L’argent de poche, une bonne affaire ?

Donner de l’argent de poche à un enfant, est-ce un outil pouvant l’aider à comprendre les questions financières ? Ça dépend à qui on pose la question !

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Selon Lewis Mandell, professeur à l’Université de Buffalo, fondateur de la Jump$tart Coalition for Personal Financial Literacy et gourou de l’éducation financière, l’argent de poche peut au contraire être nuisible, s’il n’est pas géré de manière stricte. « Habituer un enfant à obtenir de l’argent sans effort, c’est le meilleur moyen de le préparer à l’aide sociale », affirme-t-il.

Éric Brassard, planificateur financier à Québec, croit plutôt que verser une allocation hebdomadaire à son enfant est une occasion de lui faire comprendre l’évolution de la valeur de l’argent dans le temps. Une allocation de 10 dollars vaudra peut-être seulement 9 dollars si elle est réclamée à l’avance et 11 dollars si son paiement est différé !

Pour Caroline Arel, d’Option consommateurs, allocation rime avec organisation. « On doit définir avec l’enfant ce qu’il peut s’acheter, calculer avec lui une somme raisonnable et s’y tenir », dit-elle. Plus il grandit, plus la somme et les responsabilités augmentent, et plus on peut espacer les versements pour lui enseigner à gérer à plus long terme.

Faut-il rétribuer un enfant quand il fait ses devoirs ou tond la pelouse ? « Cela dépend des valeurs de chacun, mais il faut être conscient qu’en rémunérant un enfant pour des tâches domestiques, on ne lui apprend pas le sens du partage et des responsabilités collectives », dit Caroline Arel.

Récompenser les efforts scolaires serait aussi une mauvaise idée, l’éducation n’étant pas négociable. Pour remplir le petit cochon, mieux vaut compter sur les cadeaux des grands-parents ou de petits boulots rémunérés. Mais en gardant en tête qu’il ne s’agit pas de transformer nos enfants en stakhanovistes… Déjà, le quart des jeunes de 11 ans travaillent en moyenne trois heures par semaine pendant l’année scolaire, selon une enquête menée en 2005 par Gilles Pronovost, professeur de socio à l’Université du Québec à Trois-Rivières et directeur du Conseil de développement de la recherche sur la famille du Québec. « L’expérience peut être formatrice, mais il faut savoir que cela a des répercussions sur le développement des jeunes. En 2005, Statistique Canada a montré que les 11-15 ans sont aussi stressés par le manque de temps que les adultes », s’inquiète le chercheur.

Apprendre

La plupart des banques ont des sites Web destinés aux jeunes et aux parents, mais mieux vaut commencer dans un contexte non marchand.