Économisez des centaines de dollars sur vos billets d’avion

Quelques clics et un peu de flexibilité peuvent vous faire économiser des centaines de dollars lors de votre prochain voyage.

Nadia Bormotova / Getty Images / montage : L’actualité

Que l’on voyage un peu ou souvent, acheter un billet d’avion, ça peut donner le vertige. Est-ce que j’ai payé le bon prix ? Est-ce que j’aurais dû attendre une semaine ou deux, en espérant que les prix baissent ? Et si je changeais ma date de retour, je paierais moins cher ? Comme le mal de l’air, qui se soulage avec quelques comprimés de Gravol, l’angoisse préréservation a aussi son remède : quelques clics et un peu de flexibilité.

Utilisez les alertes de prix

Plusieurs applications permettent de savoir s’il est préférable d’acheter votre prochain billet d’avion sur le champ ou d’attendre, en tenant compte de tous vos critères : votre date de départ et de retour ou encore le nombre d’escales et le niveau de confort que vous désirez. Les plus connues, Hopper (une entreprise montréalaise) et Kayak, fonctionnent de la même façon. Elles analysent des milliards de prix de billets actuels et passés pour prévoir l’évolution du coût de votre trajet dans les semaines à venir, souvent au jour près. Hopper affirme qu’en suivant ses recommandations, vous obtiendrez un prix égal ou moins élevé que celui de votre recherche initiale dans 95 % des cas et que vous économiserez en moyenne 15 % sur chaque vol.

Le 6 avril dernier, je me suis mis à la recherche d’un vol direct aller-retour Montréal-Londres pendant les vacances de la construction, avec un départ le 24 juillet et un retour le 6 août. Hopper et Kayak m’ont déniché un vol à environ 970 dollars (taxes incluses, mais sans bagage enregistré) et m’ont conseillé d’attendre. Le 8 avril, même prix, mais recommandation différente : c’est le moment d’acheter, m’ont indiqué les deux applications. Et avec raison : le 21 avril, le meilleur prix de Kayak était de 1 061 dollars et celui de Hopper s’élevait désormais à 1 220 dollars.

Bref, le fait de suivre la recommandation d’Hopper m’aurait dans ce cas-ci permis d’éviter une hausse de prix de 250 dollar (26 %). De quoi s’acheter quelques fish and chips à destination.

Mêmes dates de départ et de retour, toujours à partir de Montréal, mais cette fois pour un vol sans escale à destination de San Francisco. Le 6 avril, Kayak m’affiche un aller-retour à 749 dollars et me conseille d’acheter. Deux semaines plus tard, l’offre a grimpé de 80 dollars, soit une augmentation de 11 %.

Résultat : les deux applications ont fait bonne figure pour m’indiquer à quel moment passer à la caisse, mais il aurait fallu attendre encore plusieurs semaines pour valider les économies prévues par leurs algorithmes.

Le très populaire site Google Flights, lui, s’appuie sur les données historiques des 12 derniers mois pour vous dire si les prix affichés au moment de votre recherche sont bas, typiques ou élevés.

Ces outils de prévision de prix fonctionnent, confirme le professeur de l’UQAM Mohamed Reda Khomsi, qui étudie notamment l’intelligence artificielle appliquée au secteur du tourisme. « C’est efficace, même si c’était sans doute encore plus efficace avant la pandémie. »

Le manque de données accumulées au cours des deux dernières années, l’incertitude entourant la reprise du transport aérien et l’évolution du prix du carburant peuvent notamment rendre les prévisions des applications plus imprécises, dit-il. Hopper répond que son taux de succès de 95 % tient toujours parce que ses algorithmes s’adaptent en temps réel, tandis que Kayak n’a pas répondu à nos questions.

Surveillez les aubaines

Le conseil du professeur Khomsi pour payer vos billets d’avion moins cher ? Utiliser tous les outils à votre disposition. Les applications de prévisions de prix comme Hopper et Kayak, oui, mais aussi toutes les plateformes qui vous avisent instantanément en cas d’aubaine. C’est le cas de Google Flights, Expedia et Flighthub, entre autres. Et c’est de cette manière que j’ai appris, à 6 h 18, un mardi matin, qu’un vol Montréal-Paris que je surveillais depuis un bon moment venait de passer de 1 016 à 785 dollars. Une alerte d’une valeur de 231 dollars.

Les différentes plateformes de réservation peuvent offrir des prix variables selon les ententes qu’elles ont conclues avec les compagnies aériennes, précise Mohamed Reda Khomsi, d’où l’intérêt d’activer toutes les notifications possibles.

Ouvrez-vous à l’aventure

Les parents d’enfants d’âge scolaire peuvent passer au conseil suivant, mais pour ceux et celles qui ont la liberté de s’envoler à n’importe quel moment de l’année, les économies potentielles sont encore plus grandes. 

Sur Google Flights, allez voir ce que vous propose l’onglet « Explorer ». En cherchant n’importe quel voyage d’une semaine dans les six prochains mois, vous pouvez par exemple vous envoler de Montréal vers Vancouver pour 117 dollars, vers Paris pour 529 dollars ou vers Barcelone pour 640 dollars. Des prix deux à trois fois moins élevés que ceux offerts pendant la haute saison. Kayak offre le même genre d’outil pour trouver les meilleurs rabais.

Soyez flexibles sur vos dates

Vous pouvez épargner beaucoup, très peu ou pas du tout selon votre destination, le moment de votre voyage et vos contraintes. Il suffit parfois de s’infliger une escale un peu plus longue ou de déplacer son voyage de quelques jours pour garder des centaines de dollars supplémentaires en poche. Par exemple, un trajet Montréal-Barcelone sans escale entre le 24 juillet et le 6 août vous coûterait présentement 1 215 dollars, tandis que le même vol aller-retour du 26 juillet au 9 août est actuellement affiché à 911 dollars, un écart de 304 dollars.

Utilisez vos points

Un autre truc de Mohamed Reda Khomsi : les cartes de points. Il suffit d’une recherche rapide pour trouver de nombreuses cartes de crédit qui offrent des programmes permettant d’accumuler des points échangeables contre des billets d’avion. Le programme Aéroplan d’Air Canada est l’un des plus connus.

Puisqu’il s’agit de cartes de crédit, les précautions d’usage s’imposent. Surveillez les frais d’adhésion, lisez attentivement les conditions d’utilisation et faites attention au surendettement. Mais si vous les utilisez prudemment, ça fonctionne.

Et ce n’est pas moi ni un porte-parole de compagnie d’aviation qui le dit. C’est le professeur Khomsi, qui a payé le tiers du prix habituel pour le vol qui le mènera jusqu’au Maroc l’été prochain, grâce à ses points accumulés. Une économie de plus de 1 000 dollars.

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