Affaires et économie

WSP – La nouvelle vie de Genivar

Une entrée en Bourse, une soixantaine d’acquisitions, des allégations de corruption, un changement de nom et un plan pour conquérir la planète… Le parcours de la société d’ingénierie WSP Global, connue jusqu’à récemment au Québec sous le nom de Genivar, donne le vertige !

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Pierre Shoiry, président et chef de la direction chez WSP (ex-Genivar) – Photo : Julia Marois

Une entrée en Bourse, une soixantaine d’acquisitions, des allégations de corruption, un changement de nom et un plan pour conquérir la planète… Le parcours de la société d’ingénierie WSP Global, connue jusqu’à récemment au Québec sous le nom de Genivar, donne le vertige !

L’acquisition, en 2012, de la société d’ingénierie britannique WSP — dont Genivar a pris le nom en 2014 — a fait tripler le chiffre d’affaires de l’entreprise québécoise ainsi que le nombre d’employés. Plus de 90 % des revenus de cette dernière, fondée en 1959 à Québec, étaient désormais réalisés à l’extérieur de la province, et près des trois quarts à l’extérieur du Canada. Et c’était avant que WSP annonce l’acquisition, en septembre dernier, de la société d’ingénierie américaine Parsons Brinckerhoff, pour un coût de 1,35 milliard de dollars — un achat financé en partie par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Avec cette acquisition, WSP double sa taille : son chiffre d’affaires bondit à 3,8 milliards de dollars et le nombre de ses employés à 31 000.

L’ambition du président et chef de la direction, Pierre Shoiry, 57 ans, est de faire de WSP l’une des trois plus grandes sociétés d’ingénierie au monde. Avec sa récente acquisition, WSP fait un pas de plus vers cet objectif, passant du 16e au 8e rang.

L’ex-Genivar n’a pas échappé aux scandales de corruption qui ont éclaboussé de nombreuses sociétés d’ingénierie québécoises dans les dernières années. Un ancien dirigeant a reconnu devant la commission Charbonneau avoir mis en place un système de fausse facturation dans le but de recueillir de l’argent pour financer des partis politiques.

Depuis, l’entreprise a révisé son code de déontologie, créé un poste de « chef de l’éthique » et lancé une politique mondiale de lutte contre la corruption. Chaque employé doit suivre une formation sur la conduite à adopter.

« Nous ne pouvons pas renier le passé, mais nous avons adopté des outils pour éviter que cela se reproduise », dit Isabelle Adjahi, directrice des communications et des relations avec les investisseurs.

Au début de 2014, après des mois d’enquête, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a autorisé WSP à conclure des contrats publics au Québec. La société se conformait ainsi à la Loi sur l’intégrité en matière de contrats publics, adoptée en 2012 par le gouvernement du Québec.

WSP n’a pas attendu longtemps avant de recommencer à convoiter de grands projets au Québec. L’entreprise fait partie d’Alliance Saint-Laurent et de KPH Turcot, deux consortiums qui ont déposé des soumissions pour le remplacement de l’actuel pont Champlain et la reconstruction de l’échangeur Turcot.

Activité : Offre des services-conseils en ingénierie
Chiffre d’affaires en 2013 : 2 milliards de dollars
Nombre d’employés en 2013 : 15 000
Ventes hors du Canada en 2013 : 68 %
Croissance 2008-2013 : 420 %