S’occuper des enfants, ça vaut de l’argent

Dans un couple, la personne qui en fait le plus pour la famille devrait-elle recevoir de l’autre une compensation financière ? 

Melanie Lambrick pour L’actualité

L’avocate Dominique Barsalou s’est intéressée au droit de la famille le jour où elle a pris conscience qu’elle était devenue « la statistique ». La femme qui, avec l’arrivée des enfants, avait réduit ses heures de travail pour consacrer davantage de temps à la famille. 

« C’est vraiment à ce moment qu’on voit les écarts de revenus se creuser entre les hommes et les femmes », note l’avocate montréalaise. Ça commence avec les baisses de salaire dues aux congés parentaux ; ça se poursuit avec les congés pris pour s’occuper des petits les jours de maladie ou de grève à la garderie ; ça s’accentue avec les promotions qu’on n’obtient pas ; et ça se termine avec le temps consacré à l’aide aux aînés.

Ce sont généralement les femmes qui priorisent la famille plutôt que le travail, même si des hommes aussi le font. Mais peu importe qui joue ce rôle dans le couple, l’autre ne devrait-il pas reconnaître la valeur « du travail domestique, du travail avec les enfants, et même du travail relationnel » ? demande Dominique Barsalou.

Dit autrement : la personne qui travaille davantage devrait-elle dédommager celle qui se dévoue pour la famille ? 

La réponse à cette question variera énormément en fonction des gens, souligne la chercheuse Hélène Belleau, de l’INRS. Certains, souvent les hommes, « pensent en silo. L’argent est une chose, le travail domestique en est une autre, et il n’y a pas de lien entre les deux. » D’autres, souvent les femmes, « fonctionnent en vases communicants. Je travaille moins, je fais moins d’argent, alors je fais plus de tâches domestiques », constate-t-elle dans ses études sur ces questions.

Si les deux membres d’un couple ne pensent pas de la même façon, il risque d’y avoir des tensions, selon la professeure. « Il y en a un qui va dire : “J’ai payé tout ça pendant que tu ne travaillais pas.” Et l’autre répondra : “J’ai mis de côté ma carrière pour m’occuper des enfants.” Chacun aura l’impression d’avoir fait d’énormes sacrifices. »

D’où l’importance, croit Hélène Belleau, de discuter de l’organisation financière et familiale avant d’avoir des enfants, afin de s’assurer que les deux partenaires sont sur la même longueur d’onde. Sinon, il faudra négocier pour trouver un terrain d’entente.

Pour les couples qui décident de dédommager la personne qui en fait plus pour la famille, il est essentiel de « penser aux effets à court, moyen et long terme », insiste la professeure. 

Par exemple, il n’y a pas que les revenus d’emploi qui baissent avec le congé parental. En fonction de l’employeur, les cotisations au régime d’épargne-retraite peuvent cesser. Cette pause a beau être ponctuelle, elle peut représenter des dizaines de milliers de dollars en moins à la retraite à cause des intérêts composés. Une autre preuve que le temps, c’est de l’argent.

Un petit à-côté

Si l’un des membres du couple fait des « jobines » le soir ou le week-end pour arrondir les fins de mois, à qui appartient cet argent ? Si cela nécessite que vous vous occupiez des enfants, n’en méritez-vous pas une partie ? Toutes les réponses sont bonnes… à condition que les deux partenaires aient la même.

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Ce constat n’est pas nouveau… À quelques reprises dans le passé, des politiciens-ennes (notamment), des personnalités publiques, ou des mères devenues »reines du foyer » ont avancé ce concept, et elles ont été vouées aux gémonies! Au mieux, on s’est gaussé d’eux (d’elles). Mais derrière ces suggestions d’époque (il y a quand même plusieurs décennies), qu’y avait-il vraiment? Certains-es y ont vu un recul pour les femmes qui étaient à la conquête du marché du travail. D’autres prétextaient que les mamans qui restaient à la maison le faisaient par amour, et que, par conséquent, un »salaire » n’était pas une bonne idée. Dans ce cas-ci, s’agirait-il plus de partage du revenu entre un conjoint qui travaille à l’extérieur et un autre qui s’occupe de la marmaille et de la maison à plein temps? Un beau casse-tête en perspective! Dans l’intervalle, améliorer les services de garde serait déjà un (très gros) pas dans la bonne direction!

Au début de notre relation, mon mari et moi avions établi des règles principales auxquelles nous ne dérogerions pas, surtout pour les enfants. Il est vrai que les années 70, le père pourvoyeur était encore traditionnel. Mais tout de même, je restais a la maison avec les enfants tant qu’ils n’allaient pas a l’école, les règles de la maison, les obligations des enfants, qui gère quoi, tous ces petits soucis d’ado que nous avions vécu, nous les avons éliminés, les décisions se prennent a deux et nous respectons le choix de l’autre dans un cas spécial , jamais de dispute devant les enfants. Une confiance aveugle en l’autre, le respect en tout temps. Je ne regrette rien.

Ça fait partie des discussion qu’un nouvellement formé doit avoir. C’est toujours plus compliquer une fois les règle non dites sont fait pour négocier. Les couples préfèrent de ne pas parler de sujet sensible pour éviter de tuer le coup de foudre….. p-t qu’on est trop latin….

Cette option fait beaucoup plus de sens que l’équité salariale a tout prix. Pour les raisons énumérées dans cette article il y aura toujours une différence entre le salaire moyen des hommes et des femmes. Si on en vient à l’équité salariale parfaite, ça voudrait dire qu’à travail égale, les femmes gagneront plus

J’ai 60 ans et j’ai eu 6 enfants. Après mon baccalauréat en enfance inadaptée, j’ai eu rapidement un premier enfant. C’était ma profession et mon intérêt……alors bien sûr, mon conjoint en informatique a fait carrière pendant que j’utilisais mes compétences et mes études pour éduquer ( bénévolement ) mes enfants. Humainement, je referais pareil. J’ai une famille unie et formidable. Financièrement parlant, je me suis mise dans une position vulnérable et j’ai hypothéqué ma retraite qui commence. Il nous a fallu une séparation difficile et une réconciliation 5 ans plus tard pour aboutir à la réflexion résumée dans votre article. Avez-vous besoin d’aide pour parler et agir afin de mettre sur pied les outils et les structures qui pourront être utilisés par les jeunes couples désireux de regarder les impacts financiers sur le parent « davantage » responsable de la gestion et de l’organisation de l’équilibre familial. Si je peux être utile en quelque chose pour aider à faire un autre petit pas vers une réelle égalité des deux parents……Vers une reconnaissance de l’importance du travail fait par le parent qui aide l’enfant, parallèlement au réseau des garderies puis au réseau scolaire, à devenir un adulte participant activement à la société. Si je peux faire qqchose, JE SUIS LÀ .

Je suis exactement en train de vivre cette situation. Mon conjoint et moi avions sensiblement le même salaire depuis plusieurs années, maintenant il gagne 2x mon salaire mais voudrait encore payer 50/50. Maintenant le coût des maisons a tellement augmenté que je ne peux presque plus me permettre d’acheter. Il faudrait qu’il paie la grosse majorité de l’hypothèque mais il ne voit pas les choses ainsi. Je suis en congé de maternité également et nos conflits reliés à l’argent m’angoisse. Jj’aurais dû discuter de l’éventualité d’écart de salaire et comment il envisagerait les dépenses familiales dès le début. Avoir su qu’il souhaitait me voir m’apauvrir pendant que son argent profitait dans son compte bancaire, alors que je sacrifie tout pour m’occuper des nos enfants, je ne serais pas marié a cet homme.

Je vous comprends totalement. Je suis dans cette situation. Par compte, je suis un homme. Ma femme êtait aux études lors de notre rencontre. Moi je travaillais et donc forcément je payais 95% de tout…par contre elle avait son mot a dire dans nos choix et nos achats. 8 ans plus tard elle fait 2.5 X mon salaire et j ai toute la misère du monde a lui faire payer 50/50 !! et de plus j’ai bien de la misère à me faire entendre lorsqu’elle dépense SON cash. Alors le problème n’est pas gendré…L’humain de base est égoiste et plus t’en a….moins t’es généreux! Ca me rend fou quand on essaye de rendre ca un problème sexiste. Essayez de refuser un enfant a une femme sous prétexte qu’elle nuira à sa carrière et à son porte-feuille!! Vous vous ferez traitez de tout les noms! Se reproduire est très souvent une passion féminine et pourtant on oblige l’homme moderne a mettre sa carrière en péril pour assumer son rôle de père! ? Ma passion c’est l’aviation…ca me prend du temps….ca m’apauvrit….Et pourtant elle ne veut pourtant pas payer pour ca ni me compenser pour avoir vécu mes rêves….Pk je devrais la compenser parqu’elle vit les siens ?

C’est triste de vous lire. Votre situation est celle de plusieurs. Vous pouvez consultez un médiateur avant que votre amour foute le camps. Pour la joie de vivre de vous et vos enfants.