Quoi mettre dans vos REER?

Au fil des ans, Paul Gardner a aidé nombre de clients à investir en vue de leur retraite. Comme les marchés sont plus volatils et que les nouvelles financières sont désormais une affaire de tous les jours, ce partenaire et gestionnaire de portefeuilles chez Avenue Investment Management a remarqué des changements notables dans la façon dont les gens cotisent à leurs REER. « Plusieurs personnes – et surtout les investisseurs autonomes – croient que leur REER est un compte d’exploitation plutôt qu’un régime de retraite, dit-il. Mais, en réalité, ils ont besoin de prendre modèle sur les grandes compagnies de planification fiscale. »

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Tout le monde sait que les montants économisés pour la retraite vont dans un compte de régime enregistré d’épargne-retraite. Mais peu de gens savent comment structurer ledit compte afin de s’assurer qu’il leur reste bel et bien des fonds, au moment de se retirer du marché du travail. Le tout se résume à une chose, indique M. Garner : avoir des actifs à long terme. Que ce soit un fonds, un FINB ou des actions, l’investissement doit s’échelonner sur des années, voire des décennies. Ceci signifie qu’il faut des investissements de grosses capitalisations. Normalement, les grandes compagnies avec une capitalisation boursière d’au moins 10 milliards de dollars représentent une valeur plus sûre que celles de plus petite envergure. Un fonds commun de placement qui renferme des actions de banques canadiennes ne connaîtra pas une hausse de valeur aussi rapidement qu’un fonds axé sur des firmes à valeur minière de second rang, mais il ne chutera pas aussi rapidement non plus. Non seulement les grosses capitalisations en diminuent la volatilité, mais ces compagnies, surtout les multinationales, sont moins enclines à faire faillite. Un fonds qui contient des marques datant de plusieurs dizaines d’années, comme Mc Donald et Coca-Cola, est plus sûr, puisqu’elles sont susceptibles d’être positionnées à long terme sur l’échiquier économique. AJ Sull, président et directeur de placements chez Pacifica Partners Capital Management, à Vancouver, estime que les compagnies qui versent des dividendes font aussi partie intégrante d’un portefeuille de REER. Ce sont des options de choix pour deux raisons, dit-il. Premièrement, les gens n’ont pas à s’inquiéter pour savoir si leurs investissements prendront de la valeur; les versements réguliers de dividendes leur assurent un roulement d’argent dans leur compte. « On vous paie pendant que vous attendez que l’action monte en Bourse », ajoute M. Gardner. Deuxièmement, les paiements de dividendes permettent aux Canadiens d’acheter plus de fonds ou de FINB sans pour autant cotiser de nouveau dans le fonds principal. Ultimement, plus vous possédez d’avoirs, plus vous aurez d’argent lorsque viendra le temps de prendre votre retraite. Imaginez combien votre portefeuille peut valoir après y avoir réinvesti vos dividendes pendant 30 ans. Non seulement les Canadiens doivent-ils acheter des investissements à long terme, mais un bon REER nécessite aussi une bonne stratégie de répartition des actifs. Steven Belchetz, président et directeur de placements chez T.E. Wealth, à Toronto, considère pour sa part que les portefeuilles de retraite doivent être globalement diversifiés. Au Canada, le marché se concentre dans seulement trois secteurs, les finances, les matériaux et l’énergie. Il peut donc être risqué de ne s’en tenir qu’à des investissements intérieurs. Pour bénéficier d’une répartition équitable dans un REER, Belchetz vous recommande de posséder 50 % d’avoirs en valeurs mobilières canadiennes, 25 % aux États-Unis et 25 % dans les marchés internationaux. Vous voulez tout de même privilégier les titres de placement canadiens en raison des risques de change liés aux investissements à l’étranger. Lorsqu’on parle d’obligations ou de fonds d’obligations, les achats que vous effectuez dépendent de votre tolérance au risque. Les fonds gouvernementaux donnent un rendement d’environ 2 %, mais ils ne comportent aucun risque. Les corporatives offrent un meilleur rendement, mais s’avèrent plus risquées. D’une façon ou d’une autre, les règles de base concernant l’âge et la répartition des actifs s’appliquent; achetez moins d’obligations lorsque vous êtes jeune, et plus comme vous avancez en âge. M. Sull affirme que les investisseurs devraient avoir, à tout le moins, 20 % d’actifs à revenus fixes dans leur REER. En misant sur les grosses capitalisations, les dividendes qui vous seront versés devraient être des valeurs sûres pour votre retraite. Gardez vos achats et vos ventes plus risqués pour un autre compte, recommande M. Gardner. « Que ce soit un FINB ou un fonds commun de placement, les REER sont des outils pour épargner à long terme, précise-t-il. Ils ne sont pas conçus pour être boursicotés selon la plus récente ou la plus téméraire des stratégies de placement. »