L’art de cotiser à un REER

Montant annuel ou versements mensuels ? Quelle est la meilleure méthode pour contribuer à son REER ?

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Clare, la jeune femme de 28 ans qui tient le blogue youngandthrifty.ca, se fait discrète quant à son nom de famille, mais elle est intarissable à propos de son REER. Cette auteure de Vancouver raconte avec enthousiasme qu’elle a investi pour la première fois dans un REER à 22 ans, bien avant la plupart de ses amis. Mais elle hésite un peu avant de préciser comment elle y contribuait à cette époque. « Je versais chaque année un montant tout à fait aléatoire, dit-elle. J’y déposais tout simplement ce qu’il me restait. » La situation a changé il y a deux ans, lorsqu’elle a commencé à investir dans des fonds indiciels. Elle a alors décidé de transférer chaque mois un montant fixe de son compte d’épargne à son compte REER, plutôt que d’y déposer un montant variable chaque année. Comme ses 200 $ par mois ne constituent qu’environ 75 % de sa cotisation annuelle, Clare n’a pas complètement abandonné l’idée de verser un montant chaque année. À la fin de l’année, elle dépose ses dernières économies dans son REER. Alison Griffiths, auteure du tout récent livre Count On Yourself: Take Charge of Your Money, précise que les deux façons de cotiser sont bonnes, mais que les versements réguliers sont plus profitables. Cela oblige les gens à économiser, dit-elle. Il suffit d’opérer un transfert automatique et de l’oublier. « L’argent sera déposé dans votre REER et vous n’aurez pas à vous en préoccuper », ajoute Alison Griffiths. Une autre raison de privilégier la stratégie des versements mensuels, aussi appelée achat périodique par sommes fixes, c’est de combattre la volatilité des marchés. Comme vous investissez le même montant chaque mois, vous n’essayez pas de vous synchroniser avec le marché. Si les marchés sont à la baisse, vous achetez un plus grand nombre de parts ; s’ils sont à la hausse, vous en achetez un moins grand nombre, ce qui devrait équilibrer le tout. « L’achat périodique par sommes fixes permet d’aplanir les hausses et les chutes de prix », indique Alison Griffiths. Dans certains cas, la cotisation annuelle est préférable. Par exemple, les investisseurs qui gèrent eux-mêmes leur portefeuille et qui utilisent des services de courtage en ligne doivent habituellement payer des frais de commission sur les transactions. Si vous investissez 200 $ par mois dans un fonds coté en bourse et devez payer chaque fois des frais de 29 $ – soit les frais habituels si votre actif ne dépasse pas 50 000 $ –, vous remettez 14 % de votre cotisation à votre institution financière chaque mois. Dans ce cas, Alison Griffiths suggère de conserver l’argent dans un compte d’épargne et de le déposer dans le REER une ou deux fois par année. Et quel est le meilleur moment pour investir un montant annuel ? Le plus tôt possible, répond Alison Griffiths. « Si vous obtenez un rendement de 3 % et que vous pouvez cotiser le 1er janvier au lieu du 31 décembre, cette année supplémentaire peut faire une grande différence », explique-t-elle. En d’autres mots, n’attendez pas d’avoir de l’argent de côté avant de l’investir. Clare n’utilise pas le courtage en ligne et n’a pas à se préoccuper des frais de transaction. En fait, grâce à ses transferts automatiques chaque mois, elle n’a pas à se préoccuper de grand-chose. « Je me sens beaucoup mieux depuis que j’ai changé de méthode de contribution, dit-elle. Je me paie en premier, maintenant. Et j’aime mieux ne pas voir cet argent dormir dans mon compte d’épargne. Il est bien moins tentant de le dépenser ! »

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