Être payé pour étudier, c’est possible

À compter de 2023, des étudiants du cégep recevront 1 500 dollars par session terminée. À l’université, ce sera 2 500 dollars ! Des bourses qui s’ajoutent à d’autres mesures incitatives mises en place par le gouvernement du Québec pour encourager la formation de travailleurs dans des secteurs stratégiques.

Feodora Chiosea / Getty Images / montage : L’actualité

Pas encore fixé votre choix de carrière ? Envie de quitter votre boulot pour une profession plus inspirante ? Ça tombe bien : le Québec a tellement besoin de main-d’œuvre dans certains secteurs de l’économie que vous pouvez désormais être payé pour étudier. 

Pas dans n’importe quelle discipline, évidemment, puisque les programmes de bourses concordent avec les objectifs du gouvernement, qui se donne jusqu’en 2026 pour ajouter 170 000 travailleurs dans six domaines jugés prioritaires : 110 000 en technologies de l’information, en construction et en génie, et 60 000 en santé, en éducation et dans les services de garde.

Les possibilités ne se limitent toutefois pas au diplôme d’études collégiales (DEC) en techniques d’éducation à l’enfance et au baccalauréat en génie ou en sciences infirmières. Même le bac en danse est admissible, à condition de choisir la concentration enseignement.

Si vous désirez obtenir une attestation d’études collégiales (AEC) ou encore suivre un simple perfectionnement de soir et de fin de semaine, d’autres programmes pourraient vous intéresser. « C’est une chance à saisir », lance le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, en entrevue avec L’actualité. « Il y a présentement des besoins fondamentaux dans des secteurs stratégiques. » Selon lui, l’occasion est belle de découvrir un nouveau domaine tout en améliorant ses conditions de travail.

Si vous êtes déjà sur le marché de l’emploi et que vous souhaitez gonfler les rangs de ces secteurs sans y perdre au change, plusieurs options s’offrent à vous. Dans tous les cas, le gouvernement vous recommande d’abord de cogner à la porte du bureau de Services Québec le plus près de chez vous pour qu’un agent vous indique si vous êtes bel et bien admissible aux différents programmes, selon votre profil et vos compétences.

Ça vous intrigue ? Voici les principaux programmes qui pourraient vous motiver à retourner sur les bancs d’école.

9 000 dollars pour faire son DEC

Le gouvernement du Québec offrira à partir de l’automne 2022 des bourses incitatives pour les étudiants inscrits à temps plein dans certains programmes qui mènent à des emplois en génie, en technologies de l’information, en santé, en éducation ou dans les services de garde.

Les étudiants qui choisissent l’un des 30 programmes collégiaux admissibles pourront recevoir 1 500 dollars après chaque session terminée, soit 9 000 dollars pour un programme de trois ans. Les étudiants universitaires, eux, pourront toucher 2 500 dollars après chaque session terminée, soit 15 000 dollars pour un programme de trois ans et 20 000 dollars pour un programme de quatre ans. De quoi couvrir les frais obligatoires de la plupart des programmes, en plus d’aider à payer le transport, les manuels ou l’appartement.

La liste des programmes admissibles inclut des formations techniques au collégial et des programmes universitaires au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat. Les demandes de bourse pourront être déposées à partir de janvier 2023, et les étudiants qui en sont à leur deuxième ou troisième année dans les programmes visés pourront aussi toucher une bourse, mais seulement pour les sessions terminées à partir de l’automne 2022.

650 dollars par semaine pour étudier en techno

Les étudiants inscrits à temps plein dans un programme collégial ou universitaire admissible (surtout des attestations d’études collégiales ou des certificats universitaires) peuvent pour leur part recevoir 650 dollars par semaine pendant la durée de la formation, et 1 950 dollars à l’obtention de leur diplôme. Les possibilités sont nombreuses : par exemple, des AEC en design graphique, en cybersécurité ou en programmation de jeux vidéos ainsi que des formations universitaires en informatique ou en commerce électronique. Dans ce cas, c’est le Programme pour la requalification et l’accompagnement en technologie de l’information et des communications (PRATIC) qui paie la note. 

Les étudiants qui entreprennent leur formation avant le 31 décembre 2022 n’ont pas à payer de droits de scolarité ou autres frais exigibles grâce à une entente conclue entre le gouvernement et les établissements d’enseignement, et ceux qui commencent leurs études après le 1er janvier 2023 peuvent faire une demande de prêts et bourses.

Mais attention, deux conditions s’appliquent : être sans emploi et ne pas avoir été aux études à temps plein dans les 12 mois précédents. Bien sûr, il faut aussi répondre aux critères d’admission de chaque établissement d’enseignement.

En date du 13 mai 2022, plus de 5 400 personnes avaient terminé ou étaient en voie d’achever une formation grâce au PRATIC, soit plus du double de l’objectif fixé lors du lancement du programme, à l’été 2021. Le ministre Boulet espère maintenant que 8 500 personnes en bénéficieront au cours des prochaines années, sans dévoiler un échéancier précis.

De nouvelles compétences à petit prix

Il n’est pas nécessaire de quitter son emploi pour améliorer ses perspectives professionnelles à petit prix. Le programme Montez de niveau offre par exemple aux travailleurs de la région de Montréal des formations à temps partiel à deux dollars l’heure qui permettent une incursion éclair dans les domaines de la mécanique automobile, du graphisme ou encore de la programmation. Puisque la durée des formations varie de 15 à 60 heures, vous pouvez vous en tirer avec un perfectionnement qui vous coûtera au maximum 120 dollars.

Le même programme offre aussi des formations professionnelles et techniques à temps plein d’une durée moyenne de 10 mois ainsi que des perfectionnements à temps plein de 2 à 4 mois. Dans les deux cas, il s’agit de formations qui permettent d’acquérir des compétences particulièrement recherchées (en assurance de dommages, en fabrication assistée par ordinateur ou en commerce électronique, par exemple) et pour lesquelles les frais exigibles, les frais de transport et même les frais de garde d’enfant peuvent être remboursés à certaines conditions.

Comme le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale ne précise pas de quelles conditions il s’agit, il vaut mieux vérifier auprès de Services Québec si vous avez droit à ces remboursements. Des programmes semblables à celui de Montréal sont également offerts dans les régions de la Montérégie, de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de Lanaudière

Se former en entreprise

Dans le secteur privé, les sites de recherche d’emploi regorgent de postes pour lesquels la formation est rémunérée. Il y a bien sûr beaucoup de « jobines », ces emplois aux conditions peu avantageuses, mais pas seulement ça. En quelques clics, on trouve des postes à plus de 25 dollars l’heure, formation incluse, pour devenir par exemple agent de bord, courtier en assurance ou technicien en ventilation.

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