10 bonnes nouvelles économiques

Déprimantes, les dernières nouvelles sur l’économie ? Pour finir l’année en beauté, le blogueur Pierre Duhamel propose 10 raisons d’être optimistes pour les mois à venir.

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Illustration : Getty Images

2014 s’achève, dans le tumulte et la révolte pour les uns, mais avec un certain soulagement et des motifs à réjouissances pour les autres. En fait, il y a autant de raison de célébrer qu’il y en a de déchanter. Tout dépend de vos intérêts, de votre situation personnelle et, sans doute, de vos valeurs.

Blogue EconomiePour finir l’année en beauté, je propose 10 raisons d’être optimistes pour les mois à venir. La semaine prochaine, je vais essayer d’anticiper les principaux écueils et enjeux économiques de 2015.

Entre-temps, joyeux temps des Fêtes à tous !

1. L’économie américaine semble redémarrer pour de bon.

Le moteur s’est enrayé et a eu du mal à se mettre en branle, mais tout indique que cette fois-ci est la bonne. En 2014, les États-Unis auront connu leur plus forte création d’emplois en 15 ans, et la hausse de 5 % du PIB au troisième trimestre aura été la plus vigoureuse en 11 ans. Tout cela avant même de profiter des effets de la chute du prix de l’essence, qui devrait ajouter de 0,2 % à 0,5 % au PIB américain, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Tout s’enchaîne : plus de gens travaillent, les revenus sont en hausse et il y a plus de consommation, ce qui génère plus d’investissements et crée davantage d’emplois.

2. Les marchés boursiers performent

Cette année, l’indice Standard & Poors de la Bourse de New York a battu 50 fois son record historique. L’indice composé des 500 plus grandes entreprises américaines publiques a augmenté de 12,7 % depuis le début de l’année. L’indique Dow Jones, qui recoupe les 30 entreprises les plus importantes pour ce qui est de la valeur des actions, est aussi en hausse en 2014 (8,6 % à ce jour), ainsi que l’indice TSX S&P de Toronto (à 5,95 %).

Ceux qui ont investi dans les plus grandes sociétés québécoises ont vu leur portefeuille s’apprécier de plus de 20 %, en date de vendredi dernier.

Voilà de bonnes nouvelles pour les investisseurs, et ceux qui contribuent à un régime de retraite.

3. La baisse du prix du pétrole

Le prix d’un baril de pétrole Brent s’est replié de 46 % depuis son sommet plus tôt cette année, et le gouverneur de la Banque du Canada en parlait comme d’un véritable cadeau de Noël pour les consommateurs canadiens.

Les économistes de la Banque TD évaluent que les ménages canadiens auront 300 dollars de plus dans leur poche grâce à la baisse du carburant. Ceux de Valeurs mobilières Banque Laurentienne prévoient une économie de près de 500 dollars en moyenne pour les ménages québécois.

Les répercussions de la baisse du prix du pétrole se fera ressentir partout au monde et devrait ajouter 0,7 % à la croissance mondiale en 2015, selon le FMI.

4. L’état des finances publiques s’améliore

Le déficit budgétaire américain a fondu de près de 30 % cette année, soit la plus forte baisse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Leur déficit est le plus bas depuis 2008.

Le gouvernement canadien retrouvera l’équilibre budgétaire en 2015-2016 et aurait peut-être pu atteindre son objectif une année plus tôt, n’eût été des baisses d’impôt consenties aux familles canadiennes.

Le gouvernement du Québec promet d’équilibrer ses comptes dès le prochain exercice. Après les premiers six mois de l’exercice financier en cours (avril à septembre), les revenus autonomes du gouvernement augmentent plus vite que prévu (3,2 %, par opposition à une prévision de 2,2 %) et les dépenses de programmes de l’État, moins vite qu’anticipées (1,8 %, par opposition à un objectif de 2,1 %).

Après six mois, le Québec se retrouve avec un léger surplus de 43 millions de dollars. On prévoit néanmoins un déficit de 2,4 milliards pour l’ensemble de l’exercice 2014-2015.

Ceux qui trouvent l’exercice pénible et non nécessaire pourront se réjouir en se rappelant que 85 % des sommes nécessaires pour atteindre l’objectif ont déjà été identifiées.

5. Des baisses d’impôts pour les familles

Quatre millions de familles canadiennes bénéficieront d’allègements fiscaux totalisant 4,6 milliards de dollars.

En octobre, le gouvernement fédéral a annoncé que dès cette année, les couples qui ont des enfants de moins de 18 ans pourront fractionner leurs revenus, ce qui pourrait se traduire pour eux par une économie d’impôts maximale de 2 000 dollars.

Le gouvernement a aussi bonifié la prestation universelle des frais de garde, ajouté une nouvelle prestation de 60 dollars par mois pour les enfants de 6 à 17 ans et augmenté la limite de déduction pour les tarifs de garde.

Cela devrait compenser en partie la hausse des tarifs en CPE pour les familles à plus haut revenu imposée par Québec.

6. La baisse du dollar canadien

Au début de 2013, le huard volait au même niveau que le billet vert. Il débutait l’année 2014 à 94 cents américains, et il se trouve aujourd’hui à 86 cents. Cette longue glissade a de nombreuses vertus.

La descente n’a été ni trop soudaine ni trop brusque, et on ne prévoit pas de remontée au cours des deux prochaines années ni de baisse substantielle. Voilà donc un environnement suffisamment stable, qui a permis aux importateurs et exportateurs de s’ajuster en cours de route et qui est suffisamment prévisible pour réaliser de bonnes affaires.

Nos exportateurs sont devenus plus concurrentiels sur le marché américain, où leurs produits sont moins chers qu’avant. Les ventes accrues leur permettent aussi d’accroître leur rentabilité. Les profits des manufacturiers canadiens sont en hausse de 40 % au troisième trimestre.

On a tendance à expliquer la baisse du huard par la seule baisse du prix du baril de pétrole, mais notons que le dollar canadien a pris du mieux face à la plupart des autres devises.

7. Les exportations bondissent

Les exportations constitueront le principal moteur de l’économie québécoise. Elles devraient croître de 2,8 % cette année et de 5,3 % en 2015, selon Desjardins. Cette hausse serait plus importante que celle qu’enregistrera l’Ontario pendant ces deux années. Les principaux bénéficiaires sont les manufacturiers, dont les ventes sont en hausse de presque 7 % après neuf mois.

Ces données laissent présager de nouvelles embauches et de nouveaux investissements pour répondre à la demande.

Cela va compenser pour les faiblesses du secteur minier à cause du fléchissement de la demande mondiale.

8. Les taux d’intérêt sont stables

Les consommateurs et les gouvernements partagent la même hantise : un relèvement soudain et substantiel des taux d’intérêt. Le gouvernement du Québec, qui doit emprunter 15 milliards de dollars au cours de l’exercice en cours, a pu économiser 67 millions de dollars durant les six premiers mois grâce au recul des taux d’intérêt.

Les économistes de la Banque de Montréal ne s’attendent pas à un hausse du taux directeur l’année prochaine, au pire au quatrième trimestre de 2015, selon ceux de la TD.

9. Il y a aura de nouveaux emplois

La croissance de l’emploi au Québec a été nulle jusqu’à maintenant en 2014. Mais les économistes de Desjardins prévoient un ajout de 25 000 emplois en 2015 et de 20 000 en 2016. Les autres institutions financières font aussi le pari d’une augmentation — modeste, quand même — de l’emploi au Québec.

10. Une croissance malgré la rigueur

Les économistes de Valeurs mobilières Banque Laurentienne (VMBL) disent qu’il faut remonter aux années 1997-1998 pour retrouver une conjoncture aussi favorable au Québec avec une demande américaine en forte hausse, le recul prononcé du prix du pétrole et une dépréciation pondérée de la devise. Voilà qui devrait bien augurer, malgré les répercussions des mesures de rigueur budgétaire.

Cela dit, les économistes de VMBL restent prudents, avec une hausse anticipée de 1,9 % du PIB québécois en 2015. Ceux de la Banque Nationale du Canada sont sur le même registre, à 1,9 % eux aussi. Les économistes du Mouvement Desjardins sont les plus pessimistes, à 1,7 % de croissance.

Les économistes des banques torontoises sont plus optimistes. La Banque Royale et la Banque de Montréal s’attendent à une croissance économique de 2 % au Québec, la Banque TD, de 2,1 % et la banque CIBC, de 2,4 %. Dans son budget, le gouvernement table sur une hausse de 2 % du PIB.

Les économistes sont néanmoins unanimes sur l’essentiel : 2015 sera une meilleure année que 2014 pour l’économie du Québec.

Souhaitons maintenant qu’ils aient raison.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

14 commentaires
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On est toujours dans les même vieux paterne qui fait que le riche est riche et que la pauvre reste pauvre. Quand va t’on touché au vrai changement, c’est a dire arrêté d’enrichir les banques?http://info-resistance.org/2012/06/la-dette-publique-du-canada-suit-le-meme-plan-que-celui-de-la-france-a-partir-des-annees-1970/

Et vous proposez quoi pour remplacer les banques? Parce qu’elles jouent un rôle économique important (dans le sens de « gros », non pas de « positif »). Si vous voulez arrêter d’enrichir les banques, alors vous voulez éliminer les banques dans leur forme actuelle.

D’ailleurs, il existe déjà des coopératives, tel que Desjardins ou en beaucoup plus gros en Europe : Robobank (drôle de nom, j’en conviens, elle est néerlandaise). Ces institutions vous les incluez dans ce désir d’arrêter de les enrichir?

Vous venez de comprendre qu’il faut acheter des actions des banques, si leurs affaires se porte bien, alors les votre aussi, si vous êtes actionnaires. (via des fonds si nécessaire!)

Monsieur Boisjoly, quand vous vivrez selon vos moyens, vous n’aurez plus recours aux banques et elles feront moins d’argent sur votre dos. Un petit conseil : un peu de respect pour les gens qui réussissent, car ils créent des emplois. Et le jour où vous aurez accumulé un petit pécule, achetez des actions privilégiées des grandes banques canadiennes : elles vous distribueront 4,75 % de dividendes, ce qui équivaut sur le plan fiscal à des intérêts de plus de six pour cent. Dommage qu’on n’enseigne pas ces choses dans les écoles ! Bonne année !

Si bien sûr la bonne tenue de l’économie du Québec nous préoccupe en première instance, il convient de noter que l’ensemble des perspectives pour le Canada semblent plutôt plus optimistes et que nombre de pays du monde abordent l’année prochaine avec une certaine dose d’optimisme.

Même certains pays comme la Russie qui pourtant est affectée par toutes sortes sanctions indues (selon mon analyse des faits) ; elle devrait néanmoins connaitre en 2015 une croissance modeste. Quand pour les russes, même ces sanctions sont devenues une source de motivation pour s’engager sur la voie de la diversification de leur économie.

Bien que le Québec ne soit pas la Russie, il convient de préciser comme vous l’expliquez fort bien qu’une croissance de nos exportations est essentielle pour propulser vers l’avant notre économie.

En ce sens monsieur Couillard doit continuer de vendre les produits et services québécois tant auprès de nos partenaires réguliers à l’étrangers ; tout en prospectant de nouveaux marchés ; de la même façon nos échanges interprovinciaux doivent continuer de prendre de l’essor, quand une coopération de tous les instants avec les provinces Maritimes et avec l’Ontario est essentielle pour assurer la stabilité de la province ; tout autant encore pour redéployer la force de l’économie du Canada vers l’Est. à fin d’équilibrer notre bien commun.

Toutes ces politiques, si elles sont bien menées ne donneront pas nécessairement des résultats immédiats, lorsque sur le moyen-long terme on ne peut qu’espérer le meilleur à condition bien sûr qu’une atmosphère « bonne enfant » règne et que tout le monde s’implique généreusement pour mette l’épaule à la roue.

11e. bonne nouvelle: le PQ végète dans l’opposition et on n’a pas à se taper leur charte!

C’t’en encore drôle…

Le projet de la charte de la honte n’a fait que de diviser les Québécois leur créant une réputation de bornés à l’échelle internationale éloignant d’autant les investisseurs et les touristes qui étaient auparavant intéressés par notre « joie de vivre »…

euh….qui n’est pas venu investir ici à cause de la charte? Charte qui n’a pas été adoptée!

Vous donnez tout un show sur ce site! Elvis peut aller se r’habiller

Les gens qui décident de ne pas investir quelque part n’en parlent pas. Ils vont ailleurs et l’article publié dans le New-York Times où Lisée et Drainville défendaient leur charte de la honte avec vivacité (allant même jusqu’à donner des leçons aux Américains via Thomas Jefferson!!!) suite à un article particulièrement lucide de Monsieur Martin Patriquin n’a fait que de rebuter les investisseurs:

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201401/12/01-4727967-lisee-la-charte-et-les-etats-unis.php

http://www.nytimes.com/2013/11/19/opinion/jefferson-in-quebec.html?_r=0

http://www.nytimes.com/2014/01/11/opinion/quebecs-last-stand.html

MAIS après tout ce chahut, le Lisée en question a déclaré qu’il était si mal à l’aise avec la charte qu’il l’aurait reniée la seconde même où elle aurait été adoptée ! Il était même prêt à claquer la porte de son parti si ses comparses avaient donné le feu vert à ce projet honteux et discriminatoire! Tant qu’à Drainville, il nous a appris que contrairement à ce que tout le monde pensait, il a toujours été ouvert à une discussion avec le parti de François Legault ! Il n’attendait qu’un signe de la CAQ pour entreprendre des discussions…

Tout ceci, (à part beaucoup d’autres choses comme le bras levé de PKP!) a créé un atmosphère d’incertitude au Québec qui fait en sorte que les investisseurs vont placer leurs sous ailleurs.

Quoique réjouissantes ces nouvelles, il n’en demeure pas moins que les facteurs influents proviennent entièrement de l’extérieur dont la chute de la devise canadienne est la principale et non des efforts des entreprises et travailleurs du Québec pour qui “tout va bien madame la marquise”. Hors je ne suis pas certain que se soit l’opinion des consommateurs pour 2014 qui voient en terme de progression du PIB, une augmentation de leur dépenses “nécessaires” telles que le logement, la bouffe, les vêtements mais aussi l’automobile dont un grand nombre pourrait se passer mais comme le voisin en a une, et bien…

Sur ce point pourtant crucial dans l’élaboration d’une réflexion devant conduire toute société vers de meilleurs résultats c’est le gel total des mentalités et des méthodes d’analyse (raisonnement), d’organisation des pratiques et conséquemment un statu quo des systèmes et procédés nécessaires pour y parvenir mais effectués (voire imbriquées) sous les même incohérences.

À peine suis-je à rebrousse poils, l’ensemble des banques mondiales voit de façon plus globale l’économie stagner, les états rebroussant chemin contre les déficits zéro et bien entendu le paiement de leurs dettes déjà catastrophiques dont ils persistent à empiler les déficits annuels malgré l’ère de redressement majeur des finances publiques.

La Banque Mondiale et l’IMF sont incapable de trouver les fonds nécessaires à continuer à prêter les trillions nécessaires au “présumé” développement des pays sous développés et ne voient pas dans leurs boules de cristal (en PVC) comment l’échiquier économique se jouera même à court terme, surtout après la mauvaise surprise de l’effondrement du prix du baril de pétrole à l’échelle mondiale.

Bonne année 2015

« La Banque Mondiale et l’IMF sont incapable de trouver les fonds nécessaires à continuer à prêter les trillions nécessaires au “présumé” développement des pays sous développés »

Avez-vous une source pour ça? En passant, le français utilise le compte long des nombres, donc « trillion » en anglais se traduit par « billion » en français. On comprend que vous utilisez une hyperbole, puisque 1 seul billion de dollars serait suffisant pour éliminer la dette des pays sous-développés.

Enfin une brève analyse encourageante. Certes il n’y a pas grand chose de direct pour monsieur, madame tout le monde, mais si l’ensemble de l’économie d’une région (province, pax, etc.) va mieux, généralement tout le monde s’en porte mieux. J’apporte une précision sur l’augmentation prévue de la PUGE: oui il est prévu qu’elle sera modifiée (plus d’argent pour les enfants de moins de 6 ans et du nouvel argent pour les enfants de 6 à 17 ans), toutefois, je ne suis pas certain que cela donnera plus d’argent dans les poches des parents, car cette somme est imposable et, qu’avec cette augmentation de la PUGE, le crédit d’impôt pour enfant disparaît. Malgré tous, étant donné que je suis optimiste de nature, je demeure optimiste. Voir le lien ci-contre pour de l’information sur la PUGE : http://www.budget.gc.ca/efp-peb/2014/uccb-puge-fra.html