Livres québécois sur l’argent : notre choix

Au rayon des livres sur l’argent et les finances personnelles, les auteurs du Québec font belle figure. Voici trois titres de 2022 dont l’achat enrichit à la fois les connaissances du lecteur et l’économie de la Belle Province.

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Bien dépenser
Consommation
Montage : L'actualité
Temps de lecture : 1 min.

Olivier Guindon-Tremblay, directeur des solutions clients chez Mishmash, se passionne pour la consommation intelligente, l’investissement et l’argent en général. Il a toujours un livre de finances personnelles sur sa table de chevet, et vous fait partager ici ses lectures préférées.

À la mi-août, influenceurs, célébrités et politiciens sont nombreux à exhiber leurs achats de livres québécois sur les réseaux sociaux, avec le mot-clic #12aout. Un clin d’œil au mouvement « Le 12 août, j’achète un livre québécois ! », qui en était à sa neuvième édition cette semaine. Et une vraie façon d’encourager les auteurs et éditeurs locaux. Courez chez votre libraire préféré pour faire ce geste qui fait tourner l’économie du Québec et qui est même bon pour votre santé — si vous y allez réellement à la course ! 

Sachant cela, pourquoi ne pas vous procurer à longueur d’année des bouquins produits ici ? Je vous propose de découvrir mes trois coups de cœur publiés au Québec en 2022. Des œuvres qui, chacune à sa manière, m’ont amené à pousser plus loin ma réflexion sur mon rapport à l’argent. 

Faire plus avec moins

de Vicky Payeur

Dans son nouveau livre, la blogueuse Vicky Payeur présente des gestes quotidiens qui mènent vers l’indépendance financière. À une époque où acheter est un réflexe inné, l’auteure montre comment il est simple de réutiliser, réparer, troquer, fabriquer, emprunter, etc. Les possibilités sont nombreuses et Vicky Payeur croit qu’on peut marier frugalité et abondance si l’on arrête de toujours chercher quelque chose de mieux pour plutôt considérer ce que l’on a devant les yeux. Elle propose un voyage dans le temps afin de s’inspirer des astuces d’antan pour faire plus avec moins. Pour traverser la Grande Dépression, les gens ont dû faire preuve de débrouillardise et d’ingéniosité, rappelle la blogueuse. Cette période regorge donc de trucs pratiques et économiques, comme cuisiner des ragoûts, pâtés, pot-au-feu et autres afin d’étirer les protéines ; raccommoder les vêtements ; écrire la date d’achat sur les produits afin de respecter la durée de vie attendue ; ou encore réutiliser les clous. Bien que ces astuces quotidiennes puissent sembler représenter de petites économies, Vicky Payeur est convaincue qu’adopter un mode de vie frugal mène à la liberté financière. De plus, elle propose d’explorer des manières différentes de se loger, comme les minimaisons, les coopératives d’habitation et même la van life. Le choix de la ville a aussi une incidence sur le coût de la vie. (Les Éditions de l’Homme, 208 p.)

La méthode Y

de Louis-Philippe Pratte

C’est en terminant sa maîtrise en design automobile que l’auteur a commencé à réfléchir sur la consommation. Louis-Philippe Pratte ne pouvait pas concevoir d’être de ces designers qui contribuent au problème de la surconsommation. Réduire de moitié ou doubler l’utilisation, c’est ce que propose la « méthode Y » qu’il a élaborée. L’idée de restreindre sa consommation peut s’appliquer dans différentes sphères, comme l’alimentation, l’habillement ou les loisirs. En privilégiant le télétravail, par exemple, on diminue nos transports en voiture. Et si un consommateur cessait de remplacer son iPhone à chaque nouvelle génération — ne serait-ce qu’en sautant un modèle —, il doublerait la durée de vie de son appareil. La méthode Y concerne aussi les fabricants, qui peuvent faire en sorte de multiplier par deux la durée de vie d’un produit ou de réduire de moitié les ressources nécessaires à sa fabrication. Louis-Philippe Pratte l’a lui-même mis en pratique dans son entreprise de mobilier, en construisant des cuisines en matériaux durables avec des armoires faites sur mesure, sans doubles parois. C’est ce que l’auteur nomme la dématérialisation des objets de consommation, c’est-à-dire minimiser le recours à des ressources non essentielles dans la fabrication d’un objet. La clé est, selon lui, d’optimiser l’utilisation des ressources. Avec ce livre, Pratte souhaite amener le lecteur à adopter une vie un peu moins encombrée d’objets, plus en phase avec la nature et plus ancrée dans le moment présent. (Cardinal, 208 p.)

Qu’allez-vous faire de tout cet argent ?

de Fabien Major

Cette liste ne serait pas complète sans le dernier ouvrage d’un des collaborateurs de L’actualité, le planificateur financier Fabien Major. Avec le vieillissement de la génération des baby-boomers, le Canada s’apprête à connaître le plus grand transfert de richesse intergénérationnel de son histoire. Le boum des héritages. C’est la prémisse du plus récent livre de Fabien Major. Que vous soyez en train de bâtir votre patrimoine, sur le point de le léguer ou de recevoir un héritage, vous trouverez votre compte dans ce livre. En moins de 200 pages, l’auteur donne des conseils avisés pour amasser, faire fructifier et léguer sa fortune en bénéficiant le plus possible des avantages fiscaux. L’héritage est un sujet qui peut, pour certains, sembler rébarbatif, mais il n’en est rien dans cet ouvrage qui se lit aisément et m’a fait sourire à plusieurs reprises. J’ai bien aimé le passage où l’auteur raconte que son client a dû effectuer une chasse au trésor pour récupérer son héritage, ou encore celui sur l’extase fiscale, un état qui serait atteint grâce au CELI, au REER, au REEE, aux actions de petites entreprises et à la résidence principale. Le dernier chapitre est particulièrement touchant, Fabien Major l’ayant tissé autour d’une histoire liée à la mort récente de son père. Il fait comprendre au lecteur qu’au-delà de l’héritage, les souvenirs et le temps passé avec ceux qu’on aime sont de grandes richesses. (Les Éditions du Journal, 160 p.)