Comment faire un don sans argent

Vous n’avez pas les moyens de contribuer financièrement aux causes qui vous tiennent à cœur ? Pas de problème : faites un don sans argent.

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Bien dépenser
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Je me sens bien lorsque je fais un don. Et je suis loin d’être le seul. 

Ce phénomène est tellement répandu que les économistes lui ont attribué un nom : le « don gratifiant ». Cette sensation de satisfaction personnelle serait, semble-t-il, une importante incitation à venir en aide à autrui. Hé oui, il y a de l’égoïsme dans l’altruisme ! Tant mieux, puisque ça permet à tout le monde, ceux qui donnent et ceux qui reçoivent, d’en tirer un bénéfice.

Il n’est pas nécessaire d’ouvrir son portefeuille pour ressentir les effets du don gratifiant. Pour ceux et celles qui n’ont pas les moyens de fournir leur numéro de carte de crédit à un organisme de charité, ou qui préfèrent garder leurs dollars durement gagnés, il suffit de faire un don sans argent.

Les options sont multiples, mais elles demandent toutes des efforts, certains plus faciles que d’autres.

Bénévolat

La première forme de don sans argent est le don de temps. Ou, en bon français, le bénévolat.

Peu importe où vous habitez au Québec, vous trouverez un organisme communautaire ou sans but lucratif près de chez vous qui cherche de l’aide. Il suffit de faire un tour sur le site Jebenevole.ca pour voir quels sont les besoins dans votre région.

Il y en a vraiment pour tous les goûts. Quelqu’un qui aime bouger pourrait s’activer sur le terrain en allant livrer des paniers alimentaires ou visiter des aînés isolés. Une personne plus intellectuelle pourrait analyser l’effet des mesures d’aide d’un organisme ou encore siéger à son conseil d’administration.

La variété est tout aussi grande pour ce qui est du type d’organisme à épauler : hôpital pour enfants, équipe sportive, musée, groupe de défense des droits des locataires.

Votre bénévolat n’a d’ailleurs pas à être tout à fait désintéressé. Si vos enfants fréquentent l’école primaire du quartier, vous pourriez vous joindre au comité de parents ou encore offrir quelques heures en semaine pour maintenir la bibliothèque ouverte — oui, nous en sommes là au Québec. Si vous souffrez d’écoanxiété, militer pour un organisme environnemental pourrait atténuer vos inquiétudes, ou à tout le moins vous permettre de vous sentir cohérent avec vos valeurs et votre sentiment que le monde se dirige vers la catastrophe.

Hé non, le bénévolat ne donne pas droit à un reçu fiscal. Et ce, même si vous avez fourni des services — avocat, électricien, alouette — pour lesquels vous auriez normalement été payé. 

Une exception s’applique toutefois pour les personnes qui ont consacré au moins 200 heures à une équipe de pompiers ou de sauveteurs volontaires. Elles ont droit à un crédit d’impôt de 3 000 dollars au fédéral et au provincial. Si vous trouvez cela injuste, rappelez-vous que ces bénévoles, en plus de donner leur temps, risquent de donner leur vie…

Don humain

Une autre option pour venir en aide à autrui : donner un morceau de son corps. Ici encore, les possibilités sont nombreuses.

La plus connue est le don de sang, avec Héma-Québec. Il suffit d’entrer votre code postal sur son site Web pour trouver la prochaine collecte la plus près de chez vous. Les hommes peuvent y aller tous les 56 jours et les femmes, tous les 84 jours, alors n’hésitez pas à en faire une activité régulière — mention spéciale à Ann-Elysabeth, une lectrice de l’infolettre Dollars et cents, qui a fait 22 dons !

Héma-Québec ne s’intéresse toutefois pas qu’à vos globules rouges. L’organisme peut également prélever votre plasma — un liquide doré présent dans le sang, pour lequel la demande est énorme —, et récolter vos surplus de lait maternel afin de venir en aide aux bébés prématurés dont les mères ne peuvent allaiter. 

À cela s’ajoute la Banque publique de sang de cordon ombilical, dont les cellules peuvent sauver des vies. Pour le moment, seules les femmes qui accouchent à la Cité-de-la-Santé de Laval, au CHU Sainte-Justine, au CUSM et au Centre hospitalier de St. Mary peuvent faire ce don. Le prélèvement se fait après la naissance, une fois le cordon coupé, et n’a donc aucun effet sur l’enfant.

Tant qu’à y être, vous pouvez aussi vous inscrire au Registre des donneurs de cellules souches d’Héma-Québec. Un don aura lieu uniquement si une personne compatible en a besoin.

Du côté de la Régie de l’assurance maladie du Québec, vous pouvez ajouter votre nom au Registre des consentements au don d’organes et de tissus — ou signer l’autocollant derrière votre carte d’assurance maladie. Selon la Régie, « chaque don permet de sauver jusqu’à 8 vies et de redonner la santé à 20 autres personnes ». Hélas, vous ne serez plus de ce monde pour ressentir l’effet du don gratifiant…

Cela dit, il est désormais possible de donner des organes de son vivant, tels un rein — un seul de vos deux reins suffit pour vivre en santé — ou un morceau de foie. Ces dons sont généralement effectués par des proches d’une personne qui en a besoin, mais on peut également faire un don anonyme complètement désintéressé.

Un geste un peu moins désintéressé serait, à votre décès, de donner votre corps à la science dans le but d’obtenir des funérailles gratuites

Donner vos biens

Des objets accumulent la poussière chez vous ? Un organisme pourrait en avoir besoin.

Les conserves et autres denrées non périssables feront le bonheur des banques alimentaires de votre région. Dans la mesure du possible, offrez des aliments que vous auriez envie de manger. La boîte de lentilles brunes qui traîne depuis deux ans dans votre garde-manger n’intéressera probablement pas davantage la personne qui la recevra…

Une logique semblable s’applique aux vêtements et jouets. Les comptoirs de l’Armée du Salut ou de Renaissance seront heureux de recevoir les beaux morceaux et les jeux en bon état, mais vous ne rendrez service qu’à vous-même en vous débarrassant des chandails défraîchis et des bébelles usées. 

Si vous avez un téléphone intelligent ou un ordinateur portable qui traîne dans un tiroir, certains organismes de votre région pourraient le vouloir. C’est le cas d’Insertech, à Montréal, qui lui donnera une deuxième vie.

De grâce, ne demandez pas un reçu fiscal en échange de ces petits dons, qualifiés dans le milieu de « dons en nature ». Les organismes ont théoriquement le droit d’en délivrer, mais c’est difficile à administrer, car ça nécessite l’estimation de la valeur marchande du bien. De toute façon, vous avez déjà le bénéfice du don gratifiant, non ?

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