Payé par la ville

Vous avez besoin d’une voiture électrique, d’une nouvelle coupe menstruelle ou d’un arbre ? Avant d’acheter quoi que ce soit, vérifiez si votre municipalité a une subvention pour ça. Les plus généreuses atteignent 15 000 dollars !

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Les municipalités, villes et MRC du Québec redoublent d’originalité lorsque vient le temps de trouver des façons d’aider financièrement leurs citoyens. Certaines subventions ne représentent que quelques dizaines de dollars, mais d’autres, comme le programme d’accès au logement de la Ville de Montréal, vont jusqu’à 15 000 $ !

Ces cadeaux ne sont pas désintéressés. Ils sont liés aux priorités des autorités municipales, telles la rétention des familles et la gestion des déchets. Cela dit, quelle que soit l’intention derrière ces programmes, vous avez tout à fait avantage à en profiter. Après tout, ils sont financés à même vos taxes et impôts.

Pour vous donner une idée de ce à quoi vous pourriez avoir droit, voici un tour d’horizon non exhaustif des différentes mesures offertes par des municipalités, villes et MRC aux quatre coins du Québec, en espérant que la vôtre y figure.

Couches lavables

Un seul bébé peut générer jusqu’à 6 000 couches sales au cours de sa vie. Cela coûte cher aux parents, qui doivent acheter toutes ces couches, et aux municipalités, qui paient pour la collecte et le traitement de ces déchets.

Les couches lavables sont une solution économique à ce double problème, mais le coût d’un lot neuf, qui peut atteindre des centaines de dollars, décourage certains parents. C’est pourquoi plus de 200 municipalités québécoises subventionnent l’achat de couches réutilisables.

L’aide plafonne généralement à 100 $, mais certaines instances municipales sont plus généreuses. Saint-Cyrille-de-Wendover offre ainsi jusqu’à 250 $, tandis qu’à Laval, les familles à faible revenu peuvent obtenir gratuitement un lot de 20 couches réutilisables.

Pour les plus écolos et les plus économes, sachez que Rimouski ainsi que Princeville, dans le Centre-du-Québec, subventionnent même l’achat de couches lavables usagées, à raison de 25 $ et 50 $ respectivement.

Oh, et pendant qu’on est dans la catégorie « bébé », notez que la municipalité de Sainte-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent, cotise au Régime enregistré d’épargne-études de votre nouveau-né ! C’est une petite somme — 75 $ —, qui sera toutefois bonifiée de 30 % par les subventions fédérale et provinciale. Difficile de faire mieux qu’une subvention qui permet de toucher d’autres subventions !

Hygiène féminine

Selon le site d’Öko Créations, près d’une centaine de municipalités, villes et arrondissements offrent des subventions à l’achat de produits d’hygiène féminine réutilisables, telles des coupes menstruelles, des serviettes hygiéniques lavables et des culottes de protection lavables pour fuites urinaires. Dans la plupart des cas, l’aide maximale est de 50 $, mais elle peut atteindre 250 $ à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie.

Composteur

La collecte du compost s’implante rapidement au Québec — toutes les municipalités devront l’offrir d’ici 2025 —, mais là où le bac brun n’est pas encore établi, il est souvent possible d’obtenir une subvention à l’achat d’un composteur domestique. Les municipalités de la MRC du Fjord-du-Saguenay, notamment, remboursent jusqu’à 100 $.

Lame déchiqueteuse

De l’engrais gratuit, ça vous dit ? C’est ce que vous obtenez en laissant le gazon fraîchement coupé sur votre terrain au lieu de le ramasser pour le mettre au bord du chemin, une pratique appelée herbicyclage. Les autorités municipales sont aussi gagnantes, puisque cela diminue le poids des déchets, et donc le coût de leur traitement.

Pour convaincre les citoyens d’adopter l’herbicyclage, des municipalités subventionnent l’achat d’une lame déchiqueteuse. Celle-ci remplace la lame traditionnelle de votre tondeuse et, comme son nom l’indique, déchiquette les brins d’herbe coupés afin d’accélérer leur décomposition.

À Pointe-Calumet, dans les Laurentides, l’aide est de 25 $. À Bromont, en Estrie, c’est 20 $. Une lame déchiqueteuse coûte une trentaine de dollars.

Sport et culture

Certaines municipalités ne peuvent pas offrir diverses activités sportives et culturelles, faute de moyens ou d’infrastructures. Pensez aux équipes de hockey, qui nécessitent un aréna.

Afin de permettre à leurs résidants d’accéder malgré tout à une programmation variée — et, probablement, pour éviter de les voir déménager dans la ville à côté —, nombre de ces municipalités remboursent en partie les frais d’inscription sur un territoire voisin. Saint-Jacques, dans Lanaudière, paie par exemple 33 % des frais d’adhésion, jusqu’à concurrence de 150 $ pour les enfants de moins de 18 ans. 

À Rougemont, en Montérégie, la subvention couvre même certaines activités organisées par la municipalité, à hauteur de 40 % des frais, pour un maximum de 250 $, pour les enfants, et de 20 % des frais, avec un plafond de 100 $, pour les adultes.

Fait notable, Saint-Zotique, aussi en Montérégie, offre une aide financière de 100 $ aux jeunes qui participent à des voyages culturels ou humanitaires hors de l’Amérique du Nord.

Certaines municipalités donnent gratuitement accès aux activités sportives et de loisirs aux familles à faible revenu. C’est le cas de Boischatel, sur la Côte-de-Beaupré.

Récolteur d’eau de pluie

Granby offre jusqu’à 50 $ pour l’achat d’un baril récupérateur d’eau de pluie. À Sainte-Martine, en Montérégie, c’est 100 $. D’autres municipalités vendent les barils directement à leurs citoyens à un prix compétitif. C’est le cas dans la MRC de Lotbinière, où les tonneaux sont proposés à 30 $, au lieu de la centaine de dollars habituellement demandée en magasin.

Arbres gratuits

Chaque année, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs tient en mai le Mois de l’arbre et des forêts, au cours duquel des organismes et des municipalités donnent aux citoyens des arbres indigènes à planter sur leur terrain. La liste des municipalités participantes en 2022 n’a pas encore été dévoilée, mais elle devrait être publiée sous peu sur le site de l’événement.

Rouler électrique

Près de 30 municipalités du Québec mettent à la disposition de leurs citoyens une voiture électrique en autopartage — et dans certains cas une camionnette électrique ou à essence — par l’intermédiaire du service SAUVéR.

Il suffit de s’abonner auprès de sa municipalité, puis de réserver une plage horaire pour en profiter. Le coût varie d’un endroit à l’autre — 7 $ l’heure à Plessisville, dans le Centre-du-Québec, 5 $ l’heure à Prévost, dans les Laurentides —, mais cela reste beaucoup moins cher que d’acheter sa propre voiture.

Le nombre de municipalités participantes va probablement augmenter au cours des prochains mois, car le programme les intéresse énormément, dit Johanne Ouellet, vice-présidente de YHC Mobilité, qui chapeaute le service.

Habitation

La Ville de Montréal offre un programme de subvention aux premiers acheteurs et aux familles qui acquièrent une propriété sur son territoire. L’aide financière varie de 5 000 $ à 15 000 $, selon le type de résidence — neuve ou existante — et la présence ou non d’enfants.

Le défi avec ce programme consiste toutefois à trouver une propriété à vendre dont le prix se situe sous la limite maximale autorisée par la Ville. Ce plafond dépend du type de résidence et de la situation familiale des acheteurs. Une personne seule doit ainsi payer tout au plus 305 000 $ pour un condo neuf pour se qualifier, tandis qu’une famille peut aller jusqu’à 725 000 $ dans le cas d’une résidence existante.

Prêt d’équipement sportif

Envie d’une balade en raquettes ou en skis de fond avec la famille ? Quelques municipalités offrent le prêt gratuit d’équipements sportifs. Saint-Thomas, dans Lanaudière, fait des prêts de quelques heures uniquement sur les terrains de la ville. D’autres, comme Notre-Dame-des-Prairies, dans la MRC de Joliette, permettent aux gens de partir avec l’équipement pour un maximum de sept jours, ce qui convient bien aux expéditions.

Vous n’avez rien trouvé pour vous ?

Cette liste, je le disais en introduction, n’est pas exhaustive. Au cours de mes recherches, j’ai aussi vu des programmes de subventions pour le reboisement des berges, pour la mise à niveau des champs d’épuration, pour l’abattage d’arbres malades, pour la restauration d’immeubles patrimoniaux, entre autres.

Sauf qu’il est impossible pour moi de contacter les plus de 1 000 municipalités du Québec afin de connaître l’ensemble de leurs subventions. Même la Fédération québécoise des municipalités et l’Union des municipalités du Québec, qui ont aidé à la création de cette liste, ne peuvent tout recenser.

Mais vous, vous habitez dans une seule municipalité — ou deux, si vous avez un chalet. Visiter son site Web ou donner un coup de fil à l’hôtel de ville ne prendra que quelques minutes et pourrait vous permettre de découvrir une aide financière dont vous ignorez l’existence.

Et si votre municipalité n’offre rien ? Envoyez cette liste à votre maire ou votre mairesse ; il y a amplement de quoi l’inspirer.

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