Comment se tricoter un bas de laine d’un million de dollars ?

Ces Montréalais visent l’indépendance financière le plus tôt possible en vue de passer en mode « travail sans stress ». Sont-ils sur la bonne voie ?

Sylvain Dupuis* travaille fort, très fort. « Plusieurs mois par année, je fais des semaines de 80 heures, et je ne rentre jamais à la maison avant 20 h », dit ce fiscaliste dans la jeune quarantaine. La pression au bureau est énorme et les clients en demandent toujours plus. « Pour cette raison, j’aimerais prendre ma retraite le plus tôt possible, pas pour arrêter complètement de travailler, mais pour le faire sans stress », explique l’homme, dont les plans pour l’avenir ne sont pas encore fixés.

Quant à sa conjointe, Karine Massicotte*, elle ne subit pas le même stress, mais comme kinésithérapeute, elle effectue un travail exigeant physiquement. « Je pense ralentir en vieillissant », dit la femme de 37 ans. Pour cette raison, elle aussi étudie la possibilité d’arrêter à 55 ans, soit cinq ans après son conjoint.

En ont-ils les moyens ? Ces Montréalais sans enfant croient que oui. « On est des machines à épargner, car on vit nettement en dessous de nos moyens. On n’achète rien sur un coup de tête et on sort rarement au resto », explique Karine. La seule entorse à leur mode de vie spartiate : un voyage annuel. Ils ont visité l’Islande, la Corse et l’Italie au cours des dernières années. Même s’ils ne font pas de budget, ils estiment leurs dépenses communes à 50 000 $ par année.

Sylvain gagne 105 000 $ par an, sans compter quelques primes. Il possède un REER de 267 000 $, un CELI de 48 000 $, 84 000 $ dans un compte de retraite immobilisé (CRI) et 127 000 $ dans des comptes non enregistrés. Le fiscaliste a confié la majorité de ses épargnes à des sociétés de gestion de patrimoine.

Karine, travailleuse autonome, génère un revenu annuel de 68 000 $. Elle dispose d’un REER de 70 000 $, placé dans des fonds communs, d’un CELI de 6 000 $ et de 13 000 $ en fonds communs dans un compte non enregistré.

Les deux amoureux sont aussi propriétaires d’une maison dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, d’une valeur de 430 000 $, sur laquelle est greffée une hypothèque de 268 000 $. Ils ont également une maison d’une valeur de 405 000 $, dont le solde hypothécaire est de 285 000 $. Ils en tirent des revenus de location de 1 500 $ par mois.

Même si Sylvain, qui bénéficie d’un fonds de pension à son travail, rêve fortement d’une retraite à 55 ans, Fabien Major, associé principal de Major Gestion Privée, une succursale de Gestion de patrimoine Assante, estime que le couple devra prendre son mal en patience et arrêter un peu plus tard, à 58 ans dans les deux cas. Pour atteindre cet objectif, Sylvain devra cotiser chaque année 18 900 $ dans un REER et 5 500 $ dans un CELI pendant encore 16 ans, soit jusqu’à sa retraite. Tandis que Karine devra verser 10 000 $ par année dans son REER jusqu’à sa retraite, dans 21 ans.

Avec un rendement de 6 % pour Sylvain (un investisseur audacieux) et de 5 % pour Karine (plus prudente), la somme de leurs épargnes atteindra un sommet de 1,9 million de dollars en 2036. « Ils pourront se verser un revenu annuel combiné net de 75 000 $ par année, soit 60 % de leurs revenus nets actuels, indexés à 2 % par année », explique le conseiller en sécurité financière.

Pour maximiser l’accroissement de leur capital, Fabien Major conseille à Sylvain, qui s’occupe des finances du ménage, de reconsidérer sa répartition d’actifs. « Ses placements sont exclusivement en actions, alors qu’il devrait posséder, selon son profil d’investisseur, environ 20 % de titres à revenus fixes. » S’il est vrai qu’à long terme les actions connaissent un meilleur rendement que les obligations, ce n’est pas nécessairement le cas à court et moyen termes, poursuit Fabien Major. « La concentration de ses actifs en actions le rend aussi beaucoup trop vulnérable aux aléas du marché. »

Sylvain devrait également s’assurer que ses actifs hors REER pourront croître sous le bouclier d’une « catégorie fiscale avantageuse ». Ce genre de fonds permet de convertir les intérêts et les dividendes en gains en capital reportés, ce qui réduit la facture d’impôts à payer. « À long terme, cette économie d’impôts peut représenter un rendement de 0,5 % supplémentaire », conclut le spécialiste.

Que feront Sylvain et Karine après 58 ans ? Ils ont encore beaucoup de temps devant eux pour y penser !


* Pour des raisons de confidentialité, nous avons utilisé des pseudonymes.

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11 commentaires
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J’ai fait les mêmes calculs. à 55 ans , j’étais prêt pour a retraite, financièrement du moins. Mon cœur l’était moins . J’ai opté pour un poste à 80 % . Ce que j’aurais dû faire bien avant. J’ai donc la chance de profiter de ma carrière :mes 6 semaines de vacances annuelles et ces répits ponctuels valent leur pesant d’or . Voilà ma liberté 55 . L’important n’est pas de cesser de travailler mais de le faire en avec mesure. « Ô temps suspend ton vol… » écrivait Lamartine.

Pourquoi payer un conseiller et payer des frais de gestion excessif? Voir la stratégie « couch potatoe » de Moneysense. Ou lire les livres de Andrew Hallam. Vous pourrez économiser des centaines de milliers de dollars.

Est-ce que ca leur prend réellement $1,900,000? Je suppose que le montant de $75,000 par année provient des revenus estimés de leur capital. Montant avant ou après impot ? Tenez-vous vous compte d’un décaissement de leur capital ou cela va au héritier?

Selon nos calculs, pas besoin de 1,900,000$. Nous réussirons bientôt notre objectif de ralentir à 55 ans avec la moitié moins de côté mais en décaissant le capital, avec une maison libre d’hypothèque et avec un train de vie plus bas à 60,000$.

Des articles de ce genre avec des couples de cet age,,,on lit cela ds les journeaux ds la section argent,,et je trouve ces chiffres d’une absurdité totale,,ils ont des revenus tres tres au dessus de la moyenne et des placements qu’a peu pres personnes de ces ages possedent,,,et en plus ils se privent,,,,rien de plus ridicule,,les gens de la classes moyennes qui lisent cet article doivent rire,,,les planificateurs ns font croire que ca prend absolument au moins un million pour prendre sa retraite,,c’est nettement tres exagérer,,,mais chacun sa maniere de vivre avec ce qu’il possede ou recoit mensuellement ,,,,mais a mon humble avis tous les chiffres ici sont tres gros ,,et en plus ce couple sans enfant ont l’air de s’imaginer qu’ils sont ds la misere,,,,,du moins leur planificateur tente de leur faire croire ,,plein de gens seraient deja arreter avec ce qu’ils possedent presentement ,,,,société d’aujourdhui ,,,posséder ,,posséder ,,,,et encore posséder ,,,,,,

Triste. Un rapport travail/réflexion de 60h/20h par semaine amènerait peut-être une planification différente. Bonne chance quand même.

Tant mieux si cela leur convient. Heureusement que tout le monde n’est pas pareil ! Gagner, – à deux-, au bas mot 200000$/an, et ne dépenser que …50000 ! Ce n’est pas eux qui font rouler l’économie ! Séraphin…sort de ces corps ! Que les banques et les …planificateurs veuillent faire croire ça… je comprends. Mais les gens qui gobent …moins. J’ai toujours été étonnée par ceux qui s’imaginent faire à la retraite, ce qu’ils n’ont pas fait avant.- D’où le besoin d’avoir …bien de l’argent ! -Aller au spectacles, restos, voyager, jouer du tennis, golf …Si tu l’as pas fait « jeune », il est plutôt rare de le faire …à la retraite. La plupart du temps, les gens font …ce qu’ils étaient habitués de faire. Certes, il y a des exceptions. Mais, ça reste des …exceptions. Et s’imaginer qu’à…70 ans (et +) on peut faire …plein des choses et profiter, faire ce qu’on n’a pas fait à 30…40…50 ans, ça frise le déni. Juste regarder autour, faire une visite dans un CHSLD ou même dans un centre à +3000$ /mois. Ça réveille ! Bien que la médecine a fait des progrès, il n’est pas un… Charles Aznavour ou une… Jane Fonda qui veut – même avec tout l’argent-et encore. Avoir de l’argent, c’est très bien. Un équilibre …encore mieux. Je leur souhaite d’atteindre leur objectif (et celui de la banque) et tout le bien qu’ils méritent.

C’est très faisable … Je travaillais à temps partiel, mi-temps plus exactement, je faisais environ une trentaine de mille annuellement, … et des placements. J’ai commencé vers 32 ans ; 25 ans plus tard, je suis indépendant de fortune, je ne travaille plus, et je suis tout près du million, voilà. J’ai une formation en bibliothéconomie et science de l’information, qui m’a été fort utile à ce propos …

J’ai fait quelques erreurs bien sûr, surtout par abstention, sur l’achat de certaines actions …, le taux de change, ce n’est pas le bon moment, etc., ; Si j’avais … je devrais multiplier par 10 mon presque million. J’ai toujours opté pour la prudence.

Se faire sué maintenant, vivre plus tard. Quelle drôle de philosophie. Ils me semble qu’il vaudrait mieux ralentir maintenant et vivre plus maintenant quitte à prendre sa retraite à 60 ou 65 ans.