Ottawa serre la vis

Devant l’inquiétude de nombreux économistes, qui estiment que les prix de l’immobilier sont surévalués au Canada et qui craignent leur chute brutale — ce qui ferait éclater la « bulle immobilière » —, Ottawa vient d’intervenir pour modifier les règles du jeu. Sans toutefois restreindre trop l’accès à la propriété.

Prix de l'immobilier : Ottawa vient d’intervenir pour modifier les règles du jeu
Photo : Pawel Dwulit/PC

Les Canadiens pourront encore s’offrir une maison avec une mise de fonds équivalant à seulement 5 % du prix de vente. À compter du 19 avril, toutefois, ils devront démontrer à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui assurera le prêt, qu’ils auraient les moyens de faire les versements s’ils optaient pour un emprunt hypothécaire de cinq ans à taux fixe, même s’ils choisissent un emprunt de plus courte durée, donc à un taux d’intérêt moindre. Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, a ainsi voulu s’assurer que les propriétaires auront les moyens de faire face à une hausse éventuelle des taux d’intérêt.

Le ministre Flaherty a aussi voulu ralentir la spéculation immobilière, qui, selon certains, provoque une trop grande surchauffe du marché. Désormais, les banques ne pourront plus prêter, pour un refinancement hypothécaire (nouvel emprunt pour rénover, acheter une deuxième maison, consolider ses dettes, etc.), qu’une somme équivalant au maximum à 90 % de la valeur de la maison, au lieu de 95 %.

Enfin, la mise de fonds minimale pour l’achat d’un immeuble qui ne sera pas habité par l’acheteur – un chalet, un centre commercial, etc. – passera de 15 % du prix d’achat à 20 %.

« C’est une intervention bien dosée », dit Charles Tanguay, de l’Union des consommateurs. Ces mesures restreignent légèrement l’accès à la propriété, sans toutefois décourager ceux qui veulent devenir propriétaires.

De toute façon, dit-il, le vrai problème n’est pas les emprunts hypothécaires, mais le surendettement. Depuis 20 ans, le rapport dette hypothécaire/valeur immobilière des Canadiens n’a pas bougé, étant demeuré à 30 %. En revanche, celui du crédit à la consommation (dettes de consommation/actifs de consommation) est passé de 47 % à 95 % !

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