Le portefeuille parfait

Vous voulez amasser un pécule qui vous offrira une bonne croissance tout en vous prémunissant contre les débâcles financières ? Voici comment y arriver.

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Tous les grands chefs savent que le secret d’un plat gastronomique réside dans le mariage des bons ingrédients dosés en bonne quantité. La création du portefeuille de retraite parfait n’est pas très différente. Comme en cuisine, vous devez commencer par choisir les bons ingrédients de base – en l’occurrence, des actions et des obligations. Si vous trouvez les proportions justes, le résultat sera un succès assuré. Pour découvrir la combinaison parfaite en fonction de vos besoins de retraite, commencez par vous poser quelques questions simples. Combien de temps s’écoulera-t-il avant que vous touchiez à vos économies ? Quel genre de risque acceptez-vous de prendre avec votre épargne ? Quel type de croissance vous faut-il ? « La seule façon de répondre correctement à ces questions consiste à établir un plan financier complet qui tient compte de vos objectifs à court et à long terme », explique Marc Lamontagne, conseiller financier à honoraires chez Ryan Lamontagne, à Ottawa. La plus importante question – mais aussi la plus épineuse – est de savoir comment trouver l’équilibre entre le niveau de risque et le type de croissance recherchés. En général, plus votre horizon d’investissement s’échelonne sur une longue période de temps, plus vous pouvez vous permettre de prendre des risques. Mais comment déterminer votre tolérance au risque ? « J’aime bien faire passer un questionnaire à mes clients, admet Marc Lamontagne. Cela ouvre sur une discussion qui nous permet de mesurer leur tolérance au risque. S’il s’agit d’un couple dont le niveau de tolérance au risque varie considérablement, je tente généralement de trouver un compromis, en me disant que cette solution permettra à chaque conjoint d’atteindre ses objectifs financiers. » Pour obtenir le rendement maximal tout en courant le minimum de risque, il est utile de scinder votre portefeuille en deux : une portion composée d’actions et une portion à revenu fixe, composée d’obligations, de CPG et de comptes d’épargne. En règle générale, plus votre portefeuille renferme d’actions, plus vous courez un risque élevé. Rappelez-vous que les actions vous procureront une meilleure rentabilité à long terme, mais qu’à court terme, leur rendement est plus difficile à prédire. Si vous avez 30 ans et que la retraite est encore loin devant vous, vous pouvez encaisser quelques crises financières et en sortir gagnant ; vous pouvez donc assumer une plus grande part de risque. Mais si vous approchez de la retraite, vous devriez probablement réduire la taille de votre portefeuille d’actions et miser davantage sur les obligations, qui offrent un rendement plus prévisible. Ainsi, vous souffrirez moins des contrecoups des tourmentes boursières. Un bon principe général consiste à investir un pourcentage équivalent à son âge dans les titres à revenu fixe. Par exemple, si vous avez 40 ans, vous pourriez placer 40 % de vos économies dans des titres à revenu fixe et 60 % dans des actions. Si vous avez 60 ans, vous pourriez investir 60 % de vos fonds dans des titres à revenu fixe et 40 % dans des actions. Mais les proportions exactes dépendent de votre tolérance au risque. Vous pouvez également vous prémunir contre les baisses de marché en vous constituant un fonds en argent liquide et en CPG, ou encore un portefeuille d’obligations à échéances échelonnées à court terme. Si vous amassez suffisamment d’économies pour financer vos dépenses pendant trois ans, vous n’aurez pas besoin de vendre d’actions en cas de chute boursière. Cela dit, vous ne voudrez pas pécher par excès de conservatisme : « Pour que votre portefeuille de retraite dure jusqu’à ce que vous ayez 90 ans, vous devriez vous garder d’investir seulement dans les liquidités et les CPG », recommande Norm Rothery, analyste financier agréé et fondateur du site StingyInvestor.com. « Peu importe votre âge, votre portefeuille devrait contenir au moins 25 % d’actions. En fait, ce type de portefeuille comporte moins de risques qu’un portefeuille entièrement composé de titres à revenu fixe, car il vous protège contre l’inflation. » Dès que vous avez trouvé la bonne combinaison d’actions et de titres à revenu fixe, vous devez choisir vos placements individuels. Le choix de vos outils de placement dépend de plusieurs facteurs, notamment du temps que vous souhaitez consacrer à votre portefeuille. Vous pouvez toujours acheter vos actions et vos obligations à la pièce, mais il vaut mieux confier ce travail à des investisseurs expérimentés. Les fonds communs de placement et les fonds indiciels représentent sans doute une solution plus pratique. Si vous débutez dans le marché, un simple fonds commun de placement équilibré peut constituer un excellent point de départ. « Ces fonds renferment généralement une combinaison conservatrice de 60 % d’actions et de 40 % de titres à revenu fixe en un seul produit », explique Norm Rothery. Les investisseurs aguerris qui préfèrent opter pour une méthode de placement plus active voudront peut-être se tourner vers les fonds négociés en bourse ou les fonds d’investissement indiciels. Pour obtenir une analyse détaillée de la combinaison parfaite pour vous, consultez un conseiller compétent qui vous aidera à choisir les bons placements en fonction de votre situation et de vos objectifs. Faites régulièrement le point avec votre conseiller pour vous assurer que votre portefeuille et votre niveau de risque restent adéquats à mesure que changent votre situation financière et votre horizon de placement.