Initier les étudiants à une saine gestion financière

Payer le loyer, les droits de scolarité et les cartes de crédit est une tâche encore méconnue de la majorité des étudiants qui fréquenteront bientôt le cégep ou l’université. Ce guide de survie pour la rentrée scolaire contribuera à mieux les préparer.

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Comme chaque année, des milliers de familles prendront bientôt la route dans leur voiture chargée de bagages vers un établissement collégial ou universitaire canadien. Bien que la rentrée scolaire s’avère un moment excitant, elle le sera beaucoup moins pour vous et vos enfants si vous comptez vos sous.

Tout le monde sait que les études postsecondaires coûtent cher. C’est pourquoi certaines familles commencent à mettre de l’argent de côté alors que leurs enfants sont encore aux couches. Avoir un REEE (régime enregistré d’épargne-études) est primordial. Mais même si vous en possédez un, le parcours scolaire est semé d’embûches et de coûts cachés qui mettront à rude épreuve même les étudiants les plus économes. Voici quelques conseils financiers essentiels pour traverser les trois ou quatre prochaines années sans se ruiner.

Retrait du REEE

Vous économisez de l’argent depuis des années, et le moment est maintenant venu de le retirer. Encaisser l’argent n’a rien de compliqué, explique Stephanie Holmes-Winton, conseillère financière indépendante établie à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. Vous devez simplement remplir un formulaire attestant que l’enfant est inscrit dans un établissement postsecondaire reconnu.

Cependant, beaucoup de gens ne savent pas qu’il n’est pas obligatoire d’utiliser l’argent pour payer les droits de scolarité. Les manuels scolaires, le loyer et la nourriture comptent parmi les utilisations courantes du REEE autres que les droits de scolarité. Si votre enfant a travaillé pendant l’été ou si votre famille possède des économies supplémentaires, l’argent du REEE peut servir à régler toute autre dépense, poursuit Stephanie Holmes-Winton.

Toutefois, il y a quelques détails à connaître au moment d’encaisser les fonds. Par exemple, au cours des 13 premières semaines, vous pouvez sortir autant d’argent du REEE que vous le souhaitez, pourvu qu’il s’agisse de vos propres contributions. Mais il y a des restrictions quant aux montants que vous pouvez retirer des paiements d’aide aux études (PAE), qui comprennent les subventions gouvernementales et la part du revenu accumulé dans le REEE. Durant cette période, vous pouvez prélever uniquement 5 000 $ des PAE. Par contre, au-delà de ces 13 semaines, vous pouvez solder tout le compte.

Mais attention, prévient Mathieu Paradis, conseiller financier chez Raymond James à Ottawa. Lorsque vous sortez les fonds, vous devez indiquer quelle partie de l’argent vous encaissez : la part principale ou les PAE. La part principale est non imposable, mais la part de PAE est imposée à l’étudiant.

Mathieu Paradis suggère de retirer les PAE en premier. Pendant la première année d’université, il est peu probable que l’étudiant aura gagné beaucoup d’argent. Il se retrouvera donc sûrement dans la première tranche d’imposition. La trêve estivale est plus longue pour les étudiants des niveaux collégial et universitaire que pour ceux du secondaire. Comme ils ont davantage de temps pour travailler, ils pourraient grimper d’un palier d’imposition.

Une fois l’argent du REEE dépensé, le compte sera automatiquement fermé. Dans les rares cas où il resterait encore de l’argent, les fonds pourront être transférés dans un REER.

Cartes de crédit pour étudiants

Dès que votre enfant entre à l’université, il peut s’attendre à être bombardé d’offres venant des sociétés émettrices de cartes de crédit. Bien que la prudence soit de mise, il peut être utile de posséder une carte de crédit étudiante. Ainsi, les jeunes apprennent à s’en servir sans courir le risque de s’endetter lourdement, précise Stephanie Holmes-Winton. La limite de crédit est habituellement minime – environ 500 $ ou 1000 $ -, mais le taux d’intérêt de certaines de ces cartes peut être élevé.

En détenant une carte de crédit, on contribue à bâtir son dossier de crédit. C’est la principale raison pour laquelle les étudiants devraient en posséder une. « Il est important d’acquérir une carte de crédit étudiante, car si votre enfant demande un prêt hypothécaire ou automobile après ses études, il aura besoin d’antécédents de crédit », ajoute Stephanie Holmes-Winton.

Les problèmes surgissent quand les étudiants utilisent mal leur carte. Le but n’est pas de financer des tournées au bar du coin, souligne Stephanie Holmes-Winton. Elle suggère de demander une carte de crédit avant le début de la session universitaire – et avant que les sociétés émettrices ne mettent de la pression sur votre enfant pour qu’il s’en procure une – et d’avoir une conversation avec lui sur les responsabilités qui en découlent.

Obtenez un accès en ligne pour suivre les dépenses de votre jeune. « J’aime bien quand les parents peuvent consulter eux aussi les états de compte, mentionne Stephanie Holmes-Winton . C’est un peu comme une période d’initiation au crédit. Votre jeune peut commettre des erreurs, mais vous serez là pour l’aider. »

Commencer à épargner tôt

Les huit premiers mois d’université sont souvent les plus coûteux pour les parents. Si l’enfant loue un appartement, il devra payer le premier et le dernier mois de loyer. Il sera enthousiaste, tissera de nouvelles amitiés, fera des sorties et devra se procurer manuels et fournitures scolaires au cours des premières semaines.

C’est toujours une bonne idée d’établir un budget pour un futur étudiant, en particulier pour ceux qui font leurs premiers pas dans la vie, affirme Mathieu Paradis. « Au cours de la première année, ils devront se serrer la ceinture », note-t-il. Parlez-en à vos enfants dès la fin du secondaire. Expliquez-leur clairement le coût de la vie et les dépenses à prévoir au cours des premières semaines et des premiers mois.

Stephanie Holmes-Winton signale que pendant le mois d’août, les étudiants devraient dépenser peu – et, si possible, toucher beaucoup de revenus -afin d’avoir des économies en septembre. Après ses études secondaires, elle se rappelle avoir été obligée de garder des enfants et de faire des heures supplémentaires à son emploi d’été afin de payer le premier et le dernier mois de loyer de son premier appartement.

Cependant, il y a un conseil qui surpasse tous les autres, insiste Stephanie Holmes-Winton : parlez d’argent avec vos enfants. Pour la première fois de leur vie, ils seront autonomes et s’occuperont de leurs propres finances. « Cela exige une bonne dose de planification et de réflexion », remarque-t-elle. « C’est un premier pas vers la gestion de dépenses plus importantes, comme un prêt hypothécaire. Les parents doivent prendre le temps de s’asseoir avec leurs enfants et leur demander ce qu’ils ont planifié plutôt que de tout prévoir à leur place. »

 

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