53% d’«analphabètes fonctionnels»? Voyons voir…

Une affirmation abusive, réductrice et qui manque sérieusement de mise en contexte, dit l’économiste Pierre Fortin.

Photo: klikk/iStock

On entend fréquemment affirmer en mode catastrophe chez nous que « 53 % des Québécois de 16 à 65 ans sont des analphabètes fonctionnels. » Cette affirmation est abusive, réductrice et autocentrée. Elle est abusive, parce qu’en fait un grand nombre de personnes qualifiées d’analphabètes fonctionnelles fonctionnent très bien dans leur vie personnelle, économique et communautaire de tous les jours. Elle est réductrice, parce qu’elle traite sans distinction toutes les catégories d’âge : les jeunes de 16 à 24 ans qui sont encore aux études, les vieux adultes de 45 à 65 ans qui ont marqué le passé et les nouveaux adultes de 25 à 44 ans qui annoncent l’avenir. Elle est autocentrée, parce qu’elle ignore le contexte interprovincial et international.

L’affirmation concernant les 53 % est tirée des résultats pour le Québec de l’enquête du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auprès des populations de 16 à 65 ans de 33 pays en 2012 et en 2015.

Les deux principales compétences mesurées par l’enquête sont la littératie, c’est-à-dire l’aptitude à comprendre et à utiliser les textes écrits, et la numératie, c’est-à-dire l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information mathématique. Pour chacune de ces deux compétences, les répondants sont classés dans l’un ou l’autre de six niveaux d’aptitude, de 0 à 5, en ordre de compétence croissante. Par souci de simplicité, il est d’usage d’analyser les résultats en constituant deux grandes catégories regroupant, d’une part, les niveaux 0, 1 et 2 et, d’autre part, les niveaux 3, 4 et 5. La compétence des répondants de la première catégorie peut tout naturellement être qualifiée de « faible ou insuffisante ». La compétence des répondants de la seconde catégorie peut, à l’inverse, être dite « bonne ou excellente ».

Affirmation abusive

Le consortium scientifique international mandaté par l’OCDE pour surveiller l’enquête du PEICA rejette fermement l’idée qu’il y aurait un seuil fonctionnel ou minimal absolu de littératie ou de numératie qui permettrait de considérer une personne au-dessus du seuil comme compétente (« alphabète ») et en-dessous comme non compétente (« analphabète ») pour faire face aux exi­gences de la société actuelle. Selon le consortium, il n’y a pas de coupure absolue entre l’analphabétisme et l’alphabétisme, mais un continuum de degrés de compétence. On ne trouve nulle mention dans les publications officielles de l’OCDE de l’appellation « analphabètes fonctionnels » qui a été utilisée au Québec récemment pour désigner l’ensemble des répondants dont la compétence est jugée faible ou insuffisante, c’est-à-dire de niveau 0, 1 ou 2.

Par exemple, l’OCDE classe au niveau 2 de compétence en littératie « les adultes [qui] sont en mesure d’intégrer au moins deux informations en fonction de critères, de les comparer, de les mettre en opposition ou d’engager une réflexion à leur sujet, et d’effectuer des inférences de faible niveau. Ils sont capables de parcourir des textes numériques pour localiser et repérer les informations dans différentes parties d’un document. » De même, l’organisme classe au niveau 2 de compétence en numératie « les adultes [qui] sont en mesure de reconnaître et d’agir sur des informations et des concepts mathématiques se trouvant dans différents contextes courants dont le contenu mathématique est assez explicite ou visuel, avec relativement peu de distracteurs. Les tâches peuvent demander de procéder en deux étapes ou plus, et par exemple d’effectuer des calculs avec des nombres entiers et des nombres décimaux, des pourcentages et des fractions, des mesures et des représentations spatiales simples, des estimations, et d’interpréter des données et des statistiques relativement simples dans des textes, des tableaux et des graphiques. »

Nous savons tous qu’un grand nombre de personnes qui satisfont tout au plus à ces critères de niveau 2 pour la littératie ou la numératie fonctionnent néanmoins très bien dans leur vie personnelle, sont économiquement productives et contribuent positivement à leur communauté. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre qu’il est passablement exagéré d’appeler ces gens « analphabètes fonctionnels ».

Affirmation réductrice

La question du vocabulaire étant réglée, je veux surtout m’employer à juger la portée réelle des résultats québécois de l’enquête du PEICA 2012 de l’OCDE en les plaçant dans un juste contexte générationnel et international. Cela va permettre de démontrer que l’affirmation voulant que la compétence de 53 % des Québécois de 16 à 65 ans soit faible ou insuffisante est réductrice et autocentrée.

Mesurer les habiletés cognitives d’une population en mettant tout le monde dans le même sac sans égard à la génération et à la catégorie d’âge à laquelle chacun appartient est grossièrement réducteur. Cela empêche de porter un diagnostic juste et précis sur la situation et l’évolution véritables de la littératie et de la numératie et d’y apporter les correctifs appropriés si nécessaire. Pour évaluer ce que les résultats de l’enquête du PEICA signifient, il faut voir dans quelle mesure la maîtrise des compétences est différente selon qu’on est jeune ou vieux.

À cette fin, le tableau 1 décompose les résultats de l’enquête pour les répondants de 16 à 65 ans du Québec en trois grandes catégories d’âge : les 16 à 24 ans, les 25 à 44 ans et les 45 à 65 ans. Il rapporte séparément, pour chaque catégorie, les pourcentages des répondants québécois dont les compétences en lecture (littératie) et en mathématiques (numératie) ont été jugées « bonnes ou excellentes », c’est-à-dire classées aux niveaux les plus élevés (3, 4 ou 5) de compétence.

Tableau 1. Pourcentages des répondants de 16 à 24 ans, de 25 à 44 ans et de 45 à 65 ans du Québec dont les compétences en lecture (littératie) et en mathématiques (numératie) ont été jugées bonnes ou excellentes (niveaux 3, 4 ou 5 de compétence) dans l’enquête du PEICA 2012 de l’OCDE

Catégorie d'âge Littératie Numératie
Les 16 à 24 ans 51 % 50 %
Les 25 à 44 ans 58 % 54 %
Les 45 à 65 ans 36 % 33 %
Ensemble des 16 à 65 ans 47 % 44 %

Source : Institut de la statistique du Québec.

Le chiffre de 47 % pour la littératie dans la dernière ligne du tableau 1 correspond exactement à l’affirmation sous examen voulant que 53 % des Québécois de 16 à 65 ans fussent des « analphabètes fonctionnels ». Car en effet, si 47 % ont une compétence bonne ou excellente (de niveau 3, 4 ou 5), cela veut dire que les autres, soit 53 %, ont une compétence faible ou insuffisante (de niveau 0, 1 ou 2). De son côté, le chiffre de 44 % dans la dernière ligne signifie que 56 % des Québécois de 16 à 65 ans seraient, pour ainsi dire, des « analphabètes mathématiques ».

Les données du tableau 1 présentent le profil des compétences par âge en 2012. Il est très caractéristique : pour la littératie comme pour la numératie, le niveau de compétence augmente quelque peu lorsqu’on passe du groupe des jeunes de 16 à 24 ans à celui des nouveaux adultes de 25 à 44 ans, puis il chute de façon prononcée quand on transite au groupe des adultes d’âge mûr de 45 à 65 ans. Au départ, les compétences des jeunes de 16 à 24 ans progressent à mesure qu’ils avancent en âge parce qu’une forte proportion d’entre eux est encore aux études. Par exemple, en 2016, 68 % des jeunes de ce groupe au Québec et 61 % dans les autres provinces canadiennes étaient étudiants. De l’autre côté du spectre, lorsqu’on passe du groupe des 25 à 44 ans à celui des 45 à 65 ans, la dégringolade des compétences bonnes ou excellentes est magistrale. La chute est de 22 points de pourcentage en littératie (de 58 % à 36 %) et de 21 points en numératie (de 54 % à 33 %).

Pourquoi y a-t-il une différence si marquée  entre les niveaux moyens de compétence des 25 à 44 ans et ceux des 45 à 65 ans ? Deux facteurs se conjuguent. Le premier abaisse la performance des 45 à 65 ans : l’âge qu’ils ont. À partir du milieu de la quarantaine, plus on vieillit, plus les compétences en lecture et en mathématiques s’affaiblissent. Pas très vite, mais continuellement. Difficile de « réparer des ans l’irréparable outrage. » Le second facteur accroît la performance des 25 à 44 ans : la génération à laquelle ils appartiennent. Les niveaux de compétence des Québécois se sont améliorés avec le temps. Les taux de littératie et de numératie des 25 à 44 ans d’aujourd’hui sont supérieurs à ceux qu’affichaient les 45 à 65 ans d’aujourd’hui lorsqu’ils avaient eux-mêmes 25 à 44 ans il y a 20 ans. La performance des nouveaux adultes d’aujourd’hui est donc meilleure que celle des « vieux » adultes d’aujourd’hui pour deux raisons qui s’additionnent : à la fois parce que ces vieux adultes ont pris de l’âge et parce que les niveaux moyens de compétence des nouveaux adultes ont progressé de génération en génération.

Comment sait-on que les niveaux moyens de compétence des Québécois en lecture et en mathématiques se sont améliorées de génération en génération au cours des dernières décennies ? On le sait parce que le niveau moyen de scolarité atteint par les 25 à 44 ans a constamment augmenté et que la recherche contemporaine a démontré à répétition que les niveaux de compétence en lecture et en mathématiques sont fortement influencés par le nombre d’années d’études complétées.

Le graphique 1 résume l’évolution du niveau moyen de scolarité des 25 à 44 ans du Québec depuis 1990 en suivant deux sous-groupes de cette catégorie d’âge : ceux qui n’ont acquis aucun diplôme (les décrocheurs permanents) et ceux qui ont obtenu un diplôme au-delà du secondaire (professionnel, collégial, technique ou universitaire). On y constate, d’une part, que le taux de décrochage permanent a énormément baissé depuis 25 ans, étant passé de 27 % en 1990 à 8,5 % en 2016 ; et, d’autre part, que la détention d’un diplôme au-delà du secondaire a considérablement augmenté, étant partie de 43 % en 1990 pour atteindre 77 % en 2016.

La conclusion qui s’impose est que ce ne sont pas les niveaux de compétence de la population entière des 16 à 65 ans qui permettent de bien juger le point où le Québec est présentement rendu en matière de littératie et de numératie, mais bien plutôt ceux de la population des jeunes adultes de 25 à 44 ans. Les 16 à 24 ans sont en formation, ils ne sont pas encore arrivés à maturité et leurs niveaux de compétence à l’entrée dans la vie adulte sont encore inconnus. Les 45 à 65 ans, eux, relèvent du passé plutôt que du présent. Ils ont connu un déclin naturel dû à l’âge, tout en formant une génération qui a été moins nombreuse que les 25 à 44 ans d’aujourd’hui à avoir affiché des niveaux de compétence bons ou excellents au départ lorsqu’ils avaient eux-mêmes 25 à 44 ans il y a 20 ans. On sait enfin que les niveaux définitifs de littératie et de numératie de chaque génération sont atteints au milieu de la vingtaine et demeurent stables au moins jusqu’au début de la quarantaine, avant de fléchir par la suite. Cela établit sans conteste les niveaux de compétence du groupe des 25 à 44 ans comme les meilleurs indicateurs contemporains en la matière.

Affirmer que la compétence en littératie est bonne ou excellente pour seulement 47 % des Québécois de 16 à 65 ans et faible ou insuffisante pour 53 % d’entre eux informe mal sur la réalité présente. C’est grossièrement réducteur. La façon juste et précise d’évaluer la situation, selon les données du tableau 1, est de se concentrer sur les compétences du groupe phare des 25 à 44 ans, dont la compétence en littératie était bonne ou excellente pour 58 % d’entre eux et faible ou insuffisante pour 42 % selon l’enquête du PEICA 2012. Une remarque identique s’applique à l’évaluation de la numératie.

Affirmation autocentrée

On peut trouver réconfortant de pouvoir affirmer que « seulement » 42 % de nos jeunes adultes ont un niveau de littératie faible ou insuffisant plutôt que d’entendre répéter continuellement qu’une majorité de 53 % de notre population totale est « fonctionnellement analphabète ». A priori, cependant, 42 % est un chiffre qui peut encore faire peur.

Comment donc juger si c’est un gros ou un petit chiffre ? On ne peut le savoir en restant autocentré. Pour bien se connaître et se comprendre, il est essentiel de se comparer aux autres. Faisons-nous mieux ou pire qu’ailleurs ? À quel rang le Québec se classe-t-il en littératie et en numératie au niveau interprovincial canadien et au niveau international ? Faute de répondre adéquatement à cette question, toute affirmation centrée uniquement sur nos propres résultats va aller pourrir dans la poubelle des éphémérides médiatiques, parce qu’elle ne dira pas si nous devons nous en inquiéter ou non ni comment nous devons réagir en tant que parents ou en tant qu’artisans de notre système d’éducation.

Le tableau 2 compare les niveaux de littératie et de numératie des 25 à 44 ans du Québec à ceux des 24 pays avancés de plus de 3 millions d’habitants qui ont participé à l’enquête du PEICA en 2012 ou en 2015. Essentiellement, il établit que les pourcentages des jeunes adultes québécois qui sont jugés bons ou excellents en littératie et en numératie (respectivement 58 % et 54 %, tel que rapporté au tableau 1) sont voisins de ceux des autres provinces canadiennes (59 % et 52 %) et des médianes des 24 pays avancés (57 % et 54 %). Le Québec se trouve au milieu du peloton : il fait mieux que la moitié des pays et moins bien que l’autre moitié. Trois pays font le podium dans les deux champs de compétence : le Japon, la Finlande et les Pays-Bas. Les pays scandinaves (Suède, Norvège et Danemak) et la Flandre belge suivent de près. Fait notable, le Québec fait aussi bien que l’Allemagne et la Corée du Sud et mieux que les cinq autres très grands pays : l’Angleterre, la France, les États-Unis, l’Espagne et l’Italie. (L’ascension de la Corée du Sud et de Singapour depuis deux décennies est également remarquable, mais elle n’est pas mise en lumière par les données du tableau 2.)

Tableau 2. Pourcentages de la population de 25 à 44 ans dont les niveaux de littératie (compétence en lecture) et de numératie (compétence en mathématiques) ont été jugé « bons ou excellents » au Québec et dans les 24 pays avancés de plus de 3 millions d’habitants qui ont participé à l’enquête du PEICA de l’OCDE en 2012 ou en 2015

Pays ou région Littératie Numératie
Québec 58 % 54 %
Pays du « G9 »
Japon 82 % 71 %
Corée du Sud 60 % 51 %
Canada (excluant le Québec) 59 % 52 %
Royaume-Uni (Angleterre seulement) 55 % 47 %
Allemagne 54 % 56 %
France 51 % 46 %
États-Unis 49 % 39 %
Espagne 40 % 36 %
Italie 35 % 36 %
Pays nordiques
Finlande 76 % 71 %
Suède 67 % 64 %
Norvège 66 % 63 %
Danemark 61 % 64 %
Autres pays d'Europe
Pays-Bas 70 % 64 %
Belgique (Flandre seulement) 61 % 63 %
République tchèque 57 % 58 %
Slovaquie 57 % 58 %
Autriche 55 % 57 %
Irlande 51 % 42 %
Grèce 32 % 33 %
Australasie et autres pays d’Orient
Australie 62 % 51 %
Nouvelle-Zélande 61 % 53 %
Singapour 53 % 55 %
Israël 44 % 43 %
Ensemble des 24 pays
Médiane 57 % 54 %

Note : Les pays « avancés » sont ceux qui sont désignés comme tels par le Fonds monétaire international. Les pays du « G9 » comprennent ceux du G7, inscrits au tableau, plus l’Espagne et la Corée du Sud, dont les revenus intérieurs sont maintenant supérieurs à celui du Canada. La compétence d’un répondant est dite « bonne ou excellente » si elle est jugée de niveau 3, 4 ou 5 selon les critères de l’enquête du PEICA.

Sources : OCDE; ISQ; estimation PF.

La comparaison internationale qu’effectue le tableau 2 corrige l’affirmation autocentrée au sujet de la majorité d’« analphabètes fonctionnels » qui domineraient le Québec. Elle place les résultats québécois dans une perspective beaucoup plus équilibrée. D’une part, elle démontre que la panique qui s’est répandue récemment au Québec au sujet de nos taux de littératie et de numératie dans l’enquête du PEICA n’est absolument pas justifiée. Tout particulièrement, que le Québec fasse aussi bien ou mieux que tous les pays du G7 sauf le Japon n’est pas rien. Mais, d’autre part, la comparaison nous invite implicitement à redoubler d’efforts pour nous hisser au-dessus de la médiane et aller rejoindre les pays les plus performants, comme le Japon justement, la Finlande, les Pays-Bas, la Scandinavie, la Flandre, la Corée du Sud et Singapour.

Et l’avenir ?

Les compétences en littératie et en numératie des générations de jeunes adultes de 25 à 44 ans du Québec vont-elles continuer à s’améliorer dans l’avenir ? On pourrait le croire, au vu des résultats obtenus par les jeunes du Québec dans les enquêtes périodiques du Programme international de suivi des acquis (PISA), géré lui aussi par l’OCDE. Ces enquêtes mesurent à tous les trois ans les compétences en lecture, en mathématiques et en sciences des élèves de 15 ans inscrits dans les écoles secondaires, soit dix ans avant qu’ils atteignent l’âge de la maturité cognitive (25 ans). La dernière enquête, celle du PISA 2015, a couvert 72 pays (voir le rapport officiel pour le Canada).

Les résultats obtenus par les 15 ans du Québec en lecture et en mathématiques dans les cinq enquêtes du PISA réalisées en 2003, 2006, 2009, 2012 et 2015 sont stables et relevés. Leur validité statistique a été confirmée par le consortium scientifique international qui supervise les opérations, y compris pour 2015 alors que le taux de participation des écoles québécoises a malheureusement été faible (voir l’Annexe A du rapport officiel de 2015, et une analyse supplémentaire). En moyenne pour ces cinq enquêtes, parmi les 24 pays avancés retenus au tableau 2, les élèves québécois se sont maintenus au 5e rang en lecture (derrière les Sud-Coréens, les Finlandais, les Singapouriens et les autres Canadiens) et au 3e rang en mathématiques (derrière les Singapouriens et les Sud-Coréens).

La performance des élèves de 15 ans du Québec dans les enquêtes du PISA n’annonce aucune dégradation tendancielle des compétences des jeunes Québécois. Mais, pour rassurante qu’elle soit, cette bonne performance jusqu’ici ne peut encore rien dire de définitif sur l’évolution future des taux de littératie et de numératie de nos 25 à 44 ans. Tout va dépendre du cheminement des compétences de nos plus jeunes après l’âge de 15 ans. La progression va se poursuivre si, et seulement si, leur taux de décrochage permanent continue à diminuer et leur taux de diplomation au-delà du secondaire continue à augmenter, comme cela a été le cas jusqu’en 2016 selon l’illustration du graphique 1.

Redoubler d’efforts en éducation doit faire partie de la batterie des politiques publiques les plus importantes pour le présent et l’avenir, avec l’investissement en recherche fondamentale, la restauration et le développement de nos infrastructures, le redressement qualitatif de nos services de garde éducatifs à l’enfance et la prévention en santé.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

23 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Avec la venue d’Internet et autres medias publics, nous sommes maintenant en mesure de constater à quel point les Québécois qui s’expriment publiquement peinent à écrire correctement des phrases complètes avec un sujet, verbe et complément. Et c’est sans compter les innombrables fautes de syntaxes et d’orthographe avec lesquelles ils nous abreuvent et si vous avez le malheur de leur faire remarquer bien poliment la chose, vous serez assailli de commentaires haineux vous traitant d’élitiste, de snobinard, etc…

Et c’est sans parler de la façon qu’ils s’expriment verbalement… Je suis allé à plusieurs reprises en France et le Français moyen s’exprime drôlement mieux que le Québécois moyen. Et de loin!

On a beau tenter de triturer les statistiques pour se donner le beau rôle, il n’en demeure pas moins que les résultats finaux que nous pouvons tous lire et entendre dans les medias publics sont désolants, et ne pas reconnaître clairement ce fait nous prive d’entreprendre la première étape des correctifs que nous DEVONS apporter à notre système d’éducation, soit de reconnaître qu’il y a un problème.

Nous nous prétendons être de grands défenseurs de la langue française mais en réalité, nous lisons peu et nous la massacrons et la saccageons à qui mieux mieux et le fait que l’État nous entoure, nous cajole et nous protège de façon presque paralysante et oppressive y est probablement pour quelque chose.

Autrefois, seule une petite minorité continuait ses études. Les exigences étaient peut-être plus élevées mais le reste de la population était de niveau très variable.

Aujourd’hui, l’internet est tellement répandu que même une personne qui ne maîtrise pas sa langue va quand même écrire. De l’autre côté, l’internet permet à plusieurs de pratiquer le Français, pourvu qu’ils fassent des efforts.

Pour ce qui est des Français de France, ils n’ont tout simplement pas le même Français que nous. Nous avons nos mots et notre façon de dire les choses qui ne correspondent pas au Français officiel. De plus, nous avons des calques de l’anglais quand ce n’est pas tout simplement des mots.

S’il est question de comparer la façon des Français,es de parler le française à la façons des Québécois,es de parler… québécois,es, il serait abusif de prétendre que les Français s’expriment « mieux » que les Québécois,es. Les Français,es maîtrisent certes mieux la langue française, mais cela ne veut pas dire qu’il,elles s’expriment mieux… en soi.

Est-ce que les personnages de Michel Tremblay s’expriment moins bien que ceux d’un,e auteur,e français,e. Je ne pense pas. Il,elles s’expriment dans une langue différente, un français différent. Ce que tend à gommer la culture hyperconnectée actuelle. Les jeunes générations de Québécois,es n’ont quasiment rien à envier aux jeunes générations françaises.

Il faut écouter les jeunes générations s’exprimer en français et elles le font de manière beaucoup plus sophistiquée, structurée, que ne pouvaient le faire les générations précédentes. Elles ont au secondaire aujourd’hui un niveau de langage des universitaires d’autrefois.

Il faut aussi prendre en compte le fait que nous partons de loin. D’une société fermée, autoritaire, où le commun n’avait pas droit de parole, là où seul les clercs patentés avaient droit de s’exprimer. Il a fallu du temps pour libérer la parole, à ne plus craindre le fait de prendre la parole, de s’exprimer en son non personnel. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer sans se tromper que avons rattrapé de manière spectaculaire le temps perdu.

Le fait de s’exprimer, mal ou bien, permet de s’exprimer de mieux en mieux, de manière plus libre et fluide… Le fait d’avoir à écrire des textos, des twits, permet de pratiquer la langue écrite de manière autrement plus courante qu’antérieurement. Ce qui est un plus significatif. C’est en forgeant qu’on devient forgeron…

@ Dany Leblanc:

Je ne parlais pas de l’époque depuis longtemps révolue où les Canadiens-Français avaient peu accès à l’éducation. Je vous parle d’aujourd’hui, en 2017.

Allez lire les commentaires des « citoyens engagés » dans les différentes tribunes. Un tel massacre de notre langue perpétré AUJOURD’HUI est tout simplement sidérant et qui plus est, venant de gens qui se prétendent « grands défenseurs du Français »!!!

Ça en dit très long sur notre système d’éducation ainsi que sur les priorités que nous nous donnons (près de 50% d’analphabètes fonctionnels au Québec? J’y crois!!!).

Je persiste et je signe: les citoyens Français MOYENS ont, et de LOIN, une maîtrise de la langue française qui les fait passer pour des érudits cultivés ici. La souplesse de leur language, la diversité des adjectifs qu’ils utilisent, la construction de leurs phrases, la clarté de leurs expressions, bref, ils nous font verdir d’envie. Ici, au Québec, nous n’utilisons qu’une infime partie des mots que la langue française nous fournit (nous en utilisons de moins en moins) et le Québécois moyen est pauvre au niveau du langage et surtout de l’écrit et ça peut facilement se constater à tous les jours.

Il est important d’augmenter le taux de scolarisation, c’est certain. Mais il serait peut-être bon de contrôler les raccourcis journalistiques concernant les données scientifiques, et ce dans tous les domaines. Je me souviens d’un travail qu’un professeur nous avait demandé concernant le taux de chômage : comparer un titre de journal accrocheur et lire les 40 ou 50 pages du rapport mensuel de Statistique Canada, en 10 points, sur le sujet.

Nota : On peut télécharger plus directement l’étude faite par l’OCDE : « L’importance des compétences » en accédant au site de l’OCDE par le lien suivant :
http://www.oecd-ilibrary.org/education/l-importance-des-competences_9789264259492-fr

****
« Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage,
Pour réparer des ans l’irréparable outrage. » — Jean Racine : Athalie.

L’une des questions qui bien sûr est posée : C’est notre capacité de traitement de l’information comme adultes. Hors, c’est un secret de polichinelle que nous ne sommes pas tous égaux dans ce domaine-là. La capacité de traitement de l’information n’est pas seulement liée à la littératie et la numératie elle est due entre autre à l’entraînement et diverses capacités de mémorisation.

Donc se sont plutôt nos capacités cognitives qu’il faudrait étudier.

Prenons le texte de monsieur Fortin. — Est-ce que nous allons tous le comprendre de la même façon ? Est-ce que nous allons saisir les données identiquement ? Est-ce que nous sommes tous également capables de développer un esprit critique (dans un sens positif) et analytique face à ces données ?

Est-ce que celles ou ceux ou les organes de presse qui diffusent l’information en vertu de laquelle nous serions en général des « analphabètes fonctionnels », le font-ils à dessein ? — Suivant cette hypothèse, c’est le choix de la formule et des mots qui pourraient paraître inadéquats.

Aujourd’hui il existe une sorte de syndrome en partie dû à la « Googlelisation » de la société en vertu duquel il suffit de faire une petite recherche sur un « moteur » pour que la personne qui a recherché, se trouve comme tout-à-coup investie de toute la connaissance sur le sujet….

Impossible dans ce cas de dialoguer puisque dans ce cas le pouvoir « Googleéen » devient carrément totémique.

Ce qui donc devient compliqué, ce n’est pas tant la littératie et la numératie des uns et des autres mais bien la puissance de la pensée magique que confère Internet aux uns et aux autres.

S’il existe une sorte « d’analphabétisme fonctionnel », c’est bien à ce niveau-là, car la recherche de données ne signifie pas la compréhension de toutes les données trouvées et moins encore la capacité d’analyser (de manière constructive) l’ensemble de ces données. Pas plus qu’elle n’atteste d’un temps suffisant passé à lire et comprendre les données.

Même des personnes ayant reçu une éducation, ne sont pas toujours capables d’articuler les données par paquets. Comprendre un mot dans le sens d’une phrase, comprendre l’ensemble des phrases dans un paragraphe, comprendre le sens général du texte, le placer dans son contexte, etc. D’un point de vue mathématique, ce que comprennent rarement les gens ce sont les articulations.

Je dois ajouter que des phrases comme celles-ci m’interpellent : « Les 45 à 65 ans, eux, relèvent du passé plutôt que du présent. » (sic) ; à ce titre le ne suis pas du tout sûr que le saucissonnage par grosses tranches d’âge : 16-24, 25-44 et 45-65 serve réellement à étayer cette thèse qui nous est offerte dans ce cadre rédactionnel par Pierre Fortin.

— Il faudrait en conclure dans ces conditions que j’appartiens à la chose passée, que je suis de facto de la seule « vraie » catégorie d’analphabètes fonctionnels, celle des 45-65 ans ; ce que cherche à démontrer — ici et avec brio -, l’économiste et chroniqueur Pierre Fortin dans ce modeste billet qui est peut-être (ma foi) un peu trop « centré » sur les 25-44 ans. Comment se comportent exactement les 25 ans par rapport aux 44 ans et six mois ?

Gloire donc à monsieur Fortin pour savoir désormais où je me situe et ce vers quoi je m’achemine inexorablement. Dans une prochaine chronique peut-être pourrait-il nous expliquer quelles sont exactement ces étapes qui devraient nous conduire au « déclin ». Aussitôt que possible, car je pourrai tout aussi bien par la suite ne plus comprendre justement la suite. Pour autant que mon niveau de numératie et de littératie m’ait permis de comprendre quoique ce soit à cette chronique là….

Voilà une mise en contexte et des données utiles pour comprendre un sujet qui revient régulièrement dans les médias. J’ai toujours été effarée par le taux d’analphabétisme fonctionnel au Québec et cette analyse nous aide à y voir plus clair et à prendre le poul réel de la situation.

Enfin un chercheur qui dénonce cette énorme incurie martelé sans cesse par les Marie-France Bazzo et les Lise Ravary.
Bravo M. Fortin

Petit oubli: 31 % des personnes de niveau 1 sont des personnes immigrantes (16 à 65 ans). Autrement dit: on importe des analphabètes
https://www.fondationalphabetisation.org/analphabetisme-les-causes/fausses-croyances/

Vous ne prenez qu’une seule phrase dans l’étude qui fait votre affaire, vous auriez dû, étant honnête de reproduire les deux phrases qui suivent la phrase que vous avez reproduite qui se lit comme suit :

« Par ailleurs, ces personnes ont souvent de très bonnes compétences en lecture et en écriture dans leur langue maternelle. Elles éprouvent des difficultés en français et ont alors davantage besoin de francisation que d’alphabétisation. »

« Les personnes immigrantes sont souvent plus scolarisées que la moyenne des Québécois. En effet, la scolarisation constitue un critère important pour obtenir le droit d’immigrer dans la province. »

En fait, depuis les années 60, la presque majorité des migrants parlent au moins 3 langues au Québec, le français, l’anglais et leur langue maternelle alors que seulement 13% des Québécois en parlent deux, de façon fonctionnelle selon le dernier recensement de Statistiques Canada.

@roger
C’est un organisme politiquement correct. Faut décoder.
Avez-vous entendu parler des tests de conduite offerts aux Népalais dans leur langue? Certains l’ont échoué 20 fois!

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/477393/des-refugies-peinent-a-passer-le-permis-de-conduire
En octobre, Le Devoir rapportait que des dizaines de familles réfugiées originaires du Népal quittaient la ville de Québec pour l’Ontario, notamment parce qu’elles n’arrivaient pas à passer leur permis de conduire ici. Pierre Grandchamp a constaté le même genre de problème des dizaines de fois à Joliette. « En 2007, j’ai déposé un rapport à [la Commission Bouchard-Taylor]

Il affirme avoir connu une dame qui avait échoué à l’examen théorique pas moins de vingt fois. Souvent, les réfugiés continuaient à conduire dans l’illégalité, collectionnant les amendes.

@Lise Ravary
« Selon l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes réalisée en 2003, 49 % des Québécoises et des Québécois âgés de 16 à 65 ans ne possèdent pas les compétences suffisantes pour comprendre et traiter l’information écrite. »

Ces personnes ne peuvent par exemple lire une posologie? Comprendre un article de journal? Ou encore lire les ingrédients inscrits sur une boîte de céréales?
La moitié des Québécois ne peuvent pas lire un article de journal, le nombre de pilules à prendre chaque jour ou les vitamines, lipides et glucides inscrits sur une boite de céréales???? Un Québécois sur deux????
Vous voulez rire, Mme Ravary? Surtout que le même Conseil de l’Éducation ajoute: « Ces données demeurent surprenantes pour une population pourtant scolarisée. » Surprenantes!|! Mettez-en
Toute cette histoire d’un Québécois sur deux qui ne sait pas lire est un immense Fake News. Non, une Freak News!
J’exige que Radio-Canada invite M. Fortin à venir expliquer ces données en ondes afin qu,on en finisse une fois pour tout avec cet interminable farce.
PS: Faites-vous les tests « je ne suis pas un robot »?
Les réussissez-vous à chaque fois? Moi pas. Pourtant je ne suis pas aveugle mais il y a tellement d’attrapes qu’il m’arrive de ne pas tout voir.

Ce que monsieur Lessard avançait était faux. Quiconque se donne la peine de mettre ses compétences en littératie au service de la vérité plutôt que de la démagogie péladoresque peut constater en moins de cinq minutes que les études PEICA ne disent pas du tout cela.

Attention ici. Il y a un jugement de valeur car les données citées ne font pas mention du problème chez les immigrants à bien comprendre l’évaluation des compétences de l’enquête (PIECA) qui a été faite uniquement en anglais ou en français. Il y a un problème méthodologique dans l’évaluation des compétences des adultes issus de l’immigration.

Il n’en demeure pas moins que lorsque l’on compare la compétente littéraire et numérique des personnes lorsqu’ils ont effectué leurs études, ils étaient bien au delà de ceux atteint depuis 10, voire 20 années.

Les chiffres avancés par Statistiques Canada ne correspondent pas avec ceux des ministères de l’éducation de 5 provinces (QC, ON, AB, BC, NE) qui démontrent que plus de 37% d’étudiants quittent avant le troisième secondaire. De ceux-ci, moins de la moitiée retournent aux études, que je considère être « en vrac » et n’a rien de comparable avec les études régulières. En fait, dans 4 des 5 provinces ci-haut mentionnées, les deux derniers secondaires s’effectuent en une seule année. Ce sont pourtant les deux années les plus difficiles.

Il est incontournable pour faire des comparaisons viables, de pousser les comparaisons au niveau du baggage intellectuel que nous avions durant les années 60 et 70 à ceux d’aujourd’hui. De plus il faut aussi comparer les notes que les étudiants obtenaient à l’époque, lesquelles ont drastiquement diminué à chaque décennies.

Quelles que soit les chiffres, nous pouvons constater d’après l’article de monsieur Fortin que les étudiants des 20 dernières années deviendront rapidement dépassé et le taux « d’analphabétisme fonctionnel » augmentera rapidement.

Les personnes de 50 ans et plus d’aujourd’hui peuvent encore de débrouiller mais quel sera la misère de ces enfants d’aujourd’hui lorsqu’ils atteindront la cinquantaine.

Le commentaire de monsieur François 1, dénote très bien la réalité sur le terrain et j’en suis.

Tout à fait d’accord. De plus le graphique qui indique une augmentation de diplomation est totalement faussé par les exigences ministérielles d’émettre des diplômes avec des exigences de moins en moins élevées. Je suis dans l’enseignement et nous subissons des pressions pour fermer les yeux et émettre des succès « humanitaires ». Décourageant.

Vous avez entièrement raison. Lorsque l’on discutait « diplomation » durant les années 90, il s’agissait de diplômes tels que le bacc, la maîtrise ou un doctorat. Depuis 2004, les statistiques entend par « diplomation » tous les certificats, ce qui représente le tiers d’un bacc, nous sommes fort loin des mêmes standards surtout lorsque l’on constate que selon le Ministère de l’éducation du Québec, les certificats comportent plus de 83% des soi disant « diplômes » universitaires. Selon les notes du ministères, il s’agit de certificats dont les acquéreurs n’entreprennent pas une démarche vers un bacc dans les cinq années suivantes.

« Quand on se regarde, on se désole mais quand on se compare, on se console. » Je trouve plutôt contraire à cet adage souvent avéré, la conclusion de monsieur Fortin concernant l’effet de la comparaison lorsqu’il écrit; « Mais, d’autre part, la comparaison nous invite implicitement à redoubler d’efforts pour nous hisser au-dessus de la médiane et aller rejoindre les pays les plus performants, comme le Japon justement, la Finlande, les Pays-Bas, la Scandinavie, la Flandre, la Corée du Sud et Singapour. »Et en parlant d’affirmation réductrice, abusive et auto-centrée (en l’occurence sur les 25-44), j’avoue que celle-ci me contrarie un peu; « Les 45 à 65 ans, eux, relèvent du passé plutôt que du présent. » Je suis d’avis qu’un titre comme; « 53 % des Québécois de 16 à 65 ans sont des analphabètes fonctionnels. » est comme une photo, son interprétation peut être très différente de la réalité. L’article de monsieur Fortin a quand même le mérite d’ajouter la direction à l’état d’une situation.

Niveau 2: voici ce qu’une personne à ce niveau n’est pas capable de comprendre… Un programme politique (donc ne peut pas voter en connaissance de cause…), un contrat (d’assurance, de carte de crédit, de loyer, etc.), des questions dans un examen moyennement complexe, le droit du travail, une conventioncollective… Analphabète fonctionnel: ce n’est pas une exagération, c’est une tragédie…

Les conclusions de M. Fortin quant aux résultats obtenus au Québec en comparaison de ceux des autres pays peuvent nous rassurer, mais il n’en demeure pas moins que ces résultats sont troublants lorsque l’on examine la proportion des gens ne possédant qu’un niveau de littératie et numératie inférieur à 3, soit respectivement 42% et 46% des 25-44 ans. Lueur d’espoir: cette proportion diminue avec le taux de scolarité, mais il reste que 27% et 31% des gens ayant un baccalauréat ou plus sont respectivement de niveau inférieur à 3 en littératie et numératie…
Lire à cet effet les tableaux 1.1, page 45 ; C.2.1 et C.2.2, page 77; figures 3.2 et 3.3, pages 81 et 82 de l’étude de la PEICA.
http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/education/alphabetisation-litteratie/peica.pdf

Le grand problème est que ce groupe – ceux qui peinent à interpréter un texte simple – malgré sa taille, est systématiquement sous estimé ou même oublié par les décideurs, journalistes, économistes et fonctionnaires. Quand je vois un chercheur d’emploi peiner a remplir une demande d’emploi en ligne ou un gestionnaire qui ne comprend pas une lettre du gouvernement, je pense qu’ils sont plus nombreux et plus malheureux qu’on pense…

Au cours de l’automne 2016, j’ai été obligé de diffuser et collaborer à la diffusion de cette information déformée à propos de l’analphabétisme fonctionnel des Québécois. Dans ma région, Lanaudière, les savants érudits de la perésévérance scolaire, avaient besoin de raconter ces n’importe quoi èa tous vents, pour faire passer leur programme financier d’appui à des mesures de lecture. C’est à dire, que l’organisme régional voué à la persévérance scolaire, s’est fait le porteur d’une information mensongère, ce fut le cas dans toutes les régions du Québec, délayée dans une ignorance crasse et douteuse qui les plaçait en sauveurs de l’humanité québécoise. Le programme financier qui accompagne ce mensonge pour contrer cet analphabétisme inexistant est une dépense inutile, vaine dont la finalité reste à démontrer comme pertinente. Quant à moi, je conteste ce programme sans queue ni tête qui représente une inutile dépense dans notre paysage, tout comme ces organisations qui ne sont que les relais d’un gouvernement sot, qui devrait apprendre à lire certaines statistiques.