Bonnet d'âne pour les municipalités
Affaires et économie

Bonnet d’âne pour les municipalités

L’Institut C.D. Howe évalue durement les grandes municipalités canadiennes quant à leurs budgets et états financiers.

La Ville de Montréal obtient la note de C dans le dernier bulletin annuel de l’Institut C.D. Howe, qui passe au crible les budgets et les états financiers des grandes municipalités canadiennes. C’est encore pire pour Longueuil et la Ville de Québec, qui récoltent un F, ex æquo avec Toronto. L’analyste Farah Omran, coauteure de l’étude, explique ce que les municipalités font de travers.

Les budgets sont généralement incompréhensibles pour le grand public. Pourquoi ?

Les chiffres importants sont souvent enfouis loin dans les documents. Et très fréquemment, le budget de début d’année et les états financiers de fin d’année sont présentés sur des bases comptables différentes. Le budget est fait selon une comptabilité de trésorerie [entrées et sorties d’argent réelles], alors que les états financiers exposent les dépenses majeures d’investissement en les capitalisant sur plusieurs années. Pour les citoyens, il est très difficile de comparer les chiffres et de déterminer si la municipalité a respecté ses cibles budgétaires.

Pourquoi les municipalités procèdent-elles de cette manière ?

Pour se conformer aux demandes du palier provincial. Elles devraient tout de même faire l’effort de présenter les chiffres de manière claire à leur population.

Quels autres problèmes avez-vous observés ?

Les budgets sont parfois votés en retard, alors que l’année est commencée et que des sommes ont déjà été engagées. De plus, de nombreuses municipalités indiquent des revenus nets plutôt que bruts, en excluant les services tarifés et d’autres sources de revenus, et ne mettent l’accent que sur les taxes municipales. Mais elles minimisent ainsi ce qu’elles exigent des citoyens.