Qui s’instruit s’enrichit ?

Les salaires des diplômés du secondaire augmentent plus vite que ceux des diplômés universitaires. Au point que l’écart entre les deux ne cesse de se rétrécir… User ses fonds de culotte sur les bancs de l’école en vaut-il encore la peine ?

grue_largeSoudeur, machiniste, chauffeur de grue, belle vie assurée ? Oui… et non.

Certains diplômes professionnels assurent certes de bons salaires à l’entrée. Un soudeur spécialisé du secteur de la construction, par exemple, peut gagner jusqu’à 85 000 dollars par année en sortant de l’école.

De quoi faire rêver les diplômés universitaires. En tenant compte de l’inflation, leur salaire de départ n’a augmenté que de 143 dollars par année de 1999 à 2013, soit 2,75 $ par semaine. Même pas de quoi se payer un café au lait !

« Dans les années 1970, un diplôme universitaire valait plus cher, tout simplement parce qu’il était plus rare, selon Mircea Vultur, chercheur à l’INRS. Aujourd’hui, il y a une surabondance de diplômés, et le marché du travail n’arrive pas à absorber toute cette main-d’œuvre. »

Les diplômes d’études professionnelles les plus payants en début de carrière*

Conduite de grues 80 496 $
Chaudronnerie 68 120 $
Montage structural et architectural 64 220 $
Transport par camion 48 412 $
Mécanique de machines fixes 47 476 $
* Situation en 2012 des diplômés de 2011, neuf mois après l’obtention de leur diplôme

Mais si l’écart du salaire de départ se resserre, il reste que, à long terme, les travailleurs plus instruits ont plus de chances de s’enrichir. Sur un horizon de 20 ans, un bachelier gagne en moyenne 585 000 dollars de plus qu’un titulaire d’un diplôme d’études secondaires, selon Statistique Canada. Si l’on répartit cette somme annuellement, on arrive à un écart de près de 29 000 dollars par année !

Bien qu’alléchants au départ, les salaires des « gens de métier », comme les menuisiers, électriciens et mécaniciens, plafonnent plus rapidement que ceux des techniciens comptables ou des ingénieurs. Très physiques, ces emplois débouchent de surcroît sur de moins longues carrières, en plus d’être tributaires du contexte économique.

Le vent tourne, d’ailleurs, pour les conducteurs de grues, en raison du récent ralentissement causé par la fin de certains grands chantiers québécois. Alors qu’ils gagnaient jusqu’à tout récemment plus cher qu’un ingénieur en informatique, ils peinent maintenant à trouver du travail…

Les cinq diplômes du collégial (DEC) les plus payants en début de carrière

Technologie minérale (Exploitation) 67 288 $
Techniques de construction aéronautique 55 484 $
Techniques de génie chimique 50 700 $
Technologie du génie civil 47 164 $

Alors, qui s’instruit s’enrichit ? Ce vieux dicton des années 1960, à l’époque où le Québec avait l’un des plus bas taux de scolarisation au monde, reste vrai encore aujourd’hui.

* * *

Des techniques en or

Les titulaires d’un diplôme d’études collégiales (DEC) ont vu leur rémunération s’améliorer plus rapidement que celle des diplômés universitaires dans les 14 dernières années.

Leur salaire a bondi de 329 dollars par année, pendant que celui des diplômés universitaires n’a augmenté que de 143 dollars… En moyenne, un diplômé du collégial gagnait 37 128 dollars en 2013, alors qu’en 1999 il gagnait l’équivalent de 32 521 dollars, en tenant compte de l’inflation.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

5 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Comme j’ai toujours dit, l’étude n’est pas reconnu au Québec. Dans le calcul, vous oubliez qu’un bachelier passera un minimum de 5 ans de plus sur les bancs d’école. Pendant ce temps, l’étudiant accumule des dettes que le diplômés du secondaire n’aura pas.

Un endroit frappant pour remarquer à quel point l’étude n’est pas reconnu, regarder les conventions collectives au gouvernement. Moins le personnel est formé, plus il gagne par rapport aux emplois du privé. Pour ce qui est des universiatires, la tendance s’inverse. L’écart est souvent en faveur du privé. Dans plusieurs cas, l’étudiant universitaire n’aura pas le temps de rattraper le salaire gagné par le diplômé du secondaire, pendant toute sa carrière.

S’il y a trop de diplômé comme le suggère l’article, il est temps de contingenter les formation dont nous avons moins besoin de travailleurs.

Tout a fait d’accord , le diplôme est dénigré au Québec ! Souvent on évoque ironiquement la tendance du marché, la pénurie de main d’œuvre, etc. mais dans les faits il s’agit simplement d’un rapport de forces au sein de notre société : Le « petit boss » qui recrute pour son département ou sa section n’est pas le propriétaire ou l’actionnaire de la compagnie. Il préfère favoriser les moins diplômés pour continuer à régner à sa façon, aussi longtemps que possible. Il convaincre ses supérieurs de son choix en évoquant l’hypothétique gain en salaire en leur faveur !!!

L’écart en début de carrière. Ok. Mais l’écart en milieu et en fin de carrière, à quoi ressemble t elle ? Et les conditions de travail elles ?

C’est la culture du « fast », le » ici et maintenant ». Je trouve que c’est un message de propagande ! Il ne montre qu’un côté de la médaille.

Je pense qu’il est fondamental de bien SOULIGNER que celui qui a plus de formation ou de diplôme pertinents a plus de chance de faire ce qu’il préfère quand il le souhaite ; un ingénieur ou un gestionnaire… vont trouver des emplois motivants et ils vont voyager et diriger des équipes etc même si à vie ils feront peut-être pas plus de revenus ils feront autre chose que du 8 à 16 ou des emplois de production sur des quarts de travail etc ,
Ils pourront choisir leur période de vacances, leur type de projets etc