Déchiffrer l’abc des fonds communs de placement

Dérouté par toutes ces étiquettes apposées sur les fonds communs de placement ? Vous n’êtes pas seul.

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Les fonds communs de placement sont censés ôter de la pression aux investisseurs qui ne désirent pas bâtir leur propre portefeuille ou qui trouvent cette tâche trop dispendieuse. Malgré tout, beaucoup ne savent plus où donner de la tête devant la multitude de fonds qui s’offrent à eux.

Et comme si ce n’était pas assez d’avoir à choisir un type de fonds, différentes séries et catégories de fonds – indiquées par différentes lettres – sèment encore plus la confusion. Ainsi, un même fonds commun de placement offert par TD Canada Trust peut se décliner en plusieurs séries : A, D, E, H, F, T, S, Q et O. De quoi concocter une véritable soupe à l’alphabet !

Nick Dedes, analyste financier de Toronto au service de Morningstar, explique que ces lettres font généralement référence au seuil d’investissement minimal et au barème de frais liés aux fonds. Par exemple, les fonds TD de série O sont des investissements sans frais d’acquisition assortis d’un seuil minimal élevé. Les fonds TD de série E, eux, sont des fonds sans frais d’acquisition spécialement destinés aux clients des services de courtage de TD qui investissent en ligne. Quant aux fonds de série F offerts par la banque, ils s’adressent aux clients des conseillers financiers à honoraires. Et ainsi de suite.

S’il est déjà ardu de discerner le sens de chaque lettre, Nick Dedes ajoute que chaque société de fonds utilise ces lettres différemment, à l’exception des séries F et T (les fonds de série T, avantageux sur le plan fiscal, offrent un remboursement de capital aux investisseurs). « Le secteur ne réglemente pas vraiment la dénomination des fonds, indique-t-il. Les sociétés de fonds sont libres d’étiqueter les fonds comme bon leur semble, d’où la confusion qui règne. »

Dan Hallett, vice-président et directeur de la gestion des actifs pour le HighView Financial Group, admet que le système est compliqué, mais il ajoute qu’avec un peu de bonne volonté, il est facile de démêler le sens des différentes lettres.

Le plus souvent, les fonds sont expliqués en détail dans le prospectus qui se trouve sur le site Web de la société de fonds ou à sedar.com, une mine d’information sur certains fonds communs de placement.

Après avoir fait un peu de recherche, vous découvrirez sans doute que vous pouvez acheter une seule série de fonds. Si vous avez seulement 500 $ à investir, vous ne serez pas en mesure d’acheter des parts d’une série exigeant un placement de 50 000 $ ou plus. Par contre, si vous détenez une grosse somme, vous achèterez des parts provenant du fonds présentant le seuil d’investissement minimal le plus élevé, car généralement, ces fonds s’accompagnent de frais moindres.

Les investisseurs autonomes disposent d’un seul choix en ligne, ce qui les met à l’abri des erreurs. « Les courtiers à escompte utilisent par défaut la version à laquelle vous avez accès. Or, celle-ci compte habituellement une série par fonds », précise Dan Hallett.

Il explique que même si chaque série semble fonctionner comme un fonds indépendant, en réalité, tout l’argent est regroupé et investi par le gestionnaire de fonds. Le rendement peut fluctuer légèrement d’une série à l’autre, mais cette variation est attribuable aux frais d’acquisition. En principe, le rendement devrait être identique.

Si vous n’investissez pas en ligne, Nick Dedes vous suggère de rencontrer un conseiller qui s’y connaît et qui saura déterminer le type de fonds fait pour vous. Toutes ces lettres ont une raison d’être, en fin de compte, conclut-il. Elles offrent différentes solutions aux investisseurs pour leur permettre de prendre de meilleures décisions de placement et d’économiser sur les frais.

Mais jusqu’à ce qu’un système homogène soit mis en place, cette soupe à l’alphabet continuera de donner des maux de ventre aux investisseurs. Si cela peut vous consoler, même les experts sont décontenancés par le système actuel. « C’est frustrant pour nous, et pourtant, nous travaillons avec ces fonds tous les jours », lance Nick Dedes. « Je n’ai pas de mal à imaginer le désarroi de l’investisseur moyen qui tente de démêler tout cela. »