars au terme de ces trois ans. Si ses études durent cinq ans, sa cagnotte s’élèvera à près de 62 000 dollars. 

Ces 36 000 dollars d’économie pourront constituer une mise de fonds de 10 % sur une maison de 360 000 dollars, même si le prêt devra être garanti par la SCHL (comme toute mise de fonds entre 5 % et 20 % du prix de la propriété).

Rester au domicile familial le temps de ses études n’est cependant pas la solution parfaite pour tout le monde. Si la demeure se trouve loin du cégep ou de l’université, l’étudiant risque de devoir débourser beaucoup d’argent dans le transport, surtout s’il possède une voiture. Selon le calculateur des coûts d’utilisation d’une automobile de la CAA, une voiture compacte à essence représente au Québec une dépense annuelle de 7 750 dollars.

Reste le risque de ne pas apprendre « la valeur de l’argent » quand on vit chez ses parents et qu’on n’a pas de loyer à payer. « L’avantage de pouvoir économiser en demeurant chez ses parents ne doit donc pas être tenu pour acquis », convient Simon Houle, gestionnaire de portefeuille adjoint pour la société indépendante Archer gestion de patrimoine et secrétaire-trésorier d’ÉducÉpargne, un organisme sans but lucratif qui sensibilise les Québécois à l’importance d’acquérir de bonnes habitudes d’épargne. « Ça dépend du genre de parents, mais il est possible qu’en étant trop confortable, le jeune adulte ne comprenne pas assez vite la valeur de l’argent. Dans une situation où il faut que tu paies tes affaires, tu vas rapidement savoir comment économiser. » Comme le dit Laurie Therrien, c’est avant tout une question d’éducation.

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M. Richer, je lis toujours la chronique « dollars et cents » avec intérêt. J’ai d’ailleurs profité de plusieurs idées pour épargner. Mais, voilà, sauf votre respect : je m’étonne de vos conseils ci-haut.

Connaissez-vous le pourcentage des étudiant.es qui a l’opportunité de gagner plus de onze milles dollars dans une année (et même plus si on compte les dépenses personnelles) ? Je n’ai pas la réponse mais je croirais qu’il est petit.

Vous ne mentionnez pas les frais de scolarité qui se comptent dans les milliers de dollars. Que faire des livres, des vêtements, du transport public, lorsque disponible, et des sorties? Sont-ce les parents qui paient en plus ou les jeunes? Combien de parents peuvent ajouter toutes ces dépenses à leur budget? Et si ce sont les jeunes d’où viendra l’argent?

Je me demande qui choisit de travailler durant les sessions d’études, au lieu de profiter de ces heures précieuses pour étudier et se reposer, sans avoir besoin de l’argent? En tout cas, je n’ai rencontré personne dans cette situation durant mes années d’études au CEGEP et à l’université.

Je me trompe peut-être, mais je pense que la situation que vous présentez est utopique. Veuillez m’éclairer si ce n’est pas le cas. Et si j’ai raison, est-il possible que vous ayez inversé des conseils pour la durée des études et ceux pour les années suivantes? Personne ne pourrait vous en tenir rigueur.

Ce sera un plaisir de continuer à vous lire.

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Le but de l’article est de comparer le fait de vivre chez ses parents ou non. C’est sûr que toutes les autres dépenses que vous mentionnez demeurent. En effet la plupart des étudiants ne gagnent pas autant dans une année. Ils finissent alors avec une dette. Dans mon cas c’était 25 000 $ à la fin de mes études, et une chance que j’avais les bourses du gouvernement.

Je sais que je suis d’une autre génération ayant terminé mes études il y a plus de 40 ans, mais voici ma réflexion. Je crois utile pour le reste de sa vie adulte qu’un étudiant dans la vingtaine assume tôt son autonomie financière. Partager un logement avec des colocs, apprendre à cuisiner et à faire son épicerie de façon réfléchie, magasiner ses vêtements essentiels dans des friperies, marcher, faire du vélo, prendre le bus, c’est apprendre à vivre sobrement et cette habitude se conservera toute sa vie. Rester à la maison familiale et utiliser son salaire étudiant pour payer l’essence de la voiture, les sorties et les vêtements, c’est loin d’être un apprentissage de vie. J’ai été pauvre durant les 4 ans de mes études universitaires car sans bourse, ni prêt, ni aide financière de mes parents qui n’en avaient pas les moyens. Je travaillais à temps partiel, vivais en sous-sol et ma garde robe tenait dans une valise mais j’en ai retiré une leçon qui m’a guidée le reste de ma vie. Et cette période n’a pas été malheureuse, au contraire. Si les parents veulent aider leurs enfant, ils peuvent payer les frais de scolarité, la passe d’autobus, faire de la popote avec eux et leur apprendre à faire des bon plats pas chers qui se congèlent facilement. Si on en a les moyens, pourquoi ne pas mettre de côté un certain montant qu’on offrira à son enfant comme cadeau de graduation ? Inculquer l’autonomie financière et la débrouillardise est le plus bel héritage qu’on puisse laisser.

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Et voila.
Et surtout n’oubliez pas que l’enfant, devenu adulte, aura acquis une fierté d’indépendance et de débrouillardise qu’aucun montant d’argent ne saura jamais lui inculquer et qu’en surcroît, il en remerciera même ses parents ¨sévères¨ de l’avoir encouragé à foncer et se battre. C’est ça la vie.