750 millions $ pour McGill !

C’est fou comme les universités et les hôpitaux dépendent de plus en plus des fonds privés pour leur financement. L’Université McGill lance aujourd’hui une campagne de financement de 750 millions de dollars. Si l’objectif est atteint, ce sera un record pour le Québec. La dernière campagne de McGill (1993-1998) avait permis de récolter 206,6 millions $ et celle de l’Université de Montréal (1999-2003), 218 millions $. McGill veut amasser plus du triple dans sa nouvelle campagne !

La somme est colossale, mais l’Université de Toronto avait recueilli plus de 1 milliard $ dans sa dernière campagne et, selon le Globe And Mail, il y a actuellement en cours des campagnes de financement de plus de 1 milliard $ dans 30 universités américaines.

Aux États-Unis, la plupart des grandes universités sont privées, il ne faut donc pas se surprendre de cet appel aux diplômés et aux généreux donateurs. Mais au Canada, le sous financement gouvernemental, les faibles frais de scolarité et la concurrence internationale forcent les universités à aller chercher d’autres fonds.

Parmi les généreux donateurs, la Fondation Marcelle et Jean Coutu avait versé 12,5 millions $ pour la construction de deux pavillons à l’Université de Montréal en 2002. En 2000, un ancien élève de McGill, Richard Tomlinson, a versé 60 millions $ à l’université.

Ce que l’on observe par contre, si on se fie à l’article de Marie-Eve Fournier dans le trimestriel Montréal Centre-ville, c’est que le Québec compte peu de richissimes donateurs. L’essentiel de l’effort est fourni ici par quelques grandes entreprises qui sont très sollicitées.

Or, au même moment où McGill mènera campagne, il faudra récolter 300 millions $ pour les deux nouveaux hôpitaux universitaires et l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal est au beau milieu d’une campagne de 35 millions $. C’est sans compter tous les bals, tournois de golf et activités organisées par les fondations d’hôpitaux et de recherche ainsi que les musées.

Quand je parle du nécessaire enrichissement de notre société, je parle aussi d’accroître le bassin de donateurs individuels ou corporatifs qui pourront nous s’assurer que nos institutions soient aussi bien équipées et aussi performantes que celles de nos voisins.

Laisser un commentaire

Si j’étais très riche, je ne donnerais pas un sou tant que Québec maintiendra un gel, même partiel des frais de scolarité. Les étudiants doivent faire leur part. Point final !

L’argent du privé permet aux universités d’être très dynamique et de réaliser des projets très rapidement.

En France où les dons de particuliers envers leurs institutions d’enseignement sont inexistants, tout le financement vient de l’état. Les bâtiments sont en décrépitudes et les projets d’agrandissement doivent être planifiés 10-20 ans d’avance pour passer à travers toute la bureaucratie. Pour contourner ce problème, ils ont trouvé une solution: louer des bâtiments préfabriqués.

Il faut cesser de niveler par le bas et permettre à nos meilleures institutions nationales de performer parmi les meilleures au monde. Délions les cordons de nos bourses pour financer l’institution de notre choix… et n’oublions pas de garder les reçus pour l’impôt.

« The campaign for Yale » de 1992-1997 a récolté US$1,7 milliards et « the campaing for Yale » de 1974-1979 a récolté US$375 millions. Les frais de scolarité sont présentement de l’ordre de US $27 000 à Yale. Il y a donc place pour une légère augmentation des frais de scolarité dans les universités québécoises sans qu’il y ait risque que nos étudiants lachent prise, se révoltent, contestent, votent avec leurs pieds, et aillent s’inscrire à Yale…

Ceci dit, les Yale fellowships sont de l’ordre de US$55 000, ce qui laisse tout de même un peu d’argent de poches aux étudiants méritant, une fois les frais de scolarité payés…

PS: les frais de scolarité étaient de US$5 000 dans les années 73-77.

@M. Duhammel: avez-vous vu les baisses d’électricité…en Ontario? Alors qu’on parle d’augmenter nos tarifs ici, l’Ontario en est à sa troisième baisse depuis un an!

Le manque de responsabilité.

Ce sont justement ceux qui ont étudié presque gratuitement, dans les années ou le gouvernement était loose pour les bourses, qui ne veulent pas payer pour les étudiants aujourd’hui.

Ils diront, moi aussi j’ai payé mon loyer et patati et patata.

J’en connais un paquet qui ont étudiés avec le prêt et qui plaçaient la bourse à bon taux d’intérêt, afin de remettre leur prêt « cash down » à la fin de leurs études. Essayez aujourd’hui.

Les enfants sont la responsabilité des adultes, c’est une honte que plusieurs doivent commencer à gagner leur vie chez Macdo à15 ou 16 ans et cela jusqu’à la fin de leurs études et payer leurs études en plus.

C’est une honte aussi de devoir compter sur les entreprises et de se sauver de nos responsabilités envers les jeunes.

Les enfants doivent être la responsabilité de l’état, pas seulement des parents. Ils sont notre avenir.

En Finlande, les études sont gratos de la maternelle au doctorat, lunch du midi en prime. Ils ne le font pas parce qu’ils sont riches mais plutôt riches parce qu’ils le font.

Ce n’est pas le rôle des entreprises de payer pour dépanner les hôpitaux et les écoles parce que nous ne voulons pas payer. C’est notre responsabilité première collective à nous tous.

Ce sont nos enfants. Pas ceux des entreprises.

Ben sûr qu’on paye trop de taxes et d’impôt. Belle excuse classique de ceux qui gagnent bien leurs vie.

Les plus populaires