Cicatrices, couche d'ozone et fentanyl
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Cicatrices, couche d’ozone et fentanyl

Les cicatrices laissées par la Première Guerre mondiale, la recrudescence d’un gaz nocif pour la couche d’ozone et le fentanyl vu sous un angle économique.

La terre se souvient

L’année 2018 marque un funèbre anniversaire : 100 ans se sont écoulés depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Bien qu’avec le temps la nature ait repris ses droits, la terre porte toujours les cicatrices des combats. En France et en Belgique, la silhouette des paysages éventrés par les obus et les tranchées témoigne encore de la violence phénoménale qui a entraîné la mort de 18 millions de personnes en Europe entre 1914 et 1918. C’est notamment le cas ici, au mémorial de Beaumont-Hamel, où des centaines de soldats du régiment de Terre-Neuve ont perdu la vie pendant la bataille de la Somme. (Annick Poitras)

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D’où vient ce gaz ?

Un gaz sème l’émoi dans la communauté scientifique, au point que des chercheurs ont mis sur pied une enquête internationale pour en trouver l’origine.

Selon une étude publiée par Nature au printemps dernier, les émissions de CFC-11, l’un des gaz les plus nocifs pour la couche d’ozone, ont augmenté de près de 25 % de 2012 à 2016. La production de cette substance est pourtant interdite partout sur la planète.

Les vieux appareils réfrigérants libèrent du CFC-11 au fil du temps, tout comme certaines mousses isolantes utilisées autrefois dans la construction. Ces sources n’expliquent toutefois pas l’ampleur de la hausse enregistrée ; il semble donc que quelqu’un, quelque part, fabrique de nouveau ce gaz.

Les données pointent vers l’Asie de l’Est, et de nouvelles études sont en cours dans l’espoir de déterminer, puis d’arrêter la source. Il y a urgence, car ces nouvelles émissions de CFC-11 pourraient ralentir substantiellement le rétablissement de la couche d’ozone. (Marc-André Sabourin)

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Mégaprofits

L’une des causes de la propagation du fentanyl est économique. À l’état pur, un kilogramme de cet opioïde synthétique ne coûte que quelques milliers de dollars en Chine. Une quantité suffisante, grâce à la puissance extrême du fentanyl, pour fabriquer des centaines de milliers de comprimés dont la valeur unitaire atteint jusqu’à 20 dollars américains dans la rue ! Aucune autre drogue n’offre une telle marge de profit. (Marc-André Sabourin)

Illustrations : Stéphanie Aubin