10 réflexions sur le budget 2015-2016

Le gouvernement se fait reprocher de trop taxer par les uns et de faire trop de coupes par les autres. C’est une situation sans issue. Taxer moins, c’est réduire plus. Et réduire moins, c’est taxer plus…

 

Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Blogue Economie1. Souffrir maintenant pour souffler demain

C’est l’idée majeure du budget 2015-2016 du gouvernement québécois. Le gouvernement entame la dernière année des compressions qui lui permettront d’atteindre l’équilibre budgétaire.

Une fois l’objectif atteint, il entend retourner 2,5 milliards de dollars aux contribuables d’ici cinq ans. À partir de 2016, nous pourrons bénéficier de petits allègements du fardeau fiscal, comme le «bouclier fiscal», qui permettra aux contribuables de ne pas être trop pénalisés s’ils changent de paliers d’imposition. À compter de 2017, la contribution santé sera réduite progressivement pour être éliminée d’ici 2020.

2. Le dur chemin vers le déficit zéro

En affichant un déficit de 2,35 milliards de dollars, le gouvernement réussit à atteindre sa cible budgétaire pour l’exercice 2014-2015, qui se termine le 31 mars.

Pour y arriver, il a fallu compter sur une croissance de 10,9 % des exportations, étaler la rémunération des médecins pour économiser 250 millions, recevoir 113 millions de plus que prévu en transferts fédéraux, prendre des mesures sur les coûts des médicaments, payer 498 millions de moins que prévu en intérêts à nos créanciers, réduire les crédits d’impôt aux entreprises de 20 %, abolir les directions régionales du ministère de l’Éducation, geler les effectifs dans la fonction publique et réduire les budgets des commissions scolaires.

Rétablir l’équilibre budgétaire est un exercice difficile.

3. Le très long chemin vers l’équilibre

Rétablir l’équilibre budgétaire est aussi un exercice politiquement périlleux.

Cela fait six ans que les gouvernements qui se succèdent tentent de dompter la bête et de rétablir l’équilibre budgétaire. Malgré tous leurs efforts, le déficit budgétaire cumulé du Québec depuis 2009 est de 15,7 milliards de dollars. Pour le contenir à ce niveau, il a fallu encaisser des hausses de deux points de pourcentage de la TVQ et de 4 cents le litre d’essence, une  «contribution» supplémentaire pour les coûts du service de santé publique et des hausses appréciables de tous les droits et permis.

Selon François Legault, le fardeau fiscal des ménages québécois aurait même augmenté de 1 300 dollars en moyenne depuis le retour au pouvoir des libéraux.

Malgré tous ces efforts, le Québec a porté sa dette brute de 152,5 milliards de dollars à 206 milliards entre mars 2009 et mars 2015, soit une hausse de 53,5 milliards. Elle représentait 50,1 % du PIB en 2009 et elle compte aujourd’hui pour 54,9 % du PIB.

Les contribuables sont à bout de souffle, et il fallait que le gouvernement entame un véritable régime minceur.

3. Vous pensez que Martin Coiteux est impitoyable ?

C’est le bouc émissaire des adversaires du gouvernement, qui le peignent en idéologue intransigeant, et chaque mesure de restrictions budgétaires lui est personnellement attribuée. Finalement, le président du Conseil du Trésor s’avère un tendre ! Le budget de l’an dernier prévoyait une hausse des dépenses budgétaires de 1,9 % pour 2014-2015. Objectif atteint ? Eh bien, non. La croissance des dépenses consolidées, excluant le service de la dette, aura été de 2,9 %. C’est toutefois bien mieux que la croissance de 4,7 % enregistrée l’année précédente.

 4. Un dernier effort, mais tout un effort

Dès la fin de 2014, le gouvernement a commencé à annoncer les mesures qui permettront d’atteindre le déficit zéro, comme la réduction de 300 millions de dollars dans le transfert aux villes, la réduction du crédit d’impôt pour cotisations syndicales et professionnelles, la réduction de 2 % de l’effectif de la fonction publique, la hausse du nombre d’élèves par classe, ou encore la refonte des structures dans le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui permettra d’épargner 55 millions.

Ce n’est pas assez.

La croissance des dépenses de programmes devra être limitée à 1,2 % en 2015-2016. Le ministère de la Santé sera en régime minceur (1,4 % d’augmentation) et celui de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche subira une diète sévère, avec une croissance de 0,2 %. Le président du Conseil du Trésor devra être encore plus impitoyable et le nouveau ministre de l’Éducation, beaucoup plus créatif que son prédécesseur.

Pour le secteur public, ce seront 12 mois de misère et de difficiles adaptations.

Les offres du gouvernement à ses syndiqués se situent dans ce cadre. Elles ne prévoient aucune augmentation de salaire au cours des deux premières années du contrat de travail et de modestes hausses de 1 % pour chacune des trois années suivantes.

5. Et si on en finissait avec l’austérité ?

Le seul mot vous met en colère, et vous vous indignez quand on parle de compressions et de réexamens des missions et des rôles de tout organisme public. Imaginons que le gouvernement décide de laisser faire et de maintenir toutes les enveloppes budgétaires comme si de rien n’était. Qu’il n’aurait ni augmenté les frais de garde ni réduit les montants payés aux pharmaciens. Imaginons…

Le déficit serait alors de près de 7,3 milliards de dollars en 2015-2016, soit l’équivalent de ce qui est prévu en Ontario, beaucoup plus peuplé et plus riche. De plus, le Québec a déjà la dette publique la plus élevée au Canada, toutes catégories confondues, et ses résidants supportent le fardeau fiscal le plus lourd.

Imaginons maintenant s’il acquiesçait aux demandes des syndicats du secteur public, qui revendiquent 4,5 % d’augmentation par année pendant trois ans. Selon le gouvernement, cette hausse de 13,5 % sur trois ans augmenterait la masse salariale de l’État de plus de 10,8 milliards de dollars. La rémunération des employés de l’État représente déjà 59 % des dépenses de programmes du gouvernement.

6. Il n’y a pas de marge de manœuvre

En juin dernier, le gouvernement prévoyait une croissance économique de 1,8 % en 2014. Elle aura été de 1,5 %. C’est mieux que le modeste 1 % de 2013, mais il a néanmoins perçu 658 millions de moins que prévu.

Le gouvernement prévoit une croissance de 2,0 % en 2015. C’est une cible atteignable, mais qui dépend en partie de la bonne performance de l’économie américaine et du prix du pétrole. Rien n’est acquis, et les économistes du Mouvement Desjardins penchent plutôt vers une croissance de 1,7 %.

De plus, ce budget ne compte aucune provision pour éventualités. Si les revenus ne sont pas là, il faudra faire davantage de coupes.

7. Le plan économique du Québec

C’est ainsi que le gouvernement a titré son budget. Pour lui, la bonne gestion des finances publiques est une condition nécessaire à la croissance de l’économie. Je suis sympathique à l’idée, mais ceux qui aiment les grands programmes de développement économique sont évidemment déçus.

Le budget prévoit des «actions» totalisant 3,4 milliards de dollars d’ici cinq ans, la plupart sous forme d’allègements fiscaux et, surtout, au cours des dernières années. Le gouvernement veut notamment diminuer le taux d’imposition des entreprises de 11,9 % à 11,5 %, pour rejoindre le niveau ontarien. Il parle aussi d’accorder 1,5 milliard à sa stratégie maritime.

Cela dit, n’oublions pas que le gouvernement dépensera dans la prochaine année 9,9 milliards de dollars en travaux d’infrastructures. Ces sommes ne seront pas seulement dévolues au réseau routier, car 40 % de l’argent sera consacré aux domaines de la santé, de l’éducation et de la culture. Ajoutons à cet énorme montant les quatre milliards qui sont dépensés par Hydro-Québec et les autres entreprises du gouvernement.

Ces 13,9 milliards de dollars investis représentent des retombées équivalentes à 2,4 % du PIB et soutiendront plus de 45 000 emplois directs.

Les années de vaches maigres au niveau budgétaire ne signifient pas non plus que l’État cesse de jouer un rôle majeur dans l’économie. Ses dépenses, excluant le service de la dette, représenteront 22,6 % du PIB du Québec en 2015-2016, une proportion plus élevée qu’en 2007-2008.

8. Les fondements de la politique libérale

Pour les adversaires de l’austérité, les mesures de redressement budgétaires sont inutiles, les déficits sont normaux, la dette est supportable, l’argent est facile à récupérer et le gouvernement est en mission idéologique pour casser le modèle québécois et affamer l’État.

Pour le gouvernement, il s’agit plutôt de faire correspondre la croissance des dépenses à la capacité de payer des contribuables, tout en préservant un financement adéquat des services publics. Plus tôt on atteindra le déficit zéro, plus tôt il sera possible d’alléger le fardeau fiscal et de réduire la dette.

Le gouvernement se fait reprocher de trop taxer par les uns et de faire trop de coupes par les autres. C’est une situation sans issue, parce que l’argent vient forcément de la poche des contribuables ou du budget des ministères. Taxer moins, c’est réduire plus. Et réduire moins, c’est taxer plus…

Parler des paradis fiscaux m’apparaît ici une diversion. Je n’excuse ni ne justifie la fraude ou l’évitement fiscal, je dis juste que c’est un enjeu planétaire et complexe, et que les plus puissants pays au monde ne réussissent même pas à l’empêcher. Sur ce qu’il peut contrôler et là où il peut agir, le Québec fait un travail considérable et efficace pour récupérer les sommes qui lui sont dues, notamment dans la construction et la restauration. Ne comptez pas sur le gouvernement de la Barbade pour équilibrer le prochain budget du Québec, cela n’arrivera pas.

Un acquis dans ce budget : le rapport Godbout sur la fiscalité ne sera pas tabletté. Il a inspiré les premières mesures d’allègements fiscaux annoncées au budget, et on sent le gouvernement très réceptif à plusieurs mesures qu’il préconise. J’y reviendrai.

9. Pas bête, le Fonds des générations

Certains préféreraient que le gouvernement cesse de renflouer le Fonds des générations et diminue plutôt son déficit. Ainsi, ils prétendent que le déficit québécois est plus petit qu’il n’y paraît et que le Québec sera même en excédent budgétaire l’an prochain. Raison de plus, selon eux, pour ne pas toucher aux dépenses publiques.

Le Fonds des générations atteint aujourd’hui 6,9 milliards de dollars et il touchera les 20 milliards dans cinq ans.

Le gouvernement a créé ce fonds pour faire fructifier les redevances hydrauliques collectées d’Hydro-Québec et les redevances minières, et ainsi diminuer le poids de sa dette. Depuis sa création, le rendement obtenu par la Caisse de dépôt sur ces fonds a été plus élevé sept fois sur huit que le niveau d’emprunt du gouvernement. En 2014, le rendement a été de 11,7 %, alors que le coût d’un nouvel emprunt aurait été de 3,2 %. C’est futé.

10. Quand je me compare…

On apprenait aussi jeudi que l’Alberta prévoit un déficit budgétaire de cinq milliards de dollars en 2015-2016 et que son gouvernement annonce une première hausse d’impôt depuis 1987.

Elle ne touchera néanmoins que les personnes qui gagnent plus de 100 000 dollars et le barème d’imposition restera à 10 % pour tous les autres contribuables. Il n’y a toujours pas de taxe de vente dans cette province.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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25 commentaires
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Les dirigeants actuels ont compris que le fardeau fiscal trop lourd et la trop grande taille de l’état sont un frein à la croissance qui est essentielle pour maintenir notre niveau de vie et les services publics. Il est urgent de réduire ce fardeau et cela explique sans doute les baisses d’impôt envisagées.

C’est quand même un vaillant effort de ce gouvernement et pour une rare fois il faut le souligner, le féliciter et l’encourager à garder le cap.

Malheureusement il manque un ingrédient essentiel pour remettre le Québec sur les rails de la prospérité : Un volet de réformes structurelles qui permettraient à la société Québécoise de retrouver sa compétitivité.

Prenez les universités par exemple, on ne peut les laisser comme maintenant sombrer dans le sous-financement chronique et la médiocrité, il faudrait d’importantes réformes pour concentrer nos plus maigres ressources là où c’est plus intéressant économiquement. Je n’ai rien contre les sciences humaines mais en faut-il vraiment autant? De plus les salaires des profs devraient s’ajuster au marché, pour se donner les moyens d’attirer les meilleurs ils serait normal de payer plus cher là où la rareté est plus important, c-à-d dans les matières techniques et scientifiques.

Même chose en santé, avec un monopole figé qui à force de rationnement risque de devenir une honte et un danger public il faut absolument permettre les assurances privées et l’établissement d’un système privé parallèle.

Je crains fort (et suis même pas mal sûr) que sans ce genre de réformes les efforts actuels du gouvernement seront vains et il faudra recommencer avant longtemps.

Pour finir tout ça presse, la consommation des ménages compte pour une très grande part de l’économie or compte tenu du taux d’épargne au plancher et de l’endettement très élevé des ménages c’est une bombe à retardement qui peut nous péter en plein face à tout moment. À vrai dire une autre raison pour laquelle nous risquons de revenir à la case départ avant longtemps…

La bombe à retardement???

Les ménages québécois n’ont jamais étés aussi riches, c »est-à-dire qu’ils n’ont jamais eu autant de valeurs devant eux.

Dites moi donc, c’est pour quand quand votre bulle hypothécaire que vous prévoyez depuis 2008? Je m’impatiente!
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« Même chose en santé, avec un monopole figé qui à force de rationnement risque de devenir une honte et un danger public il faut absolument permettre les assurances privées et l’établissement d’un système privé parallèle. »

Comme aux USA voulez dire monsieur!

Les USA sont moitié, moitié. Moitié privé, moitié public. 5000$ au privé, 5000$ au public = plus de 10 000$.

Au Québec c’est moins de 5000$ avec des soins de bien meilleur qualité.

Vos textes du blabla sans référence aucunes.

Du vent!

Les ménages sont endettés parce qu’ils s’endettent, pardi ! Cela n’a rien à voir avec une hypothétique baisse du pouvoir d’achat, puisque celui-ci augmente depuis des lustres.

Tout ce qu’on dit (je ne suis pas le seul, même la BdC dit la même chose) est que l’endettement des ménage représente un risque systémique important au Canada.

Si ce risque se concrétise les finances publiques subiront un choc.

Tout cela est connu et très évident, je ne vois aucun intérêt à essayer de vendre des lunettes roses.

Justement les ménages sont endettés pourquoi pensez-vous ? On veut tout avoir la grosse maison, la grosse voiture. les voyages, le cellulaire le plus moderne alors, on se plaint de ne pas arriver à boucler le budget.On dépense plus que l’on gagne…

Ce que votre article dit :

« Les ménages québécois n’ont jamais été aussi endettés »

Ce titre, c’est déjà de la cueillette de cerises ( picorage) ou cherry picking, si vous voulez parler en anglas.
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Ce que votre lien dit est :

« Dans le même temps, la valeur moyenne de leurs actifs a —CRÛ— considérablement, passant de 295 900 à 544 800 dollars. Malgré tout, relève l’Institut, « on n’observe —PAS— un accroissement de l’endettement des ménages au Québec, le ratio des dettes sur les actifs se maintenant autour de 12 % ».

« L’ISQ note aussi que « les ménages endettés ont tendance à accumuler un plus grand montant d’actifs, ce qui découle pour une bonne part de la valeur ajoutée de la résidence dans le calcul de [leurs] avoirs ».

Finalement vous faites du cherry picking d’une déclaration qui fait cherry picking. Cherry picking par dessus cherry picking.

« Même si ces ratios « tendent à se comparer avantageusement à ceux des ménages ontariens et canadiens », le bilan financier des ménages québécois… »

Donc le bilan des Québécois, si vous savez ce que cela veut dire, se compare économiquement au ROC.

Je vous conseille de ne plus faire ce genre d’intervention, de peine de passer pour un illettré fonctionnel ce qui me décevrait.
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Plus endettés vous écrivez!

« La dette des ménages ontariens atteint 132 876 dollars, contre 82 832 dollars pour celle des ménages québécois. Les ménages ontariens supportent donc un endettement plus élevé de 50 000 dollars. » (Pierre Duhamel)

De toutes façons je fais plus confiance à Pierre Fortin économiste chevronné qui fait toujours des déclarations sans fondements.

« De toutes façons je fais plus confiance à Pierre Fortin économiste chevronné qui fait toujours des déclarations sans fondements. »

J’aurais du écrire: De toutes façons je fais plus confiance à Pierre Fortin économiste chevronné, plutôt qu’à un personnage douteux qui fait toujours des déclarations sans fondements.

Les Québécois sont les Canadiens les moins endettés. Cela est largement dû à leur modèle de développement économique et social où l’État joue un rôle important. Il faut s’en féliciter.

Un petit point sur la dette brute. La dette brute du Québec au 31 mars 2014, selon le Ministère des finances s’établissait à 197,098 milliards soit 54,3% du PIB. Si vos chiffres de 2015 sont exacts (nous ne sommes pas encore rendu au 31 mars), la dette brute se serait accrue en 12 mois de près de 9 milliards de dollars (ce qui représenterais presque 9% du revenu consolidé de la province). Ce qui signifie dans ce cas que malgré les efforts du gouvernement, le poids du déficit public se serait encore accru considérablement depuis une année.

À ma connaissance, l’accroissement des immobilisations dans les infrastructures n’a pas atteint plus de 6 milliards en 2014-2015 (dette brute – déficit 14/15). — J’admets qu’il se peut que ma déduction soit ici incomplète.

Toujours selon les prévisions du ministère public, le déficit cumulé ne devrait s’accroitre de 2014 d’ici 2016 que de 0,3% du PIB. Tandis que la dette brute devrait encore augmenter en valeur absolue mais baisser légèrement en pourcentage de PIB.

Ces chiffres d’ailleurs établissent que malgré la baisse théorique du déficit public, le montant de la dette brute ne cesse de croitre, qu’elle pourrait s’élever aux alentours de 220 milliards d’ici 2020, lorsque nous jouons ici sur des modèles comptables (légitimes certes) qui permettent d’augmenter nos actifs financiers, ce qui par le truchement de l’accroissement du PIB nous permettent de réduire arithmétiquement le poids en terme de pourcentages du déficit cumulé. Montant versus poids.

Quand à toutes fins pratiques la dette du Québec s’accroit pour ainsi dire inexorablement. On n’a alors plus peur dans ce cas, d’une hausse des taux d’intérêts (augmentation du poids du remboursement de la dette) combinée d’une baisse de cote de crédit des grandes agences de notations. Ainsi, le seul déficit toxique serait celui qui consiste seulement à financer les services qui sont offerts à la population. Je dois dire… j’ai comme un petit doute là-dessus et je ne vois rien de libéral en une semblable approche.

La croissance passe volontairement par l’investissement dans les forces vives de la population.

Ici nous constatons que malgré des efforts louables pour assainir les finances publiques du Québec, nous poursuivons toujours par des usages comptables cette atteinte « presque » impossible de l’équilibre réel des finances publiques. Car pour y parvenir, c’est tout le modèle qu’il faudrait définitivement remettre en question. Incluant le modèle canadien au niveau des services de santé. Et nous pourrions pour un temps limité voir notre croissance diminuer.

Il n’est pas certain en cette occurrence que ce « régime minceur » soit le même qui s’adresse uniformément à toute la population. Cela est bien dommage. Nous passons une fois de plus à côté de quelques choses de grand. C’est pourquoi, il ne faudra pas s’étonner outre mesure qu’il y ait quelques mouvements sociaux d’ici ces prochains mois.

— Dites-vous bien que si ce sont les syndicats et les étudiants qui montent au front, ce sont dix fois plus de laissés pour compte qui présentement ne disent mot. Quant à la bonne nouvelle, c’est encore de conclure que pour celles et ceux qui sont déjà mince, ce n’est pas en 2015-16 qu’ils devraient périr d’embonpoint.

5 milliards de déficit en Alberta pour 4 millions d’habitants
C’est comme si le Québec était dans le rouge de 10 milliards!!!

Pour les excités de la dette: le service ne coute plus que 11% du budget vs 16% en 1997.
Plus que jamais le Québec est prêt pour son indépendance.

Faut dire que les taux d’intérêts sont historiquement bas, ça devrait rester pendant encore un moment, mais ce ne sera pas éternel non plus.

Monsieur Duhamel,
On voit de quel côté vous vous situez. Tous vos arguments penche du même bord. On peut pas parler d’objectivité journalistique, mais bien de journalisme d’opinion, voir militant.

Christian Nadeau, faire de la projection. vous connaissez? La très grande majorité de la classe journalistique carbure au journalisme d’opinion.. anti-Couillard, anti-Harper, anti-fédéraliste, pro- indépendance, pro PKP,,,

Ce chapeau vous sied à la perfection.. Mettez-le donc plutôt que de projeter vos préjugés sur ceux qui ne pensent pas comme vous.

« …mais bien de journalisme d’opinion, voir militant. »

Je dirais plutôt de la propagande subtile de la privatisation au profit des grandes entreprises et au dépends des citoyens.

Ce n’est pas une question d’opinion mais bien d’intention.

J’admets que la dette du Québec est très élevée, voire inadmissible.

Vous mentionnez le chiffre de 206 milliards. Mais, en réalité, c’est un peu moins car les Québécois ont investi de milliards dans leur REER. Dans quelques années, les nombreux «baby-boomers» vont se mettre à les décaisser, sous forme de retraits de leur FEER. Ils verseront alors à l’État des sommes considérables. Pour le Gouvernement, cet impôt différé est en quelque sorte un compte à recevoir. Il devrait donc être considéré comme un actif et donc être déduit de la dette.

M. Duhamel, jamais dans vos analyses ne parlez-vous des multinationales et des banques qui ne paient pas d’impôt et des paradis fiscaux. Il faudrait peut-être un peu moins de droite et de donner une juste perspective.

@Christian Nadeau
Très bon article neutre je trouves……..C’est toujours ppartissant quand ça ne respectes pas les propos gauchiste n’est ce pas

Cet article n’est pas une « réflexion ». C’est un « spin » pour défendre le budget libéral. Monsieur Duhamel a le droit d’être libéral, bien évidemment. Je lui suggère cependant d’être aussi transparent que ses anciens collègues souverainistes Lisée et Gobeil qui disait d’emblée à quel camp ils appartenaient. C’est une question d’éthique, me semble-t-il…

« La croissance des dépenses consolidées, excluant le service de la dette, aura été de 2,9 %. C’est toutefois bien mieux que la croissance de 4,7 % enregistrée l’année précédente. »

« Le déficit serait alors de près de 7,3 milliards de dollars en 2015-2016 [s’il n’y avait pas eu augmentation des tarifs/versements] »

« En juin dernier, le gouvernement prévoyait une croissance économique de 1,8 % en 2014. Elle aura été de 1,5 %. »

C’est quand même incroyable qu’avec une augmentation des dépenses de 4,7% et une croissance du PIB de 1%, le PQ ait réussit à finir l’année 2013 avec un déficit de moins de 4G$.

Et par dessus ça, Pierre Duhamel nous dit que les tarifs et les versements aux pharmaciens ont augmenté de près de 5 milliards! (le déficit aurait été de 7,3G au lieu de 2,5G)

…ou bien il y a une erreur de calcul, ou bien ces chiffres cachent des cadeaux plus élevés que ce qui est rapporté ici.

Vous ne mentionnez jamais, mais jamais les échappatoires fiscales, les paradis fiscaux et autres trucs pour payer moins de taxes et d’impôts par les plus fortunés. Il me semble que c’est comme les fuites d’eau dans les vieux tuyaux de la ville de Montréal qui pompent toujours de plus en plus d’eau en demandant aux citoyens de ménager l’eau potable pour compenser de plus en plus de pertes par les vieux tuyaux qui fuient partout.

L’image me semble être exactement la même pour le budget de la province. Le gouvernement demande aux simples citoyens de payer de plus en plus de taxes et d’impôts pour compenser les fuites de toutes sortes qui sont de plus en plus importantes vers toutes sortes d’échappatoires fiscales et de paradis fiscaux.

Alors, pourquoi le gouvernement ne prend-il pas son courage à deux mains et ne s’attaque pas aux fuites fiscales afin de colmater ces pertes énormes une fois pour toutes. Est-ce parce que les gens concernés sont des « intouchables »? Pourquoi est-ce toujours aux contribuables ordinaires à passer à la caisse?

« Alors, pourquoi le gouvernement ne prend-il pas son courage à deux mains et ne s’attaque pas aux fuites fiscales… »

Les jobbinnes de luxe et les enveloppes brunes avec du cash. C’est un microbe qui à envahit la planète.

Les citoyens sont l’antibiotique.

Bonne réflection!