Affaires et économie

Nos champions à l’international : Lallemand

Entreprise dont le siège social se trouve dans l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, Lallemand figure parmi les cinq plus grands producteurs mondiaux de levures.

Chaque année, des dizaines de scientifiques renommés se rencontrent dans une grande région vinicole du monde pour échanger sur des sujets pointus (comme la préservation des arômes du vin) ou sur le type de levures pouvant être utilisées pour limiter la teneur en sucre du jus de raisin et, conséquemment, pour limiter l’augmentation du degré alcoolique des vins — une question cruciale avec le réchauffement des températures.
Blogue Economie

Ce grand symposium a pour nom «Les entretiens scientifiques Lallemand», du nom de l’organisateur de l’événement. Cette entreprise, qui se vante d’être le seul fournisseur capable de produire des levures et des bactéries pour l’œnologie, a son siège social rue Préfontaine, dans l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

C’est une entreprise privée, et la discrétion est totale quand il s’agit de parler d’autre chose que de levures, de bactéries ou d’enzymes.

Voilà ce que l’on sait.

L’entreprise a été fondée à la fin des années 1800 par Frédéric-Alfred Shürrer, surnommé «l’Allemand», un immigrant alsacien arrivé à Montréal en 1870. L’usine de la rue Préfontaine a vu le jour en 1915.

En 1952, Roland Chagnon, un comptable qui assurait la gestion du magasin Dupuis Frères, a acheté l’entreprise. Elle est dirigée depuis 1981 par son fils, Jean Chagnon, un homme très discret. On se souviendra qu’il a fait un don d’un million de dollars à HEC-Montréal, en 2008.

Jean Chagnon a déclaré à cette occasion qu’il n’était pas question que son entreprise s’inscrive en Bourse, parce qu’elle n’avait pas besoin d’argent et qu’il n’avait pas l’intention de vendre. Son fils Antoine devrait normalement assumer la succession de l’entreprise familiale.

Le journal Les Affaires nous apprend que Lallemand emploie 2 600 personnes, dont 300 au Québec. Sur le site d’Industrie Canada, il est écrit que les revenus de l’entreprise sont supérieurs à 50 millions de dollars par année et que plus que la moitié du chiffre d’affaires provient de l’étranger.

Hoovers, le site d’information sur les entreprises, donne 76 millions de dollars de revenus annuels. De l’ordre de 100 millions, ai-je lu ailleurs. C’est dire à quel point l’entreprise tient absolument à garder confidentielles les informations financières la concernant. On sait avec certitude que Lallemand se classe parmi les cinq plus grands producteurs de levures au monde.

Lallemand s’est d’abord spécialisée dans les levures utilisées en pâtisserie et en boulangerie. Une grande partie de ses revenus proviennent toujours de ce secteur, mais grâce à de nombreuses acquisitions, elle est présente dans les domaines de la bière, du vin, des probiotiques, de la santé animale, de l’agriculture et de la pharmacie. Lallemand a des bureaux et des usines dans 36 pays sur les cinq continents.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.