5 bonnes nouvelles économiques

Des projets fort excitants sont à prévoir notamment pour les magasins Simons et la bannière Quincaillerie Richelieu, explique Pierre Duhamel.

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Photo : Paul Chiasson/La Presse Canadienne

Chaque jour, on trouve dans les médias ce qui semble être à première vue de petites nouvelles — surtout quand on les compare aux grandes sujets qui marquent la conjoncture, comme la chute du prix du pétrole, la fermeture de chaînes de magasins, la gestion des finances publiques ou le calme plat sur le marché du travail.
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En privilégiant ces grands thèmes, on oublie forcément de parler des entreprises qui vont bien et de projets moins spectaculaires qui ont pourtant une grande importance quand on les met bout à bout.

Juste cette semaine, j’ai recensé cinq nouvelles extrêmement positives pour des entreprises ou des institutions québécoises. Les voici donc. Notez que l’ordre est tout à fait aléatoire.

1. Simons va ouvrir un deuxième magasin à Edmonton

La famille Simons ne semble pas savoir que le commerce au détail est en mutation et que plusieurs chaînes sont chancelantes. Peter Simons a annoncé, jeudi, l’ouverture d’un deuxième magasin dans la capitaine albertaine. Ce nouveau magasin s’ajoute à ceux que l’entreprise de Québec va ouvrir d’ici la fin de 2017 à Gatineau, Ottawa, Mississauga (Toronto), Vancouver et Calgary.

Ces investissements de plus de 100 millions de dollars devraient permettre à l’entreprise de doubler son chiffre d’affaires. La Maison Simons comptera alors 15 magasins, dont huit au Québec.

2. Une valorisation boursière d’un milliard de dollars pour Quincaillerie Richelieu

Quincaillerie Richelieu fabrique, importe ou distribue quelque 100 000 produits à plus de 70 000 clients en Amérique du Nord, dont 6 000 détaillants en quincaillerie. Les autres clients peuvent être des fabricants d’armoires pour les cuisines et salles de bain, des cuisinistes, des ébénisteries et des fabricants de meubles.

Cette semaine, l’entreprise a annoncé que ses profits avaient augmenté de 12,9 % en 2014 et ses ventes de 10,2 % en 2014, pour atteindre 647 millions de dollars. Quincaillerie Richelieu a réalisé cinq acquisitions l’an dernier : trois au Canada et deux aux États-Unis. Ses ventes américaines ont d’ailleurs augmenté de 160 %, à 160 millions de dollars.

Conséquence : la capitalisation boursière (la valeur des actions en circulation) a atteint 1,1 milliard de dollars — en hausse de 23 %.

3. Poka va chercher des millions

Je ne connais pas beaucoup d’entreprises en démarrage (start-up) Web qui soient nées d’une entreprise manufacturière, et encore moins d’un fabricant de biscuits ! C’est pourtant le cas de Poka, une créature des Biscuits Leclerc, à Québec, qui a mis au point un réseau social pour les usines.

L’entreprise technologique a annoncé cette semaine qu’elle venait de boucler une ronde de financement de 2,5 millions de dollars auprès de sociétés de capital de risque et d’investisseurs. On espère faire de Poka le Facebook du secteur manufacturier.

Pourquoi les usines auraient-elles besoin d’un réseau social ? Pour permettre à leurs employés de parfaire leur formation et de partager leurs connaissances. Depuis son implantation chez Biscuits Leclerc, en mai 2013, Poka a regroupé 4 000 vidéos de formation et a permis aux employés de partager les solutions qu’ils ont trouvées pour résoudre certains problèmes.

4. MTY a toujours faim

MTY est le géant québécois de la restauration rapide et des foires alimentaires des espaces commerciaux, grâce à ses 37 bannières (Sushi Shop, Cultures, Madisons, Tiki-Ming, La Crémière…). Fin décembre, l’entreprise montréalaise fondée et dirigée par l’homme d’affaires d’origine chinoise Stanley Ma a avalé trois autres bannières, ajoutant 133 commerces à son réseau de 2 800 restaurants.

L’entreprise, qui a annoncé cette semaine une hausse de 10 % de son dividende, a pris le soin d’assurer ses actionnaires que cela n’empêchera pas l’entreprise de réaliser d’autres acquisitions.

Le chiffre d’affaires du réseau était de 650 millions de dollars après les neuf premiers mois de l’exercice 2014 — une hausse de 26 % comparativement à la même période de l’année précédente.

5. Le port de Montréal se prépare pour l’Europe

Le port de Montréal se prépare pour l’augmentation de trafic qui devrait être générée par le traité de libre-échange avec l’Union européenne. L’Administration portuaire de Montréal (c’est son vrai nom) entend investir 132 millions de dollars pour améliorer ses installations, et le gouvernement fédéral a annoncé cette semaine qu’il y contribuera pour 43,6 millions de dollars.

L’investissement servira notamment à accroître la capacité de manutention des conteneurs et à améliorer la circulation des camions. À tous les jours, ils sont 2 500 qui chargent ou déchargent les marchandises transitant par le port.

On oublie souvent l’importance du port sur l’activité économique à Montréal. Il s’agit d’une véritable plaque tournante du commerce international, qui traite plus de 30 millions de tonnes de marchandises diverses par année. Le port est le deuxième en importance au Canada et le cinquième à l’est du continent.

Et qui sait que c’est une femme, Sylvie Vachon, qui dirige depuis 2009 l’Administration portuaire de Montréal ?

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Ça fait du bien d’entendre parler de bonnes nouvelles dans cette apparente grisaille économique.
Nous avons aussi besoin de voir les bons coups. Bravo à ces entrepreneurs et merci d’en parler.

Bof et après?

Il y a des milliers d’entreprises, il sera toujours possible d’en trouver qui ont du succès.

Entretemps en 2014, en période de reprise économique, il s’est perdu des emplois à Montréal.

On dit que 2015 devrait être mieux à cause de la baisse du CAD qui favorisera les exportations.

Un pt’it deux que ça ne sera pas le cas!