On a encore besoin de Pierre-Yves McSween
Affaires et économie

On a encore besoin de Pierre-Yves McSween

Il s’est fait traiter de cheap, de donneur de leçons, de gars plate. Mais le succès phénoménal de son livre En as-tu vraiment besoin ? montre que Pierre-Yves McSween a mis le doigt sur le grand malaise des Québécois à l’égard de l’argent.

Pierre-Yves McSween a écrit son livre de finances personnelles En as-tu vraiment besoin ? en espérant en vendre 10 000 exemplaires — un succès selon les standards québécois. Deux ans après sa publication, l’ouvrage est devenu un phénomène culturel en voie de franchir les 200 000 exemplaires vendus.

Son auteur ne promet pourtant pas la recette pour devenir millionnaire. Le comptable de 39 ans propose plutôt des trucs pour ne pas finir dans la misère. La question « En as-tu vraiment besoin ? » est devenue sa marque personnelle, qu’il répète ad nauseam dans son livre, ses chroniques au 98,5 FM, ses collaborations à La Presse+ et à L’indice McSween, à Télé-Québec.

Sur toutes ces tribunes, Pierre-Yves McSween raille les Québécois qui se plaignent de manquer d’argent, mais qui ne sont pas conséquents dans leurs choix. Vous allez dans le Sud chaque hiver ? Vous roulez dans une voiture de l’année ? Vous vivez dans une grosse maison ? Si vous êtes dans la dèche, c’est votre faute.

Ce discours en énerve plus d’un, et il le sait. « Je suis comme la madame super-fit qui te dit de bien manger. C’est sûr que je tape sur les nerfs. » Le comptable atypique s’en moque ; il est habitué à déranger. Au début de sa carrière, chez Ernst & Young, il faisait déjà jaser ses collègues tirés à quatre épingles avec ses cheveux longs.

Pour certains Québécois, la méthode McSween — directe, crue, drôle et, disons-le, moralisatrice — est peut-être le coup de pied dans le derrière qui manquait pour prendre leurs finances en main. Pierre-Yves McSween, en a-t-on vraiment besoin ? Si on se fie au taux d’endettement des Québécois, la réponse est oui.

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Un comptable qui écrit un livre sur les finances personnelles, ce n’est pas la recette traditionnelle d’un best-seller. Comment expliquez-vous ce succès ?

C’est un livre baveux. Personne n’avait fait ça avant, parler d’argent avec le sourire. Quand quelqu’un parle de finances, d’habitude, c’est un monsieur sérieux en veston-cravate avec les cheveux fraîchement coupés. Moi, je ne fais pas de théorie. Je ne dis pas : voici 10 conseils pour devenir riche — devenir riche, ce n’est pas vrai que c’est à la portée de tout le monde. Mon message, c’est : comment ne pas devenir pauvre. Et mon livre se lit bien. Il a 43 chapitres courts. Tu le mets à côté des toilettes, tu en lis un par jour, et tes finances personnelles vont aller mieux.