Affaires et économie

« Je veux devenir un fournisseur majeur de services Internet »

Electronic Box fournit des services Internet à plus de 20 000 foyers du Québec et de l’est de l’Ontario.

Palmarès 2013 Leaders de la croissanceElectronic Box

Classement au palmarès des Leaders de la croissance : 3e

Activité : Fournit des services Internet à des clients résidentiels et commerciaux

Chiffre d’affaires en 2012 : 3,9 millions

Nombre d’employés en 2012 : 28

Croissance 2007-2012 : 1 859 %

À 8 ans, Jean-Philippe Béïque vendait de la limonade devant la maison de ses parents, sur la Rive-Sud, près de Montréal. À 28 ans, il rafle des clients aux plus grands fournisseurs de services Internet du pays sans aucune amertume !

Electronic Box fournit des services Internet à plus de 20 000 foyers du Québec et de l’est de l’Ontario. Son chiffre d’affaires a augmenté de 1 859 % durant ses cinq premières années d’existence, ce qui place l’entreprise au troisième rang des Leaders de la croissance, et ce, à sa toute première participation.

Jean-Philippe Béïque (Photo © Christian Blais)
Jean-Philippe Béïque (Photo © Christian Blais)

« Imaginez si plus de gens savaient qu’on existe ! » dit le jeune entrepreneur, qui a débuté dans le sous-sol de ses parents en hébergeant des pages Web avant de fonder la boîte en 2007 avec son associé, Dominic Létourneau, 33 ans.

Jean-Philippe Béïque a du sang d’entrepreneur dans les veines. Son grand-père, Henri Béïque, a cofondé le Carnaval de Québec, a dirigé la Quebec Power, rachetée par Hydro-Québec dans le cadre de la nationalisation de l’électricité, et a participé au développement de la station de ski du mont Saint-Anne.

Il serait sans doute fier de voir son petit-fils jouer dans la cour de Bell, Vidéotron et Rogers. Electronic Box rachète à ceux-ci de la bande passante et la revend à ses abonnés à moindre prix.

En 2011, une décision du CRTC favorisant les plus petits fournisseurs lui donne un coup de pouce supplémentaire. Les grandes entreprises de téléphonie et de câblodistribution doivent dorénavant leur vendre de la bande passante en gros tous les mois plutôt que de les facturer en fonction de l’utilisation de leurs abonnés.

« Cela nous a permis de créer nos propres forfaits, plutôt que de faire un copier-coller des produits de nos concurrents », dit Jean-Philippe Béïque.

Electronic Box a été le premier petit fournisseur à annoncer de nouveaux prix au lendemain de la décision du CRTC. L’entreprise, qui fait sa publicité sur Internet et par l’intermédiaire des réseaux sociaux, a surtout conquis les jeunes familles branchées.

« En général, les gens ont peur de faire le saut vers un petit fournisseur, car ils pensent que c’est moins fiable et que la qualité du service est moindre. C’est faux ! Nous pouvons nous permettre des prix plus compétitifs, parce que nous n’avons pas les mêmes coûts que les gros fournisseurs », soutient-il.

Jean-Philippe Béïque et son associé veulent devenir des acteurs majeurs de cette industrie, mais ils se heurtent à la réglementation, qui maintient les prix élevés dans ce secteur. « Le prix de la bande passante au Canada est réglementé comme celui du lait, alors qu’il tend à baisser ailleurs dans le monde. »

Les deux entrepreneurs devront aussi s’adapter à la technologie sans fil, voie qu’ils examinent avec intérêt, mais dont les fréquences coûtent encore plus cher à acquérir. « Si le CRTC réglemente ces fréquences et permet aux tierces parties de les utiliser, nous pourrons continuer d’offrir une solution de rechange aux consommateurs. Mais pour ça, il faut continuer d’augmenter nos revenus. »