L’accès à la propriété: plus facile que jamais

Les maisons sont actuellement très chères au Québec. Mais les taux hypothécaires sont à leur plus bas depuis 60 ans. Faut-il en profiter pour acheter ?

L'accès à la propriété : meilleur que jamais
Photo: iStock

Oui, répondent certains économistes. Attention, disent d’autres : après des hausses de prix de 130 % en 10 ans, le marché est au bord de l’effondrement !

« Ce qui importe pour les ménages, c’est la capacité de payer la mensualité hypothécaire », soutient Paul Cardinal, économiste à la Fédération des chambres immobilières du Québec, qui représente les quelque 15 000 courtiers immobiliers. Et en ce moment, les acheteurs ont les moyens de payer, même si les prix des maisons vont de sommet en sommet.

Les revenus moyens des ménages (69 000 dollars en 2011) dépassent de 40 % le minimum requis pour acquérir une maison de prix moyen (218 000 dollars), selon Desjardins. Les acheteurs peuvent dire merci aux taux hypothécaires, qui tournent autour de 5 % depuis trois ans.

« En 1990, les prix étaient bas, mais les taux hypothécaires élevés empêchaient beaucoup de gens d’accéder à la propriété », dit l’économiste Hélène Bégin, de Desjardins. Le prix moyen des maisons individuelles s’élevait alors à 117 000 dollars au Québec, mais le revenu moyen des ménages (41 700 dollars) était de 10 % inférieur au minimum requis pour acheter, parce que les taux d’intérêt avoisinaient les 13 %.

Aucune hausse des taux n’est prévue, du moins pour les deux prochaines années, s’entendent les observateurs. Mais bien sûr, ils vont finir par remonter. Les proprios auront-ils alors les moyens de payer leur emprunt hypothécaire ?

La Banque du Canada s’en inquiète : le niveau d’endettement des ménages – une fois et demie leur revenu disponible après impôts – est similaire à celui des familles américaines lors de l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis.

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, s’en inquiète aussi. Il a d’ailleurs laissé entendre que, pour la troisième fois en trois ans, il pourrait resserrer l’accès au crédit hypothécaire.

Des spécialistes, à l’instar du magazine britannique The Economist, estiment que le prix des maisons est surévalué de 25 % au Canada. La société Capital Economics prévoit même une chute des prix de 25 % dans les prochaines années, arguant notamment qu’ils sont trop élevés par rapport aux revenus des ménages. Des banques, elles, envisagent une baisse de 10 %…

Malgré tout, les économistes de Desjardins et d’autres observateurs du marché de l’immobilier, comme la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), se font rassurants : il n’y a pas de risque de dégringolade des prix en ce moment. « Le terme « bulle immobilière » est utilisé à toutes les sauces depuis un certain temps », souligne avec agacement Kevin Hughes, économiste à la SCHL.

« Il y a une bulle seulement quand on a une augmentation rapide et importante des prix, sans lien avec la situation économique, la création d’emplois et les taux d’intérêt. On n’a pas ce contexte actuellement au Canada. »

 

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