5 choses que votre courtier ne vous dit pas

Pourquoi vous devriez négocier avec votre courtier immobilier, vous méfier de ses conseils réno et plus encore.

Publié dans :
Bien dépenser
Habitation
Des maisons bavardes
Photo : iStockphoto

MAJ (3 mars 2016, 16h04): Notre article a fait réagir l’OACIQ. Leur réaction se trouve au bas de l’article.

1. Il y a des maisons que je ne vous ferai pas visiter.

Le mandat d’un courtier immobilier est de trouver des maisons qui répondent à vos exigences. Mais certains courtiers ont aussi leurs propres exigences, qu’ils font parfois passer avant les vôtres: la hauteur de la commission, par exemple. Des courtiers élimineront d’emblée des propriétés simplement parce que la commission qu’ils recevraient, advenant que vous achetiez la propriété, ne serait pas assez élevée.

2. Je suis ouvert à la négociation.

Le marché de l’immobilier étant très concurrentiel, il est possible de tout négocier — même la commission d’un courtier. Ça ne veut pas dire que tous réduiront le pourcentage de leur commission, mais ils ajouteront peut-être des petits bonis intéressants. Certains d’entre eux pourraient vous offrir gratuitement des conseils sur la valorisation de votre propriété (le fameux home staging). Un service qui peut valoir 250 dollars.

3. Je n’ai pas la science infuse.

Pendant que vous visitez la cour arrière d’une propriété à vendre, votre courtier vous suggère d’y aménager une terrasse. Une fort bonne idée, croyez-vous. Pas sûr. Les règlements municipaux pourraient vous l’interdire. Pour éviter les mauvaises surprises, prenez les suggestions de rénovation du courtier avec un grain de sel. Informez-vous plutôt des règlements en vigueur auprès du service d’urbanisme de la ville.

 4. J’empoche un petit extra.

Votre courtier vous suggère de faire affaire avec tel courtier hypothécaire ou tel inspecteur en bâtiment? Sachez que ces derniers, pour le remercier de cette recommandation, lui versent peut-être une commission. Vous cacher cette information est considéré comme une infraction grave, car la personne qui vous est proposée ne travaillera pas nécessairement dans votre intérêt.

5. Vous voulez vous débarrasser de moi? Bonne chance!

En règle générale, la durée des contrats entre un courtier immobilier et un vendeur est de six mois. Cela peut s’avérer très long si vous êtes coincé avec un courtier paresseux. Insistez pour signer un contrat de plus courte durée, trois mois, par exemple. C’est suffisant, dans la plupart des cas, pour finaliser une vente ou pour vous rendre compte que vous devriez changer de courtier.

Romana King est écrivaine, blogueuse et chef de section pour le magazine MoneySense, en plus d’être courtière immobilière à Toronto.

 

La réponse de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ)

En tant qu’organisme qui règlemente le courtage immobilier et hypothécaire au Québec, nous trouvions nécessaire de vous mentionner que certaines informations véhiculées dans le texte ne reflètent pas la réalité du Québec, qui diffère de celle vécue en Ontario, où l’auteure est courtière immobilière.

  • Par exemple, lorsque l’auteure mentionne que des courtiers peuvent choisir de ne pas présenter des propriétés à leurs clients simplement parce que la commission qu’ils recevraient ne serait pas assez élevée, il est important de savoir qu’au Québec, la Loi sur le courtage immobilier oblige le courtier à présenter à son client l’ensemble des propriétés disponibles sur le marché qui correspondent à ses exigences ou encore, à lui expliquer pourquoi il a choisi de ne pas lui en présenter certaines.
  • Il est aussi indiqué dans l’article, au point 3, de prendre les suggestions de rénovation du courtier avec un grain de sel et que c’est la responsabilité du client de s’informer auprès du service d’urbanisme de la ville. Cette information est inexacte, car le courtier a l’obligation de démontrer l’exactitude des informations qu’il fournit. Donc si le courtier informe son client qu’il serait possible d’aménager une terrasse dans la cour arrière d’une propriété visitée, c’est qu’il a, conformément à ses responsabilités déontologiques, fait les vérifications nécessaires auprès du service d’urbanisme de la ville, pour affirmer une telle chose.
  • Dans le 4e point, on mentionne que si un courtier suggère de faire affaire avec tel courtier hypothécaire ou tel inspecteur en bâtiment, c’est que ce dernier lui verse peut-être une commission. Encore là, en vertu de la Loi sur le courtage immobilier, un courtier se doit de recommander de faire effectuer une inspection complète par un inspecteur en bâtiment. Il peut aussi fournir une liste de professionnels qui respectent les exigences de l’OACIQ. Et si dans certains cas il en reçoit un avantage, sa déontologie l’oblige à en informer son client.
  • Finalement, le dernier paragraphe nécessite une nuance importante. Des solutions sont disponibles pour un client qui désire résilier son entente avec son courtier. Il n’est pas pris en otage tel que suggéré par le texte de madame King.

Maude Bujeault Bolduc
Directrice, Contenus et relations publiques

Sur le même sujet