27 degrés… Prenons congé !

Une belle journée comme aujourd’hui pourrait être une calamité pour l’économie. Un professeur de l’économie du travail de l’Université de Waterloo, en Ontario a passé en revue des tonnes de statistiques sur l’absentéisme au travail et les bulletins météo de 32 années pour déterminer la température la plus propice aux congés de maladie.

Ce travail de moine a permis une réponse d’une grande précision : l’absentéisme est plus élevé par une belle journée d’été où l’indice humidex (qui prend en compte la chaleur et l’humidité) est de 27,2 degrés et le vent souffle à 14,7 kilomètres à l’heure.

L’anecdote est savoureuse, mais elle illustre le poids de l’absentéisme sur l’économie canadienne. Chaque semaine en moyenne, les travailleurs à temps plein prennent 913 000 jours d’absence au travail et le total annuel atteint 100 millions de jours par année. L’absentéisme est en hausse au pays. Le nombre de jours de congés maladie est passé de 8 à 9,3 jours en moyenne par travailleur entre 2000 et 2011. Le stress au travail et les obligations familiales ont sans doute contribué à la hausse, mais la température est nettement un facteur.

Le professeur Mikal Skutereud a décortiqué les données dans leurs moindres détails. L’article du Globe And Mail consacré à sa recherche nous apprend que les travailleurs syndiqués s’absentent davantage que les non syndiqués. Les syndiqués ont tendance à s’absenter tout au long de l’année alors que les non syndiqués ont plus tendance à choisir les belles journées d’été. Le raisonnement du professeur : les non syndiqués risquent gros en s’absentant et ils veulent que leur absence en vaille vraiment la peine.

Les femmes prennent trois jours et demi de congés maladie de plus que les hommes. Cela s’explique en partie du fait qu’elles travaillent davantage dans le secteur public, un milieu très syndiqué. Il y a aussi les obligations familiales. Les femmes qui ont des enfants d’âge pré-scolaire s’absentent 13 jours et demi par année, six jours de plus que les hommes qui ont des enfants du même âge.

De toute évidence, la responsabilité ultime des enfants repose encore sur les épaules des mères. Les statistiques nous apprennent même que les pères avant des enfants s’absentent moins que leurs confrères de travail qui n’en ont pas.

Les employés du secteur public s’absentent plus d’une douzaine de journées par année, environ 4 et demi de plus que ceux du secteur privé. Les travailleurs syndiqués s’absentent en moyenne 13 jours par an, 5 jours et demi de plus que ceux qui ne sont pas syndiqués.

Que dis la chanson déjà ? « Travailler, c’est trop dur…»

Je suis bien d’accord. Voilà ma dernière chronique avant les vacances. Je vous reviens bientôt.

 

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100 millions de jours de congé
une moyenne de 9,3 par travailleur

Ca veut dire qu’il n’y a que 10,7 millions de travailleurs au Canada???

Or, juste le Québec compte 4 millions de travailleurs.

Est-ce que le prof Mikal Skutereud sait compter?

Outre les obligations famillial et la maladie, la température du québec est souvent bien mauvaise et instable en été. Alors si une journée de travail est aussi LA journée parfaite pour pratiquer « X » activité, et bien « bye bye » patron, pour la journée!

C’est pas plus compliqué et c’est même correct! Ce sont des journées qui peuvent aider à la santé mentale des travailleurs…un chasse dépression!

Le système doit vivre en harmonie avec ces absences.

Comment se fait-il, quand la tendance du temps étant de travailler toujours moins : semaine de 40 heures et moins, semaine de 5 jours et parfois 4, congés payés de plus en plus longs (dépendamment des conventions collectives), sans parler de ce concept populaire qui somme toute vire un peu bord de la « Liberty at 55 »… Comment se fait-il donc, qu’on relève une certaine propension et certaines tendances à l’accroissement des journées chômées pour diverses causes usuellement en relation avec la santé, l’épuisement, le stress et toutes ces choses insidieuses qui viennent miner notre belle qualité de vie ?

Comment se fait-il, que malgré tout cela et tous ces aménagements pour nous octroyer les privilèges d’une vie heureuse, le sens commun fait qu’on n’a malheureusement plus le temps de rien ? Qu’il faut manger toujours trop vite et sur le pouce (d’où d’ailleurs des problèmes digestifs), que le temps imparti tant à nos enfants (pour ceux qui en ont) est toujours plus réduit sans compter celui accordé aux amis qui se font quelquefois de plus en plus rare (parce qu’ils ont pas le temps non plus)….

Comment se fait-il, alors que les statistiques prouvent que nous sommes (collectivement) de plus en plus riches et que nous n’avons encore rien vu en terme de richesse, qu’on soit en même temps de plus en plus endettés de tous bords, tous côtés ?

Avec nos grands spécialistes de tout, je suis bien sûr que nous trouverons très bientôt réponse à toutes ces questions et encore bien d’autres ; qu’avec une petite molécule par-ci, une petite molécule par là, à avaler aux heures des repas et aussi à l’heure du couché… que tout va rentrer bientôt dans l’ordre et que nos contradictions de société seront très bientôt chose du passé. Tous les grands remèdes passent par une adéquate médication 🙂

– Bonnes vacances !

27 a l’humidex, c’est juste un belle journée d’été au Québec.

l’humidex est juste un chiffre – sans unité ou degré Celsius – qui sert a énerve le poils des jambes de présentateurs de météo a la tv.

l’indice de chaleur, d’un autre coté, est à l’opposé du facteur de refroidissement. l’indice de chaleur est mesuré en degré Celsius et représente la température que le corps humain ressent. Rien de très grosses variations juste 1 ou 2 degré Celsius de plus.

Dans le coin de l’Amérique du Nord ou je vis, l’indice de chaleur en été se tient autour des 37-40*C. Ce qui veut dire que la température a l’ombre se tient autour de 37-39*C. La semaine dernière l’indice de chaleur a monté a 44*C pour une température a l’ombre de 41*C.

27 degrés! Il n’y a pas de quoi à s’énerver.
L’hiver dans le sud lorsqu’il fait 35 degrés, per-
sonne ne se plaint. Ici à 27, on se lamente qu’il fait chaud.

Je ne me souviens pas d’avoir pris un congé de maladie ces derniers années mais quand je prends une journée de maladie c’est généralement l’été. L’été me fait terriblement souffrir – allergies, sinus, troubles digestifs, quand ce n’est pas trop de soleil. Je passe plus de temps aux loisirs à l’extérieur l’hiver que l’été. On prévoit qu’il fera 37 degrés à Toronto demain et je passerai la journée au bureau à l’air climatisée.

Si vous avez déjà écouté les Quatre Saisons de Vivaldi, vous remarquerez que le presto du concerto pour l’été est le plus agité du groupe. Vivaldi aussi souffrait beaucoup l’été. J’ai l’impression qu’il y a plus de gens qui meurent lors des périodes de canicule que de froid.

…Ah, ses craintes n’étaient que trop vraies,
Le ciel tonne et fulmine et la grêle
Coupe les têtes des épis et des tiges…

http://www.youtube.com/watch?v=sL_K5Z1DeCc

En passant…

Ceux qui travaillent ici à Toronto et utilisent le train de banlieu recevront un avis par couriel vers midi de GO TRANSIT. La chaleur oblige que l’on ralentisse la vitesse des trains pour des raisons de sécurité : le metal des rails ramoli et les risques de déraillement sont plus élevés. Il faut compter environ 20 à 30 minutes de plus pour le retour à la maison. Au moins on est à l’air climatisé !

En effet, ce professeur en arrache avec les maths: cent millions divisés par cinquante deux semaines, on a beau calculer comme on veut, difficile d’en arriver à la moyenne de 913,000….

En fait, il y aurait du mérite à faire une étude pour voir la fierté qu’on peut avoir pour notre entreprise ou ministère (pour les employés de la fonction publique) est un facteur dans le taux d’asentéisme. Si l’on croit à la mission de notre boîte, si l’on pense que l’on fait une différence au boulot, est-ce qu’on se permet de prendre une journée juste parce qu’il fait beau?

Suivant les chiffres de Statistique Canada, la population active occupant un emploi est au mois de juin 2012 de 17,502 millions. Les dernières statistiques disponibles relatives aux journées perdues (tous sexes confondus) sont de 7,4 journées en moyenne. Elles auraient même baissées depuis 2007 puisque la moyenne se situait à 8,1.

On comprend donc qu’au niveau de l’absentéisme il existe des variations annuelles qui rendent très incertaine la thèse suivant laquelle l’absentéisme serait en augmentation constante depuis 2000 par rapport à 2011.

Sur la base des statistiques du Canada, on pourrait projeter que le nombre des journée chômées pour 2012 pourrait être de près de 130 millions de journées avec une moyenne de 7,4. Avec une moyenne hypothétique de 9,3, le nombre de journées chômées passerait à plus de 162 millions de journées perdues pour l’année. Soit 62% de plus que les chiffres annoncés dans cet article sur 2011.

Pour plus de détails ont peut d’ailleurs télécharger au format « pdf » le rapport du professeur Mikal Skuterud à l’adresse suivante :

http://economics.uwaterloo.ca/~skuterud/Mikal_Skuterud/Research.html

En pratique, l’objectif recherché par cette étude était plutôt de vérifier si les théories suivant laquelle il y aurait une relation directe entre l’efficience au travail et le salaire (efficiency wage theory) se vérifient ou pas. De toute évidence cela se vérifierait, si bien qu’une personne bien rémunérée sur les bases du travail accompli aurait moins tendance à s’absenter qu’une personne rémunérée pour seulement les heures travaillées.

D’autre part l’étude des professeurs Jingye Shi et Mikal Skuterud repose sur un modèle mathématique (modèle de Barmby) et non sur un modèle statistique. C’est ce qui explique selon moi, le fait que les chiffres pris en compte dans cette étude diffèrent sensiblement des données statistiques brutes peu importe qu’elles émanent ou non de Statistique Canada.

L’originalité de ce travail est surtout dans le fait qu’on a pris en compte des variables non conventionnelles telles que la température et le taux (humidex) d’humidité dans l’air, puis on a observé l’influence de ces paramètres en fonction du jour de la semaine, en somme à température élevée égale on s’absente plus le lundi et le vendredi que tout autre jour de la semaine. Allez savoir pourquoi ?

– Conclusion : Si la vulgarisation est en soi une bonne chose, une vulgarisation mal faite finit à terme par dénaturer le produit.

Moi j’affirme qu’on devrait prendre congé ou travailler à domicile chaque fois que le temps (mauvais ou désagréable) l’oblige. L’hiver, les tempêtes sont dangereuses, sans parler du verglas. L’été, on contribue à la chaleur excessive en utilisant notre voiture et en climatisant au max. Si on restait à la maison ces journées, il y aurait moins d’accidents l’hiver et il ferait moins chaud l’été. Ça semble simpliste comme raisonnement mais en ce moment, pendant les vacances d’école et de la construction, il y a pas mal moins de trafic et c’est bien plus agréable. On respire!