10 raisons pour être prudents avec les hausses d’impôts

Il est beaucoup plus facile pour un gouvernement de ne pas couper les dépenses publiques et chercher plutôt à les financer en allant piger dans les poches des contribuables. Et il est beaucoup plus payant politiquement de prendre cet argent aux contribuables les plus aisés.

Je n’ai pas de problème avec la progressivité du régime fiscal. Il m’apparaît normal que ceux qui gagnent davantage, paient proportionnellement plus. Il faut néanmoins reconnaître que ce principe n’est pas extensible à l’infini et qu’il peut produire des effets néfastes sur l’économie. À partir de quand et jusqu’à quel point, les économistes se chamaillent là-dessus depuis des décennies.

Retenons néanmoins qu’il est difficile pour une juridiction dans une économie ouverte de faire bande à part et de taxer beaucoup plus que les autres sans en subir des inconvénients. Quelles peuvent être ces conséquences fâcheuses ?

1. Vous pourriez être tenté de diminuer vos heures de travail pour ne pas atteindre une échelle d’imposition plus élevée.

2. Vous pourriez renoncer à faire des heures supplémentaires qui hausseraient votre revenu imposable à une autre échelle d’imposition. Imaginez que vous êtes médecin en médecine familiale et que vous hésitez à prendre d’autres patients. Voilà une autre bonne raison de dire non.

3. Vous avez une offre pour aller travailler dans un hôpital de Floride. Au lieu de payer un taux marginal de 55 % de vos revenus au fisc canadien et québécois pour les revenus de plus de 250 000 dollars, vous aurez à verser 35 % à partir de 336 000 dollars. Vous pourriez aussi être tenté d’établir le siège social de votre entreprise dans une autre juridiction et  même vous y établir personnellement.

4. Imaginez que vous êtes à la tête de CGI ou de Bombardier et que vous voulez recruter un champion à l’extérieur. Cela vous coûtera plus cher pour compenser le fardeau fiscal plus élevé au Québec. Oublions le mythe voulant que le coût de la vie à Montréal soit moins élevé qu’ailleurs.La métropole québécoise est maintenant plus chère que Toronto, dit la banque suisse UBS.

5. Cette hausse du fardeau fiscal survient à un moment où l’économie est fragile et où la croissance est déjà plus faible au Québec que dans le reste du pays.

6. En taxant davantage les dividendes, vous rendez moins intéressantes les actions privilégiées, l’un des rares véhicules financiers performants côté rendement ces dernières années. Impact donc sur l’épargne et sur le marché boursier, car certains titres québécois pourraient baisser si l’avantage fiscal des détenteurs d’actions est diminué.

7. Beaucoup d’entrepreneurs se paient en dividendes pour diminuer leur fardeau fiscal et leur permettre de passer à travers des périodes plus difficiles. En agissant ainsi, on complique la vie des petits entrepreneurs.

8. Vous avez investi dans une maison que vous avez rénovée de fond en comble. Le produit de la vente constituera votre fonds de retraite. Pas si vite, dira le fisc québécois qui prendra une plus grande bouchée de votre gain en capital.

9. Vous songez à acheter une résidence secondaire. Sachant que le fisc québécois sera plus gourmand,  vous allez peut-être renoncer pour éviter une mauvaise surprise dans quelques années. Une telle mesure pourrait avoir un impact sur le marché des résidences secondaires et des villages de villégiature.

10. Beaucoup d’entrepreneurs s’enrichissent véritablement au moment de la vente de leur entreprise. Pourquoi se lancer en affaires si l’État compte prendre une grande partie du produit de votre sueur et de vos angoisses ?

Rappelons que le fardeau fiscal des Québécois est déjà beaucoup plus élevé que celui des autres Canadiens et des Américains, nos voisins et partenaires commerciaux. Avant les augmentations de la TVQ de 2011 et de 2012, les Québécois cédaient à l’État l’équivalent de 39 % du PIB, contre 32 % pour les autres Canadiens, 34 % pour la moyenne des pays de l’OCDE et 24 % pour les Américains.

 

 

 

 

 

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Même si tout ce que vous dites est vrai, bien peu de gens sont prêts à l’entendre. Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

J’aimerais que chaque personne qui choisi de s’établir ailleurs, chaque siège social qui déménage, chaque entreprise qui éprouve des difficultés de recrutement, l’écrive dans les tribunes comme celle-ci en plus d’écrire directement à son député, au ministre des finances et à la Madame. Si vous vous sentez lésé par ces politiques, que vous soyez un petit propriétaire, un retraité, ou un petit investisseur qui essaie tant bien que mal de joindre les deux bouts, faites-le savoir également.

En attendant, j’ajoute, j’espère à tort, dans mon dictionnaire des synonymes: Marceau, Marois, marasme.

En attendant, comme je ne peux rien faire, comme prise en otage, je voterai avec mes pieds en allant acheter autant que possible chez nos voisins et je renonce tant que le PQ sera en poste à ma politique d’achat de produits québécois dans des commerces d’ici. Walmart, here I come.

En France Socialiste, on monte l’impôt à 45 % pour ceux qui gagnent entre $ 192 000 et $ 1280 000. Au Québec PQiste (ou devrait-on dire Sot-Socialiste), on monte l’impôt à 55 % pour ceux qui gagnent plus de $ 150 000, et à 52 % pour ceux qui gagnent entre $ 130 000 et $ 150 000.

Bon matin M.Duhamel
Déjà, il manque un point 11,12 et 13
11-Oui nous imposé de façon importante vs ‘les autres’ mais les frais scolaires sont très bas au Québec
12- Le prix des maisons est moins encore ‘accessible’ au Québec, versus le ROC.
13- Les plans sociaux tel les congés de paternité et maternité sont uniques au Québec.

Félicitations pour vos articles que je trouve généralement intègre et non partisane.

Depuis un nombre certain de lunes, j’ai souvent songé que la fiscalité était une chose qui n’était pas très bien faite. Elle semble parfois avantager les uns et désavantager les autres. En apparence équitable, la fiscalité ne fait que mettre sous les projecteurs le caractère fondamental de l’injustice de la vie qui donne plus aux uns et quelquefois si peu aux autres.

Les sociétés modernes et démocratiques se sont voulues d’être aux avant-postes de cette intolérable iniquité et il faut bien le reconnaître, la plupart de ces sociétés sont parvenues en particulier dans les 30 années qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale à obtenir des résultats probants.

Au sommet de la pyramide, il faut rendre à César ce qui appartient à César, ce sont les États-Unis d’Amérique qui ont donné l’exemple. Si ce n’est que depuis maintenant plus de trente ans, la pyramide s’est passablement inversée. Le naturel qui avait été chassé est revenu au plus vite au galop.

Je suis persuadé qu’un impôt bien pensé doit être simple, raisonnable et mesuré. Qu’il vaudrait mieux dans certains cas un impôt plus contraignant et peu ou pas de prélèvements annexes de toutes sortes qui rendent la taxation inefficace puisque le citoyen ne dispose plus des outils pour planifier son avenir à long terme. Hors, une planification bien faite soutient la vie et non l’inverse.

Cependant, le caractère empathique de ma personnalité fait que je comprends très bien les contraintes auxquelles doivent faire face tous les gouvernements au Québec et je comprends que les mesures proposées par Nicolas Marceau et madame Marois seront des pilules difficiles à avaler pour un certain nombre de nos concitoyens. Mais à moins d’un processus révolutionnaire, avons-nous vraiment et réellement d’autres choix ?

Plus pragmatiquement, de bonnes perspectives en termes de création d’emplois avec un État très imputable sur sa gestion des finances publiques, tout cela contribuerait à forger un train de réformes nécessaires pour livrer une administration qui soit digne du 21ième siècle avec un train de mesures fiscales qui soient le reflet d’une société qui avance dans la bonne direction. Pour conclure je dirais simplement, qu’il serait avantageux que nous conjuguions nos efforts, le succès alors se présentera naturellement au bénéfice de tous.

Encore moi,

Je fais appel à vos lumières pour valider quelques hypothèses.

Voilà, si on prend comme données de base: nb de contribuales: +- 6 millions / total de l’impôt sur le revenu 17 000 millions / personnes gagnant plus de 100 000$: 4% des ct ou 240 000 personnes / impot payé par ces personnes: 33% ou 5 610 million au total.

Si on avait la même proportion de citoyens nantis au Québec qu’en Ontario, on en aurait environ 50% de plus.

Mon hypothèse est la suivante, si au lieu de pénaliser les mieux nantis en leur faisant porter le poids de nos désirs, on essayait d’en attirer davantage, ainsi, il y aurait plus de 360 000 personnes contribuant pour 8 000 millions au trésor québécois. Ce faisant, on pourrait baisser les impôts de tous les contribuables québécois d’environ 15%. Personnellement, 15% de mes impôts, c’est plusieurs fois le fameux 200$ que tous ont en travers de la gorge.

Si on arrêtait de voir les mieux nantis comme des profiteurs, si on commençait à reconnaître leur participation à notre bien être à tous, pas seulement au point de vue fiscal, mais également pour leur dynamisme, leur esprit d’entreprise, si on commençait à leur dire merci.

Puisqu’on a des études d’impact environnemental avant de faire des projets majeurs, pourquoi n’aurions-nous pas des études d’impact fiscal avant de faire des changements aussi significatifs.

@Lucie

L’Ontario a plus de riches pour deux raisons
1) Toronto a pillé les sièges sociaux de Montréal
2) Ottawa a un grand nombre de mandarins gagnant dans les 6 chiffres.

Très bon article.
Je me permettrais d’ajouter que si, comme moi, vous faites parti de la classe moyenne et que vous avez investi dans un petit immeuble à logements dans le but de réaliser un jour un gain en capital (lors de la vente de l’immeuble) qui vous aidera à assurer votre retraite, vous vous sentez trahi. Et vous avez l’impression de vous êtes fait avoir … Surtout quand vous regardez toutes les heures que vous avez mises pour la gestion et l’entretien de l’immeuble. C’est décourageant ! Et cela aura sûrement une influence sur les pénuries éventuelles de logement…

Pourquoi ne pas nous donner l’heure juste?
Le coût de la vie à Montréal: selon une étude suisse,Montréal serait plus chère que Toronto.Selon la dernière étude du KPMG, parue la semaine passée, Montréal est la ville la moins coûteuse en Amérique du nord.
Le médecin en Floride paierait beaucoup moins d’impôt. C’est vrai. Mais le coût de son assurance est alors exhorbitant. C’est la raison pour laquelle plusieurs de nos expatriés sont revenus au Québec. Ils travaillaient pour se payer une assurance contre les poursuites possibles.
Pourquoi aussi ignorer que l’impôt des entreprises québécoises est le plus bas au Canada?

@pierre lemelin

Depuis le début du siècle l’immobilier a bondi de 150% au Québec. Si vous n’avez pas vendu vous êtes toujours assis sur de gros profits
Si vous avez investi dans RIM, Nortel ou Bombardier, vous êtes quasi ruiné

Il est donc normal que le gouvernement aille chercher un peu de revenu dans ces gains pharaoniques

« Rappelons que le fardeau fiscal des Québécois est déjà beaucoup plus élevé que celui des autres Canadiens et des Américains, nos voisins et partenaires commerciaux. ». Alors comme vous dites, si notre fardeau fiscal est déjà trop élevé, tous vos points que vous énumérez seraient déjà effectifs. Si vous en parlez maintenant, c’est qu’il ne s’est rien passé depuis (qui vaut la peine d’être souligner), de ce que vous mentionnez. Mise à part quelque “soubresauts”, il ne se passera rien non plus.

@ Rod
Selon les chiffres que j’ai actuellement, le gain en capital (différence entre le coût de l’immeuble et son prix de vente) que je réaliserais en vendant demain matin mon 3 logis serait de l’ordre de 50% pour 15 ans à m’occuper de l’immeuble. On est loin du 150% auquel vous faites allusion. Et on parle ici de 50% avant impôt. Si 3.3 % de gain en capital par année vous semble « pharaonique », permettez moi d’être en désaccord avec vous . Je ne me plains pas mais je pose la question: quelle est le point limite entre ça vaut la peine d’investir de mon temps et de mon argent(et de prendre des risques) et ça ne vaut pas la peine et je n’investis pas?

Nous avons atteints le max de l,impot ,depuis que je suis né que j,enttend ici au Québec ,ils ont juste à taxer, mais depuis 2008 ,vous vous souvenez j,espère les ressources ont commencés à manquer,nous voguons de crises en crises!
Une nouvelle récession pointe à l,horizon ,celle là risque d,être mondial!
Nous avons perdus beaucoup d,emplois et allons en perdre encore!
Regardez du cot`é du Saguenay! Il est plus payant de produire de l,électricité que produire de l,aluminum..Rio Tinto produit à perte actuellement! Le prix du produit c,est effondré depuis 18 mois!
Pour toute ces raisons le P.Q. réussira jamais à augmenter les impots!
Assez c,est assez!……….

@Marc Sauvageau: « Alors comme vous dites, si notre fardeau fiscal est déjà trop élevé, tous vos points que vous énumérez seraient déjà effectifs. Si vous en parlez maintenant, c’est qu’il ne s’est rien passé »

En fait monsieur, cela se passe depuis bien des années. Le Québec a constamment une croissance économique plus faible que l’Ontario depuis les 20 dernières années. Le Québec affiche également un PIB par habitant plus bas qu’ailleurs au pays. Et finalement, le Québec a un ratio de riches plus faible que les autres provinces.

Ce que Monsieur Duhamel explique se passe déjà depuis plusieurs années.

Un Québécois qui a un revenu de 100 000$ paiera, s’il n’a pas un bon comptable, 17 500$ en impôt en 2012.
Qu’obtient-il en retour?
Des soins de santé pour sa famille, l’éducation gratuite pour mes enfants, des dizaines de milliers de kilomètres de routes gratuites, des garderies à sept dollars, un des régimes de congés parentaux les plus généreux au monde, un système de justice, la sécurité publique, et finalement, en bonus, un filet de sécurité sociale, bien imparfait, qui permet de ne pas laisser les plus pauvres dans la rue.
J’ai un cousin qui habite Laconia au New Hampshire.
Pour la seule assurance-santé, pour lui et sa femme, il a dû débourser cette année 23 420$. Et cette assurance n’est que pour les cas de « major illness ».
Parfois il vaut la peine d’aller voir ce qui se passe ailleurs.

@ François Ricard (# 16):

« J’ai un cousin qui habite Laconia au New Hampshire.
Pour la seule assurance-santé, pour lui et sa femme, il a dû débourser cette année 23 420$. Et cette assurance n’est que pour les cas de “major illness”.
Parfois il vaut la peine d’aller voir ce qui se passe ailleurs. » (sic)

Alors…pourquoi ne déménage-t-il pas au Québec le cousin en question?

Avec tous nos « avantages », le calcul est vite fait non?

Devrait-on s’attendre à recevoir une vague d’immigration des USA suite aux augmentations d’impôt au Québec? À vous de répondre, cependant, j’ai très rarement entendu des gens s’écrier « chic…des augmentations d’impôt! On va recevoir plus de services et de meilleure qualité!!!).

@ Jacques Marceau

Il n’y a pas de corrélation directe entre la fiscalité et le rendement économique d’un état. Si c’était vrai expliquez-moi comment se fait-il que les américains ont connu la plus grande période de prospérité de leur histoire alors que les taux d’imposition atteignaient des sommets ( 1950-1964, la plus haute tranche de revenus était imposée à 91% ).

@ Marc Sauvageau

Le lien entre la liberté économique d’un pays et son rendement économique est prouvé et documenté. La fiscalité n’est qu’un élément de la liberté économique.

Il y a plusieurs explications de la croissance de l’après-guerre aux E-U. Premièrement, il faut retourner en 1946 pour voir que la plupart des mesures de contrôles des prix par Roosevelt durant le « new deal » ont été annulées en même temps que plusieurs régulations datant du « new deal » et de la guerre. Ces régulations étouffaient l’entrepreneur et l’agriculteur américain.

Deuxièmement, la période de 1941-1945 a été une des périodes ou l’épargne a été la plus forte dans ce pays. En moyenne, un américain épargnait plus de 25% de son salaire. Une des raisons est que les gens avaient des emplois mais rien à acheter à cause du rationnement. À la fin de la guerre les usines ont recommencé à produire des biens utiles et les américains à les acheter.

Finalement, le taux de 91%, bien que très haut s’appliquait aux gens gagnant au-dessus de 200 000 par an. Cela équivaut à plus de 1.8 millions aujourd’hui. Je n’ai pas fait la recherche mais ils ne devaient pas être très nombreux à l’époque.

Pour ce qui est de la raison 4, les chiffres d’UBS sont faux (prix moyen des loyers considérés supérieurs à Montréal par rapport à Toronto alors que c’est radicalement le contraire) et en ce qui concerne le panier d’épicerie, la référence a trait aux habitudes de consommation européennes (j’avoue ne pas savoir de quoi il s’agit exactement même si je suis globe-trotter et que je connais relativement bien Genève). A beau mentir (ou dire des faussetés, même de bonne foi) qui vient de loin. Ce genre de référence décrédibilise l’article, je n’ai regardé qu’en diagonale les autres raisons, celle-ci m’a frappé.

Je me reconnais dans les propos de M. Duhamel.

Je suis un professionnel de la santé et travailleur autonome dans la fin cinquantaine qui essaie de se constituer un fond de pension concurrentiel avec ceux des employés de la fonction publique.

Or avec ces nouvelles hausses, je suis à me demander pourquoi je travaille autant d’heures dans une semaine. Je perçois ces hausses comme une taxe à l’effort.

Je considère donc sérieusement de réduire mes heures de travail et ainsi réduire mon service à la clientèle. Cela créera une plus longue liste d’attente, c’est tout.

C’est déjà assez fou d’essayer de concurrencer le régime de retraite des employés de l’état en se tuant au travail par de nombreuses heures de travail sans de faire bouffer les gains de nos investissements en plus, alors que ces mêmes employés de l’état ne verront pas les gains de leur propre régime gouvernemental taxés.

Je considère ces nouvelles mesures comme carrément injuste et improductives envers les petites entreprises et les travailleurs autonomes.

@ Alain LaBonté (# 20);

Pour ce qui est du prix des loyers ou des maisons, pourquoi croyez-vous que ces derniers sont plus élevés à un certain endroit qu’ailleurs?

Simple: parce que c’est là que la majorité des gens veulent vivre.

Le fait que les prix de l’habitation sont moins élevés au Québec qu’ailleurs est un signe évident d’une certaine PAUVRETÉ et non d’une richesse.

Le fardeau fiscal québécois n’est-il pas plus élevé qu’ailleurs parce que jusqu’à maintenant les gouvernements que nous avons eus ont choisi d’assurer plus de mesures sociales ?
Une société en paix, juste et équitable passe-t-elle par un écart s’agrandissant entre les moins nantis et les plus nantis ?
Les entreprises et les travailleurs qui reçoivent des salaires ou revenus plus élevés que 150,000$ (130,000 imposable) le font parce que tous les Québécois achètent leurs produits et services, n’est-ce pas ?

@François 1 (N° 22) :

Je croyais que l’argument était à l’effet que les gens s’installeraient à Toronto parce que les loyers sont moins chers (ce qui est faux, bien sûr).

Je crois qu’il est très réducteur de dire que le prix des loyers reflète la richesse ou la pauvreté. C’est trop simpliste et absolu pour être vrai. (De quelle richesse parle-t-on d’ailleurs ? Les pays avec un bon parapluie social ne sont-ils pas globalement plus riches que ceux qui n’en ont pas).

La loi de l’offre et de la demande dépend de très nombreux éléments, mais elle est surtout quelque chose d’émotif, pas nécessairement une décision rationnelle déterminée à la suite d’une analyse très poussée.

Le Québec a la fiscalité la meilleure pour attirer les entreprises ; en contrepartie il a des impôts élevés pour les particuliers riches (mais infiniment moins élevés qu’en 1960 en proportion, à une époque où la RAMQ n’existait pas, etc.), il a des loyers faibles et condamnés à rester faibles à cause de la Régie des loyers (j’en sais quelque chose, je suis propriétaire foncier — mais on y fait de bons profits quand même tout en respectant à la lettre les règles du jeu), il a une excellent couverture sociale, et il parle français.

Vivre ici est le résultat d’un choix, ou plutôt d’un ensemble de choix. Vivre ailleurs aussi. Menacer d’aller vivre ailleurs n’est que du chantage ou du marketing. Avant de déménager on réfléchit, et il n’est pas si évident de passer de la parole aux actes. On peut aussi le regretter facilement.

Peut-on faire comme les médecins et se « désengager » du système de santé publique? Je n’ai pas de médecin, je dois payer pour en voir un, ou bien faire la queue 2 heures avant l’ouverture d’une clinique sans rendez-vous pour espérer être dans les chanceux que le médecin aura le temps de voir ce jour là.

Est-ce que je pourrais récupérer le montants de mes taxes qui vont vers la santé et choisir de me payer une assurance privée? Ca me reviendrait probablement moins cher que ce que paie présentement pour un service auquel je n’ai même pas accès (sauf si j’arrivais à moitié morte en ambulance à l’hôpital… j’aurais au moins droit à une civière dans un corridor!). Je sais, un système à deux vitesses, c’est injuste. Mais là, c’est pas mal injuste pour moi et personne n’a l’air de s’en préoccupper quand je manque une journée de travail (à mes frais) pour aller renouveller une prescription!

Je m’étonne que personne n’aie encore entamé un recours collectif contre l’état québécois pour service payé non rendu.

Je suis très d’accord avec le principe de redistribution de la richesse. Et je paie plus que ce que je reçoit ces dernières années. Je sais que ça contribue à créer une société plus équitable, moins violente, et ça me convient. Là où le bât blesse, c’est quand je ne peux accéder aux services que je paie à cause d’un manque d’efficacité du système. À la limite, si j’avais le sentiment de recevoir un excellent service et que ça en vallait la peine, je ne rechignerais pas à payer plus.

Mais là, j’ai vraiment l’impression de me faire avoir!

@ Alain LaBonté (# 24):

Je connais quelques personnes dans ma famille et parmi mes amis qui ont quitté le Québec il y a plusieurs années pour des raisons différentes dont, entre autre, les impôts faisaient partie et aucune, AUCUNE d’entre-elles sont revenues vivre ici.

Il s’agissanit bien sûr de gens très instruits, bilingues ou même trilingues et qui commandaient de très bons salaires. Lorsque je leur demande s’ils reviendront un jour, c’est tout juste si elles ne me rient pas au nez. Elles me parlent de la réputation que le Québec traîne avec lui à l’extérieur de la province, de ce que leur disent leurs familles respectives sur le « bonheur » de vivre ici et ça semble leur enlever toute envie de revenir.

Pour ce qui est des entreprises qui viennent s’établir ici, savez-vous que pour les convaincre, le Québec DOIT les subventionner plus que TOUTES les autres provinces canadiennes RÉUNIES? Oui…oui…RÉUNIES! Pourquoi croyez-vous?

Le système de l’offre et de la demande est le meilleur système qui soit lorsqu’il n’est pas tortillé et biaisé par l’État tentaculaire et omniprésent comme c’est le cas au Québec. Vous trouverez des loyers et des maisons à meilleur marché en Somalie. Irez-vous là-bas? Non bien sûr.

Je le répète, si certains endroits sont plus chers qu’ailleurs, c’est parce que c’est là que la majorité des gens veulent vivre. Simple non? L’offre et la demande à l’état brut quoi.

@ François 1

À ceux qui ont quitté le Québec et ne veulent plus y revenir, grand bien leur fasse , on ne les forcera pas, et s’ils sont mieux comme ça, tant mieux pour eux, sans aucun mépris d’ailleurs. Heureusement nous avons tous cette liberté.

Par contre, je pourrais aussi vous citer de nombreux exemples de gens qui sont venus (et revenus) ici et ne voudraient jamais repartir. Grand bien leur fasse aussi, et à nous aussi, car ils contribuent dans ce cas à notre économie.

Pour ma part, ce n’est pas parce que « la majorité des gens veulent vivre » à un endroit cher que j’irais, mais parce que j’aimerais y vivre (c’est tout), si j’en avais les moyens.

J’aime vivre au Québec, sauf l’hiver, et cela n’a rien à voir avec le fisc. Alors je voyage, et je reviens chez moi, c’est le meilleur des deux mondes. Je préfère utiliser mon argent à voyager qu’à le cristalliser dans un endroit où tout coûte cher, pas seulement le fisc.

J’aime vivre à un endroit où il y a un bon système social, et pourtant je me considère comme faisant partie des privilégiés sur le plan financier. Pourtant je n’irais pas vivre à Helsinki non plus (ville chère et d’une platitude par excellente, dotée d’un excellent système social), ni à Oslo (encore mieux sur le plan social, qui n’a rien à envier à Helsinki sur le plan de la platitude). Je connais de très nombreuses villes sur tous les continents, et hélas, la ville où je préférerais vivre si elle n’était pas si violente serait Rio. Car il y a ça aussi, la sécurité, il n’y a pas que l’argent qui attire les gens. J’adore la Polynésie française, c’est un coin (aussi grand que l’Europe) extrêmement cher, avec un excellent système social (c’est la France au paradis terrestre) mais où l’isolation est trop grande. Je n’y vivrais donc pas. On pourrait discourir ainsi pendant des jours, et on n’arriverait pas à une conclusion que c’est parce que tout le monde veut vivre à un endroit que c’est cher. Il y a trop de facteurs en jeu.

M. Duhamel, il y a bien des gens qui voudraient vivre au Québec. Après le tremlement de terre, malgré les promesses, le Gouvernement fédéral n’a mointré aucun empressement à accueillir des Haïtiens. Pourtant, si vous consultez le livre SES QUÉBÉCOIS VENUS D HAITI, vous pourrez constater combien les Haïtiens ont contribué au développement du Québec. Et cela au détriment d’Haïti qui a perdu de bons éléments. NM