5 trucs pratiques pour mieux télétravailler

Un an sans « voir » son équipe de travail, c’est long, très long. Voici cinq trucs pour maintenir la flamme quand les collègues sont loin.

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Au Québec, 26 % des employés travaillent aujourd’hui de chez eux la majorité du temps, selon un sondage réalisé en février par le cabinet de communication publique Navigator. Avant la pandémie, le télétravail ne concernait qu’environ 10 % de la main-d’œuvre québécoise, d’après les recherches de la professeure Diane-Gabrielle Tremblay, de l’École des sciences de l’administration de l’Université TÉLUQ.

Une étude de l’Observatoire sur la santé et le mieux-être au travail (OSMET) de l’Université de Montréal montre cependant que le télétravail est souvent associé à nombre de facteurs menant à l’épuisement professionnel : une charge de travail plus élevée (régler soi-même des pépins informatiques, gérer plus de courriels qu’auparavant, etc.), un rythme plus soutenu, des demandes contradictoires de la part des gestionnaires, un nombre d’heures plus grand, des conflits entre la vie personnelle et la vie professionnelle, etc. Et un récent sondage du cabinet-conseil en ressources humaines Gallup indique qu’en Amérique du Nord, 29 % des télétravailleurs présentent un ou plusieurs symptômes d’épuisement professionnel (se sentir démotivé, irritable, frustré, cynique, incompétent, isolé, etc.).

D’où l’intérêt de recourir à des trucs éprouvés pour mieux télétravailler, donnés par des entrepreneurs dans le cadre d’un atelier d’Expo Entrepreneurs 2021 (EE21). Cet événement qui réunit annuellement quelque 5 000 participants à Montréal a eu lieu cette année en ligne à la mi-mars.

1. La salle à café

Chez Percolab, une coopérative montréalaise de conseil en gestion, les 12 membres sont invités chaque matin à se regrouper dans la salle à café virtuelle, de 9 h à 9 h 30. Il s’agit d’une simple réunion Zoom où ils discutent de tout et de rien, une tasse à la main, comme ils le faisaient auparavant autour de la machine à café.

« Il n’y a aucune obligation, chacun est libre de se rendre à la salle à café », a précisé Denis Côté, responsable de la facilitation et de l’innovation organisationnelle chez Percolab. « Seule contrainte : prévenir de sa présence par l’entremise de la messagerie interne Slack afin que chacun puisse savoir qui il aura la chance de rencontrer s’il décide de venir. »

Point important, la salle ferme au bout d’une demi-heure. Car Percolab a noté que les participants aimaient tellement ces rassemblements que personne n’osait y mettre fin. 

2. La répartition des rôles

Un fléau sévit dans les réunions virtuelles : la multiplication des écrans noirs. Les gens éteignent leur caméra, si bien que celui qui s’adresse aux autres peut avoir l’étrange sensation de parler dans le vide. Déprimant.

Chez Percolab, la plupart des participants aux rencontres Zoom se voient attribuer des rôles. Par exemple, l’un anime la discussion, un autre surveille le temps, un autre prend des notes, un autre encore supervise l’aspect technologique.

« Rendre chacun actif permet de contrer l’impression de subir la réunion », explique Denis Côté.

3. La pause fenêtre

La technique du 20-20-20 est recommandée par l’Association canadienne des optométristes : lorsqu’on travaille devant un écran, il convient d’accorder une pause à ses yeux toutes les 20 minutes en délaissant cet écran pour fixer plutôt un objet à environ 20 mètres de soi pendant 20 secondes.

Laurent Vandwalle, cofondateur de Code Opale, une coopérative de conseil en gestion, a adapté cette technique aux réunions virtuelles. Toutes les 20 minutes, il demande aux participants de faire une petite pause, le temps de se lever, d’aller à la fenêtre et de relever quelque chose d’inusité à l’extérieur (un nuage en forme d’éléphant, un bébé qui éclate de rire dans sa poussette, etc.). De retour à la rencontre, chacun communique aux autres ce qu’il a observé.

« C’est souvent amusant et ça donne de l’énergie aux participants », assure Laurent Vandwalle.

4. Le défi des points communs

Qui dit télétravail dit éloignement physique de ses collègues. Et cette absence de contact en personne est souvent vécue comme un manque.

Pour y remédier, Florine Gelineau, chargée de projet à la relève et au développement au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’économie sociale et de l’action communautaire (CSMO-ÉSAC), suggère de donner un défi à un membre de l’équipe : se trouver un point commun avec chacun de ses collègues — un goût pour les bières de microbrasserie, une passion pour les drones, une toquade pour les romans historiques, etc. Le défi est attribué à un employé lors d’une réunion virtuelle hebdomadaire et le résultat est présenté à tous à la rencontre suivante.

« L’idéal, c’est de demander ça au nouveau venu parce que ça peut contribuer à son intégration. Mais il peut être intéressant également de s’adresser au plus ancien de la gang, car on imagine trop souvent qu’on sait tout des autres, alors qu’il n’y a rien de plus faux », dit, sourire en coin, Florine Gelineau.

5. Le petit tour dehors

On l’oublie à force de travailler à distance, mais il est tout à fait possible de rencontrer ses collègues en personne, pourvu que l’on respecte les normes sanitaires (port du masque, distanciation, etc.). C’est ainsi que chez Snipcart, une jeune entreprise technologique de Québec, il arrive que des employés prennent l’air ensemble, en se promenant à deux. « On jase, on rit, on parle de tout sauf du travail, et ça nous fait un bien fou », se réjouit son PDG François Lanthier Nadeau.

Florine Gelineau suit le même principe avec son idée du « dialogue marché » : « Il m’arrive de tenir des réunions à deux en personne, on discute tout en déambulant dans les rues », dit-elle.

Enfin, chez Percolab, des réunions virtuelles sont parfois organisées… sans ordinateur. « Lorsque le contexte s’y prête (pas de présentation PowerPoint, etc.), chacun a pour consigne d’aller dehors et de participer par l’entremise d’un appel téléphonique. Ce qui peut paraître insolite aux gens qu’on croise, mais bon, ça fait tellement de bien de prendre l’air », explique Denis Côté.

Bref, il suffit de faire preuve d’un peu d’imagination pour nouer des liens fructueux avec les autres.