Affaires et économie

Villes au bord de la faillite

Les coûts croissants des régimes de retraite des employés municipaux poussent de plus en plus de villes américaines à jongler avec l’idée de faire faillite.

Villes au bord de la faillite
Photo : FreeDigitalPhotos.net

C’est même ce qu’a réussi à faire Vallejo, une banlieue de San Francisco, qui s’est heurtée à un mur en 2008 à cause du krach immobilier, de la hausse des salaires et de la générosité du régime de retraite offert à ses employés syndiqués : après 30 années de service, les policiers et pompiers y touchent 90 % de leur salaire dès l’âge de 50 ans.

À la surprise générale, le juge a décrété que Vallejo pourrait faire fi des conventions collectives existantes afin de restructurer ses finances. Ce jugement sans précédent aux États-Unis risque d’inciter certaines villes américaines à déclarer faillite pour se libérer de leurs obligations de retraite envers leurs employés, affirment des spécialistes. Ces villes pourraient au passage résorber les déficits de leurs fonds de pension, qui autrement doivent être financés par des réductions des services offerts aux citoyens et des hausses de taxes municipales.

On parle aussi de faillite à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, où le fonds de pension de la Ville accuse un déficit  de 146 millions de dollars depuis la crise financière. Si les coffres ne sont pas rapidement renfloués, la Ville devra y verser chaque année 16 millions de dollars. Une telle dépense pourrait la mettre en faillite ! a dit le maire, Ivan Court, l’an dernier.

À Montréal, pas de faillite en vue, mais beaucoup s’insurgent contre l’augmentation des charges fiscales d’environ 6 % en 2010, dont on tirera 96 millions de dollars pour financer la hausse des dépenses liées aux régimes de retraite. Ce poste budgétaire a gonflé de 123 % par rapport à l’exercice 2009 et représente 17 % du budget de rémunération.