Peux-tu l’emprunter ?

C’est la question qu’il faut se poser après « en as-tu vraiment besoin ? »

Photo originale : Daphné Caron

Tous les samedis, L’actualité vous propose une astuce concrète et simple à appliquer pour vous aider à joindre les deux bouts en ces temps difficiles. Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir tous nos conseils.

« En as-tu vraiment besoin ? » est une question fantastique qui concentre en cinq petits mots le remède au principal problème financier de notre société, soit notre tendance à trop consommer. De nombreux Québécois ont adopté ce mantra de Pierre-Yves McSween, moi y compris.

Sauf que, souvent, on en a « vraiment » besoin. 

J’ai vraiment besoin de vêtements pour ma fille qui grandit. J’ai vraiment besoin d’une tondeuse pour couper le gazon trop long dans ma cour. J’ai vraiment besoin d’un nouveau modem pour remplacer celui qui m’a lâché en pleine période de télétravail.

Mon premier réflexe, bien implanté dans mon cerveau de consommateur, c’est d’aller au magasin. Une solution simple, rapide et efficace. Mais depuis quelques années, j’essaie de me poser une question supplémentaire avant de sortir ma carte de crédit : peux-tu l’emprunter ?

Bien souvent, la réponse est oui.

Les vêtements de ma fille ? On récupère ceux d’une petite fille plus vieille à la garderie. La tondeuse ? J’utilise celle de mon voisin de 80 ans — en échange, je tonds aussi son gazon. Mon modem ? Un ami m’a refilé celui qui dormait dans un garde-robe depuis qu’il avait changé de fournisseur Internet.

Se poser la question « peux-tu l’emprunter ? » est à la fois économique et écologique, mais aussi efficace. Généralement, il suffit d’un bref message dans un groupe Facebook de mon quartier pour trouver ce dont j’ai besoin, puis de quelques minutes pour aller le chercher. C’est plus rapide que d’aller en magasin !

Emprunter fonctionne surtout pour les objets qu’on utilise peu souvent ou qui sont du genre à s’accumuler dans le garage, comme les équipements de sport et de plein air, les câbles électroniques en tout genre, les petits appareils de cuisine, les outils ou encore les petites quantités de matériaux — tsé, quand il manque juste un boulon pour terminer une réparation.

Évidemment, tout ne s’emprunte pas. Dans ces cas-là, il reste une dernière question à se poser avant d’aller au centre d’achat : « Peux-tu l’acheter usagé ? » Avec Kijiji, Facebook Marketplace et Les PAC au bout des doigts, la réponse est « oui » dans bien des cas.

Maintenant, répétez après moi :

« En as-tu vraiment besoin ? »

« Peux-tu l’emprunter ? » 

« Peux-tu l’acheter usagé ? »

Je vous le garantis, si vous vous posez systématiquement ces trois questions avant d’effectuer un achat, vous économiserez davantage d’argent qu’avec n’importe laquelle des astuces que je pourrais vous proposer dans cette rubrique.

Laisser un commentaire

Vous avez parfaitement raison. Nous avons acheté une échelle en aluminium il y plus de vingt ans dont le coût a été partagé avec trois de mes voisins. . Nous avons fait de même pour la polisseuse d’auto, le rouleau a gazon!

Répondre

Wow! Cet article me semble être un des meilleurs que j’ai lu depuis un moment au sujet des choix que nous pouvons faire pour participer à mettre dans la culture populaire, de faire des choix dans la catégorie « durable ». J’achète vos trois questions que je me poserai dorénavant avant de faire la file devant la porte d’un magasin. Même avant de faire appel au commerce en ligne.

Et si je décide quand même d’acheter en ligne, je m’assure que le commerce de qui j’achète me permette de choisir la livraison à mon bureau de poste local. Car poste Canada livre les colis, avec un numéro de suivi. Mais le livreur dépose le paquet devant la porte extérieur, ne sonne pas et repart. Le numéro de traçage explique que le colis a été déposé devant la porte. Dans le cas où quelqu’un d’autre que vous voit le colis avant vous et décide de l’attraper, rien à faire. Aucun recours possible. Ni le vendeur, ni poste Canada ne sont responsables. Bref, je m’égare.

Répondre

En suivant cette règle comptable et vérifiable que mes dépenses sont vos revenus, qu’arriverait-il, si un grand nombre de lecteurs de l’Actualité décidaient d’emprunter la revue, soit sous la forme papier ou via l’abonnement numérique ? L’Actualité risque sérieusement de diminuer son besoin de journalistes salariés ou pigistes. Il semble évident que vos articles seront tout juste bon à s’écrire sur du papier de toilette emprunté au voisin, heureux de se débarrasser de sa réserve de papiers accumulés pendant la pandémie de la Covid-19 et prêts à être « flusher » aussitôt consommés. La vertu a ses limites.

Répondre
Les plus populaires