Pourquoi et de quelle façon diversifier son portefeuille

Ces temps-ci, les principaux marchés boursiers ont beau évoluer dans le même sens, il est encore nécessaire de diversifier ses investissements.

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Pendant des décennies, les professionnels de l’investissement ont prêché la nécessité de la diversification. Le concept est assez simple à comprendre : il s’agit de répartir ses placements entre différents pays, secteurs ou types d’actifs.

En théorie, un portefeuille diversifié qui comprend une variété d’actifs ayant une faible corrélation tend à aplanir les fluctuations du rendement. Cela fonctionne assez bien quand les conditions de marché sont normales, mais, actuellement, elles n’ont rien de normal.

Prenez par exemple cette étude sur les marchés boursiers canadien et américain. En 2011, J.P. Morgan a établi que les 250 actions les plus performantes de l’indice S&P 500 avaient un coefficient de corrélation d’environ 0,81 alors que ce dernier s’élevait habituellement à 0,3. (Une corrélation de 1 entre deux titres signifie qu’ils évoluent dans le même sens alors qu’un coefficient de -1 indique qu’ils évoluent en sens opposés.)

La CIBC a noté une tendance similaire au Canada plus tôt cette année : alors qu’il y a 15 ans, les actions canadiennes avaient un coefficient de corrélation de 0,6 avec les actions mondiales, aujourd’hui, il se rapproche davantage de 0,9.

« Nous assistons à une plus grande corrélation entre les marchés », affirme John Nardi, un conseiller financier de la société de services financiers Edward Jones. « Nous allons sans doute renverser la vapeur un jour et réduire cette corrélation entre les marchés boursiers, mais je ne sais pas quand cela se produira. »

Alors que les grands marchés varient dans le même sens, certains secteurs continuent à évoluer en directions opposées. Par exemple, l’indice plafonné de l’énergie S&P/TSX a diminué de 4 % depuis le début de l’année alors que l’indice de la technologie de l’information S&P 500 a augmenté de 16,7 %. « La diversification permet encore d’aplanir les hausses et les baisses, ajoute John Nardi. Ainsi, un portefeuille diversifié comprend à tout moment deux ou trois secteurs qui performent bien. »

La diversification des actifs est particulièrement importante pour les investisseurs canadiens, car le marché est petit et se concentre autour de quelques entreprises seulement. Les titres dans les secteurs des finances, de l’énergie et des matériaux constituent environ les trois quarts de l’indice composé S&P/TSX. En comparaison, les trois principaux secteurs de l’indice S&P 500 (finances, télécommunications et biens de consommation) ne regroupent que 60 % des titres.

John Nardi suggère aux détenteurs d’actions qui veulent diversifier leur portefeuille de choisir au moins deux entreprises parmi les dix plus importantes au Canada. « Si vous souhaitez être plus agressif, ajoutez-y une banque américaine. »

Si vous détenez des fonds communs de placement ou des fonds négociés en bourse, votre portefeuille devrait compter de quatre à six fonds, conseille Cory Papineau, conseiller financier principal d’Assiniboine Credit Union, à Winnipeg. Il recommande de composer son portefeuille d’un fonds d’actions américaines, d’un fonds d’actions mondiales investissant dans les pays développés et en développement, d’un fonds d’actions canadiennes et de deux fonds d’obligations, l’un comprenant surtout des obligations canadiennes et l’autre, des obligations mondiales. Les gens n’ont pas besoin d’acheter des fonds dans des secteurs particuliers, dit-il, puisque la plupart des fonds négociés en bourse et des fonds communs de placement sont composés d’entreprises d’une grande variété de secteurs.

En ce qui a trait à la répartition des actifs, la règle générale est de 50 % d’actions canadiennes, 25 % d’actions américaines et 25 % d’actions mondiales, et Cory Papineau considère que c’est un bon point de départ. Une proportion de 50 % au Canada peut sembler élevée étant donné la concentration du marché dans un nombre restreint de secteurs, mais les investisseurs canadiens sont plus à l’aise d’acheter des fonds du pays et de limiter les risques de change. Cependant, les investisseurs qui souhaitent obtenir un peu plus de rendement de leur portefeuille pourraient augmenter la proportion d’actions américaines, indique Cory Papineau.

La répartition des actions ne représente qu’une partie de l’équation. La diversification d’un portefeuille passe aussi par l’acquisition d’autres types d’actifs, comme les titres à revenu fixe. Tout comme pour les actions, vous devez aussi diversifier ce type d’actifs, en détenant des obligations du gouvernement et des obligations d’entreprises qui proposent des niveaux de risque variés.

Bien que la diversification soit très importante, il est aussi possible d’abuser un peu d’une bonne chose. Il faut diversifier suffisamment son portefeuille pour assurer ses arrières si un secteur décline, explique John Nardi, mais une trop forte diversification peut miner le dynamisme du portefeuille.

Pour éviter cela, John Nardi suggère de suivre ce qu’il appelle la règle du 5-10-20 : ne jamais investir plus de 5 % de votre argent dans une action, plus de 10 % dans une obligation et plus de 20 % dans un fonds d’actions.

Même si la volatilité sera toujours une composante du marché, la plupart des experts croient que la diversification peut équilibrer les hausses et les baisses. La clé, toutefois, est de maintenir cette diversification même si tous les actifs semblent avoir un coefficient de corrélation élevé. « Vous devez vous engager à avoir un portefeuille diversifié, indique John Nardi. Autrement, votre vie ressemblera à des montagnes russes : vous exulterez certaines années quand vos investissements sont à la hausse et vous vous désolerez les années où ils sont à la baisse. »

 

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