La retraite, un devoir d’État !

Le gouvernement peut faire mieux pour aider les gens à épargner en prévision de leur retraite, dit le directeur de l’Institut du Nouveau Monde, Michel Venne, qui a organisé un grand débat sur la question.

Les Québécois ont-ils raison de s’inquiéter de leur retraite ?

– Selon les chiffres compilés par la Régie des rentes du Québec, entre 30 % et 40 % des travailleurs n’épargnent pas suffisamment pour prendre une retraite à 65 ans avec un taux de remplacement de leur revenu de 60 % ou plus. Bien sûr, ils ne se retrouveront pas devant rien. Le Canada offre un certain filet social, avec, du côté fédéral, la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti (pour les plus pauvres) et, du côté provincial, le Régime de rentes du Québec. Mais ces programmes publics n’assurent qu’une couverture minimale. Il y a des centaines de milliers de travailleurs qui devront réduire leur niveau de vie une fois leur dernier chèque de paye encaissé.

Est-ce à l’État d’assurer l’avenir des retraités ?

– Au Canada, les revenus à la retraite reposent sur trois piliers : les régimes publics, les régimes de retraite privés offerts par les employeurs et l’épargne personnelle. Cette répartition des responsabilités et des risques offre une certaine garantie, par rapport à la France, par exemple, où les retraites reposent presque entièrement sur les épaules de l’État. Il reste que le système actuel est insuffisant. L’État doit jouer un rôle accru.

Devrait-on augmenter les prestations du Régime de rentes du Québec ?

– C’est une possibilité, mais il y en a d’autres. On pourrait notamment encourager l’épargne individuelle, en offrant aux travailleurs des instruments de placement dont les frais de gestion et les risques seraient maintenus au minimum. Il faut évaluer toutes les options.

Si on décidait de hausser les prestations du Régime de rentes du Québec, il faudrait augmenter les cotisations, et de façon plus importante que ce qui est déjà envisagé pour maintenir le Régime à flot. Une telle mesure risquerait de susciter la grogne.

– C’est vrai. Mais au Québec, nous avons déjà mis en place un régime d’assurance maladie et un régime d’assurance médicaments, pour partager les risques liés à la santé. Aujourd’hui, nous sommes devant un risque de pauvreté à la retraite. Nous avons une responsabilité collective à assumer.

COLLOQUE : QUEL AVENIR POUR LES RÉGIMES DE RETRAITE

QUI : Le fonds de solidarité FTQ et ses partenaires
QUOI : Un colloque ouvert à tous sur les moyens d’assurer une retraite adéquate aux Québécois.
QUAND : Le 16 février 2010, de 8h à 11h30.
OÙ : eXcentris, 3536, boul. Saint-Laurent, à Montréal (Inscription : Rendez-vous à inm.qc.ca)
Il sera également possible de l’écouter en ligne sur le site de l’INM)