5 sujets dont on parle peu en campagne électorale

Les libéraux veulent créer des emplois, la CAQ baisser les impôts et le PQ défendre la propriété québécoise des entreprises, mais les partis semblent néanmoins ignorer les grands enjeux économiques du moment.

Chaque parti a son fétiche et l’utilise pour séduire son électorat. Les promesses de création d’emplois ont toujours souri aux libéraux, les électeurs de centre-droit qui votaient pour l’ADQ se trouvent trop imposés et rien n’excite plus les péquistes qu’un engagement nationaliste comme ce fonds de 10 milliards à même l’argent de la Caisse de dépôt pour maintenir la propriété québécoises de certains de nos fleurons.

Les trois partis sont hélas peu loquaces sur des enjeux qui m’apparaissent encore plus importants parce qu’ils risquent d’avoir de lourdes répercussions sur notre niveau de vie.

1. La dette.

Cette question préoccupe les Québécois dans les premiers mois de l’année quand le gouvernement nous prépare à un budget austère et à des hausses de taxes. On nous rappelle alors que l’endettement public du Québec est le plus lourd au Canada et que nous serions très vulnérables si les taux d’intérêt avaient la mauvaise idée de remonter. À partir de chaque mois d’avril, ce dossier ne semble plus être une préoccupation.

Les Québécois ont casqué des milliards de dollars en taxes et droits supplémentaires pour éviter que le bilan ne dégénère davantage. Les partis – qui promettent pourtant tous d’équilibrer le budget – ne se gènent pas pour multiplier les engagements électoraux.

2. Les retraites

Les régimes privés sont dans le trou et les régimes publics sont en train d’en creuser un immense dans les finances publiques du Québec et de ses municipalités. Le Québec vieillit plus vite que ses voisins et fera face à une situation plus délicate. Les partis politiques n’en parlent pourtant pas. Sont-ils conscients du problème ? Ont-ils un plan, outre quelques généralités ?

Quand on parle de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, on ne parle pas de ses responsabilités envers les retraités de l’État et des personnes âgées. Non, on insiste plutôt sur le rôle moteur qu’elle doit jouer dans l’exploitation de nos ressources et la propriété des entreprises. En campagne électorale, la Caisse n’aurait qu’un seul mandat : le développement économique du Québec.

3. La productivité

Voilà le sujet le plus ennuyant qui soit pour un politicien en campagne électorale. Hélas, les chiffres sont assassins. La productivité horaire du travail est passablement moindre au Québec que dans l’ensemble du Canada et beaucoup plus faible qu’aux États-Unis. Cela veut dire que la valeur de ce que nous produisons dans une heure est plus basse ici qu’ailleurs. Bref, si vous avez quelque chose à produire ou un service à rendre, c’est peut-être une meilleure affaire de s’établir ailleurs qu’au Québec.

La richesse du Québec dépend ultimement de sa productivité. Nos politiciens préfèrent faire miroiter des nouveaux emplois que d’annoncer des investissements qui n’en créeront peut-être pas, mais qui assureront la survie d’une entreprise et la sauvegarde des emplois existants.

4. Les subventions aux entreprises

Le Québec en accorde plus que n’importe quelle autre province. Nous sommes les champions incontestables du programme d’aide et du crédit d’impôt. Cela fait-il du Québec la région la plus prospère du Canada ? Loin s’en faut. Nous avons développé une culture d’assistanat qui nous coûte une fortune sans produire de résultats conséquents.

Cela scandalise-t-il nos politiciens ? Aucunement et le PQ et la CAQ veulent un État qui subventionne et aide encore plus les entreprises. Et si on baissait leurs taxes et diminuait leur fardeau réglementaire à la place …

5. L’économie mondiale est dans une situation difficile

Le monde a changé. Les pays émergents prennent de plus en plus de place, l’économie européenne est en désarroi et les Américains ne sont plus ce qu’ils étaient. Nos clients sont en train de changer et leurs besoins aussi.

Le Québec s’est sorti relativement indemme de la dernière récession grâce à des dizaines de milliards de dollars investis pour réparer nos infrastructures et construire de nouveaux barrages électriques. Quels seront les vecteurs de notre croissance économique future ? Pour qui et dans quel secteur travailleront nos jeunes ?

Qu’en pensent ceux qui aspirent à nous diriger ?

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Le vrai problème tant qu’à moi est hors de la portée de nos politiciens provinciaux. Les grandes politiques keynésiennes des gouvernements et banques centrales font en sorte qu’il y a beaucoup trop de créations monétaires depuis longtemps. En s’obstinant à garder les taux d’intérêt aussi bas aussi longtemps, on ne fait qu’empirer le bust qui s’en vient. Les monnaies sont bien parties pour s’effondrer. Je me demande bien comment la monnaie canadienne va s’en sortir dans tout ça.

J’aimerais bien connaître la position des différents partis face au débat austérité/stimulus.

L’autre jour à la radio de Sainte-Marie en Beauce, ils interviewais le maire sortant en poste depuis 10 ans. (il quitte son poste pour un poste important dans son entreprise).

Le gars a dit comment il avait créé des comptes spéciaux pour ramasser d’avance des sous pour les dépenses récurrentes et pour d’autres dossiers important comme l’aréna et l’usine de filtration des eaux. De tel sorte qu’il n’a plus a emprunter beaucoup. C’était de la musique à mes oreilles. Je l’aurais pris n’importe quand comme premier ministre.

Il faut dire que ce n’est pas sorcier. C’est rendu que n’importe quel citoyen sachant gérer son budget dans le vert serait un meilleur candidat que les trois qu’on nous propose actuellement.

Tant qu’il sera plus payant politiquement de promettre des cadeaux emprunter que de gérer les finances sainement, ces l’électorat qui est à blâmer. La mentalité anglo-saxone est tellement différente à ce sujet.

Je fais un parallèle entre le Québec et certains village perdu. Les deux vieillissent, se vident et ne sont pas attirant.

Si cette mentalité ne change pas et qu’en plus on perd une partie de l’argent de ma retraite à jouer au casino avec la caisse de dépôt, je n’aurai plus beaucoup de raisons de rester dans le petit village plate. J’ai 40 ans et je me prépare mentalement à faire mes bagages. Imaginez les jeunes universitaires.

J’ai l’impression que si le prochain gouvernement ne prend pas des décisions éclaires lorsque les vrais problèmes de dette vont commencer à faire mal bientôt, il risque d’y avoir un exode assez spectaculaire des gens qui n’approuvent pas le comportement de leur gouvernement depuis 10 ans. Tous des gens qui savent compter. Tous des « méchant de droite ».

Salut Mathieu Gagné,

Je trouve que tu déculpabilise pas mal nos élus provinciaux. Effectivement il y a des incitatifs à faire comme les autres pays qui s’endettent, mais notre province pourrait-elle au moins ne pas figurer parmi les dix pires pays au monde.

La monnaie canadienne va s’en sortir pas si mal, mais si le Québec devenais pays, on ferait faillite assez vite.

Les 5 sujets que vous abordez n’intéressent probablement pas la majorité des électeurs. Bien que je vous donne entièrement raison. On peut aussi constater que rares sont les spécialistes qui s’entendent sur des solutions.

Ainsi la question de la dépendance du Québec et du Canada par rapport à notre voisin états-unien est connue depuis quelques décennies. Pourtant les efforts pour se tourner vers d’autres marchés ont été limités. Bien sûr, il y a des compagnies comme Bombardier ou plus récemment Couche-Tard qui ont compris qu’il y a nécessité de s’ouvrir sur le monde. Toutefois, leur internationalisation reste fragile et directement liée à la conjecture.

On comprend que si les gouvernements s’étaient vraiment préoccupés de ces questions voici 30 ans ou plus, nous aurions établi des liens solides avec d’autres partenaires et cela aurait un effet positif sur nos vies. Faisons-nous d’ailleurs assez de commerce et d’échanges avec les autres provinces ? Le marché canadien dans son ensemble n’est pas a négliger non plus.

Il y a des défaillances dans le système de gouvernance du Canada. Si ce n’est que ces défaillances semblent tout à fait satisfaisantes pour d’autres. En somme tout dépend toujours de la position spatiale dans laquelle on s’occupe.

Si ce n’est qu’en sport, en économie et en politique les choses sont plus souvent qu’autrement liées a la capacité d’engagement et de motivation du « coach » et… qu’on ne me dise pas que les meilleurs « coaches » sont seulement ceux qui reçoivent les plus grandes gratifications. Car si tel était bien le cas, le Canada n’aurait reçu à peu près aucune médaille olympique à date.

Lorsque la volonté est au rendez-vous, tout redevient possible et les sujets que vous évoquez pourraient aussi devenir autant de défis passionnants qui nous permettraient enfin d’entrer de plein pied dans les merveilleux domaines des aboutissements et des réussites.

Et 10 sujets dont on ne parle pas DU TOUT en campagne électorale: le réchauffement climatique, la protection des écosystèmes, la pollution de l’eau, les maladies liées au vieillissement de la population, la lutte contre le cancer, la lutte aux bactéries résistantes aux antibiotiques, les OGM, les bases de données génétiques, les priorités québécoises en recherche, la culture scientifique… Je continue? 🙂

Ce genre de sujets ne touche pas l’électeur émotif.

Et que penser des baisses d’impôts de la CAQ? Je ne vais pas retenir mon souffle en attendant que ça se réalise…Legault n’est pas Harper.

@Okidoo :

2 choses, soit que vous considérez que tous les pays souverains devraient devenir de simples provinces ou bien que vous considérez les québécois comme moins bons que tous les autres peuples.

Vous avez bien raison M.Duhamel. Mais aucun de ces sujets n’est pertinent si à la base, la corruption mine l’espoir.

C’est une campagne degré zéro, entre monsieur Propre, madame Nette et monsieur Nord….ce dont on ne parle jamais ? Des pauvres…qui n’ont RIEN à attendre de ces crapules, sinon une aumomne…de la répartition de la richesse au Québec ou 1 % de la population possède 50 % de tout, des conditions lamentables du système de santé, des montants astronomiques des subventions, 6 milliards de $ par année, l’équivalent du déficit du Québec, à des entreprises qui n’en on pas besoin (Bombardier. Microsoft, IBM, etc…), etc, etc…

Salut Seb,
Peux tu m’expliquer ça, je ne comprend pas ta 1îère option. Par compte, je comprend que tu puisse penser que je suis pour la 2ème option après ce que j’ai écris. Mais non on est pas si pire que ça. Mais économiquement on est environ les 10 ième pire.

Il serait beaucoup plus simple d’aborder toutes ces questions dans l’optique d’un Québec souverain.
Car la dimension fédérale ajoute un palier de difficulté et rend toute décision dépendante des décisions d’un autre palier.
Pourquoi garder une structure complexe et brinquebalante quand on pourrait faire plus simple.
Bien sûr, je ne vous implique pas dans le « on » car vous devez respecter la ligne éditoriale si vous voulez garder votre job.

Cinq sujets qui m’intéressent beaucoup, mais pas nécessairement dans le même ordre de priorité.
1- Les subventions à elles seules, 6 milliards annuellement. Que font ceux et celles qui reçoivent tout cette argent? Quelles sont les garanties qui s’y rattachent? De l’argent qui s’en va en Ontario ou aux USA, ils achètent des équipements et les déménagent dans d’autres usines.
2- Les retraites? La compagnie ou je travaillais est partie avec 60% de ma caisse de retraite à cause de la règle du 55ans de la Régie des Rentes du Québec. Règle qui avantage les multinationales, c’est carrément du vol.
3- La dette? Si les redevances, les subventions et la fiscalité subissaient une mise à jour. Elle se paierait toute seule à même nos surplus.
4- Ici je m’intéresserais aux nombres de député. Les élus trop nombreux, retraite trop généreuse, indemnité de départ lors d’une démission, dépenses non justifiées…
5- Séparer les chasseurs de fond pour le parti de celui qui octroie les contrats. Les retours d’ascenseur sont devenus monnaie courante. Sa prend un « FIREWALL » entre les deux.

Ce dont on ne parle jamais non plus en campagne électorale, dont on ne parle jamais d’ailleurs que pendant les campagnes de financement de leurs organisations respectives, c’est de l’état des personnes handicapées. Ou des personnes retraitées. De celles qui n’ont pour survivre que la rente de la Régie. Ex-employés non-syndiqués qui cotisaient quand le salaire minimum était à trois ou cinq dollars l’heure, qui ont liquidé leurs petits REER, hypothéqué leur maison et n’arrivent plus à payer le dentiste, la taxe-santé, les médicaments ou les traitements non-couverts mais qui sont encore en vie. C’est invisible la misère. Et c’est facile d’oublier ceux qui n’ont plus de voix pour crier l’injustice du destin.

Vos commentaires sur la dette, les retraites et la productivité seraient beaucoup plus crédibles si vous fournissiez un minimum de références, particulièrement en productivité, au sujet de laquelle j’ai déjà lu que nous l’étions plus que la moyenne des Nord-Américains…

Je crois que, même en termes économiques, le coût monétaire (et moral) de la pauvreté, les écarts de richesse grandissants, la mobilité sociale déclinante, la stagnation ou le recul du pouvoir d’achat depuis 1980 des citoyens n’ayant pas un haut revenu, voilà 4 sujets dont on parle beaucoup moins en campagne électorale que la dette ou les retraites. Mais, plus que tout le reste, je considère qu’il manque surtout de vision, de rêve et d’espoir dans les campagnes électorales. Au lieu de tout ça, il n’y a que faux débats, liste d’épicerie et débats comptables sans jamais remettre en cause les hypothèses de départ. Décourageant.

À Frs Ricard : vous touchez là des points essentiels et sensibles.

Presque tout faire en double parce que nous sommes dépendants est un handicap, n’est-ce pas !

A l’émission les Coulisses du Pouvoir de dimanche dernier on dit que la dette du Canada équivaut à 70% de son PIB tandis qu’au Québec nous sommes à 94%. Elle s’élève a 252 Milliards, soit 31,000$ par habitant. Les intérêts s’élevent a 28.5 millions par jour. Tandis que samedi dernier dans LaPresse cahier « Enjeux » on avance des chiffres de 55% et 51,5%. Quel est le véritable taux d’endettement du Québec. Il semble difficile de se faire une idée avec des chiffres aussi contradictoires. Comment avoir l’heure juste.

Si l’on parle d’indexation des frais de garderie,d’indexation des frais de scolarité, on devait aussi parler d’indexation des rentes de retraite.
Vivre depuis 15 ans avec le même salaire, c’est indécent et c’est dramatique pour plusieurs retraités.
Le PQ a désindexé les rentes de retraite; le PLQ a promis de les réindexer et n’a pas tenu sa promesse et la CAQ n’en parle pas.
En allant voter, à nous de choisir.

On parle beaucoup d.infrastruture.d,entrepriss, ect.
Il serait possible d’appoprter du réconfort aux personnes handicapées, aux femmes qui sont aux prises avec un homme violant, aux aidants naturels qui souffrent physiquement et moralement parce que l’épouse et le mari en ont pour des années à souffir de la démence ou de l’asheimer.
Parlons davantage de problèmes qui touchent les humaines et moins des^problèmes d’asphalte. Merci

Personnes handicapées suite à un accident;
femme au prise avec un homme violent;
Aidant-naturels qui souffrent moralement et physiquement parce que l’épouse ou l’époux est atteint de la maladie de la démence ou de l’asheimer et cela pour plusieurs années,
Parler moins des problèmes d’asphalte et davantage des problèmes qui touchent les humains. Donc il est urgent de parler de la santé,
Merci

je suis bien d’accord avec le fait que nous ne voulons pas voir le gouffre dans lequel notre économie s’enfonce. Pourquoi ne pas modifier les programmes déja existant au lieu de réformer ou faire des promesses. Modifier l’aide sociale, les indemnités de toute sorte de la SAAQ, le RQAP, les garderies. je pense qu’il y a des programmes qui cumulent des dettes à chaque année mais personnes en parlent. Les québecois ne se souviennent de rien et ne veulent surtout pas regarder lucidement la réalité.