8 millions de Québécois : ce que cela signifie

L’Institut de la statistique du Québec dévoilait mardi le bilan démographique du Québec 2011. La démographie est peut-être la seule étude sociale et économique incontestable et irréfutable. Les chiffres sont les chiffres. Les projections sont néanmoins établies à partir des tendances actuelles et les interprétations que l’on peut donner à ces données ne sont évidemment pas neutres…

Voici quelques éléments que je retiens :

1. Nous sommes 8 millions de Québécois.

La population ne devrait pas connaître de déclin d’ici 2056, mais si la tendance se maintient c’est l’immigration qui assurera à elle seule la croissance démographique car le nombre de décès devrait surpasser le nombre de naissances vers 2029.

La croissance de la population est de 9,6 pour mille, ce qui est cependant moins que la croissance canadienne et de celles des principales provinces. Voilà pourquoi le Québec ne représente plus que 23,1 % de la population canadienne alors qu’il représentait 25,3 % des Canadiens en 1990 et 27,9 %  en 1971. La proportion ne devrait être que de  21 % en 2036. La croissance démographique du Québec est néanmoins supérieure à celle des États-Unis et de plusieurs pays développés.

Voulons-nous toujours accueillir plus de 50 000 immigrants par année comme en 2010 et 2011 ? Et sinon, quelles seraient les conséquences économiques, sociales et politiques d’un déclin démographique ?

2. Le Québec vieillit plus vite que le reste du Canada

L’âge médian est de 41,4 ans, contre 39,9 ans au Canada. L’âge médian au Québec pourrait grimper jusqu’à 47 ans d’ici 2041.

Pourquoi ce vieillissement ? Parce que nos parents (je suis un babyboomer) ont fait plus d’enfants que nous en avons faits nous-mêmes. En 1959, 144 500 enfants sont nés, deux fois plus que pendant l’année 2000.

Dans 20 ans, 26 % des Québécois auront plus de 65 ans. C’est plus que le Japon aujourd’hui (23 %). Pour payer la retraite et les soins de santé des plus âgés, on comptera sur 54 % de la population qui aura entre 20 et 64 ans. Nous sommes aujourd’hui plus de 62 % de la population qui ont entre 20 et 64 ans et qui ont toutes les misères du monde à payer les coûts du service de santé des 15,7 % de la population âgées de plus de 65 ans.

Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, en 2009 les aînés utilisaient 40 % des services hospitaliers au Canada et les coûts des personnes âgées de plus de 65 ans sont 4,5 fois plus élevés que pour le reste de la population ( 11 196 dollars en moyenne contre 2 194 dollars).

Cela pose un sérieux problème : moins de gens vont travailler et donc moins de recettes fiscales potentielles alors que les coûts des services à la population vont exploser.

3. Après la revanche des berceaux, celle du 450

La stagnation de Montréal est une réalité démographique. Malgré l’afflux d’immigrants (les deux-tiers des immigrants récents),  la population de l’île ne représente « que » 24 % de la population du Québec en 2010 contre 26 % en 1991. Par contre, toutes les régions adjacentes à la métropole (Laval, Lanaudière, Laurentides et Montérégie) ont vu leur population s’élever de 32 % à 36 % du total québécois.

Mettons les choses en perspective : il y a quatre fois la population de la région de la Capitale-Nationale dans la banlieue montréalaise. D’accord, ajoutons Chaudières-Appalache :  il y a 2,6 fois la population de la grande région de Québec dans le 450. Seulement dans le 450.

Seule consolation pour Montréal, sa population est plus jeune que celle de l’ensemble du Québec avec un âge médian de 38,5 ans.

4. Le visage de l’immigration

Le paradoxe identitaire québécois dans sa splendeur. Il nous faudrait des immigrants francophones et nous ouvrons donc la porte aux Algériens, Marocains et Tunisiens qui représentent, ensemble, presque 20 % des nouveaux arrivants depuis cinq ans. Surprise ! Ils sont musulmans et cela ne cadre pas parfaitement avec notre idée de la société laïque expurgée des signes, symboles ou références religieuses.

En 2010, 63 % des immigrants font partie de la catégorie « travailleurs qualifiés » et seulement 9 % des réfugiés.

5. 0,1 % de la population mondiale

Je sais que c’est bien épouvantable que des cadres d’une multinationale québécoise réalisant 99 % de ses ventes à l’étranger soient contraints de s’exprimer dans une autre langue que le français, mais cette étude nous rappelle modestement que le Québec représente 0,1 % de la population mondiale.

Voici maintenant le paradoxe des exportateurs québécois : ils pensent encore « États-Unis » alors que l’Asie représente 60 % des habitants du monde et que l’Afrique a dépassé l’Europe et l’Amérique comme deuxième continent le plus peuplé.

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Je ne comprendrai jamais la mentalité d’un fédéraliste. Le québec est déjà isolé dans le canada et il le sera de plus en plus. Je me demande à quel moment quelqu’un se dit qu’au lieu d’être administré par les 78% d’habitants du ROC, il pourrait se gérer lui-même…

Concernant la langue, je ne vois pas trop le rapport. Quelle proportion des spectacles du cirque du soleil sont présentés à l’étranger? 99%? Pourtant, le français domine au siège social. Est-ce qu’on peut gérer une multinationale de l’amusement en français mais pas une banque ou une multinationale de l’aéronautique?

-On nous a menti pendant des années. On nous a fait accroire que notre population était en déclin et qu’on allait disparaitre.
On nous a caché qu’avec 88,000 naissances pour 58,000 décès par année, notre population allait croitre plutot que de décroitre. Si le Québec était un pays européen, il aurait la plus forte croissance démographique du continent!

-Vouloir suivre le train canadien c’est suicidaire. C,est la mort assurée de notre peuple parce que Montréal ne peut pas accueillir tous ces immigrants sans menacer notre culture.

-Si l’immigration enrichissait un pays, l’Ontario roulerait sur l’or. Or, le Québec a avancé plus rapidement que l’Ontario depuis une génération.
Ce n’est pas l’immigration qui enrichit un pays mais la richesse d’un pays qui attire les immigrants

« La démographie est peut-être la seule étude sociale et économique incontestable et irréfutable. Les chiffres sont les chiffres. »

Voilà ce que nous assène le citoyen Duhamel, avec une naïveté bien typique de sa génération. Au moins y met-il un « peut-être ».

En réalité, on peut faire dire aux chiffres ce qu’on veut et on ne s’en prive pas. Et les démographes en question (comme les sondeurs) ont souvent pour ne pas dire toujours l’esprit militant-en-mission, sont des petits soldats de la gauche ou de la droite, fédéralistes ou séparatistes et auront beau jeu (sans forcément s’en rendre compte : ce qu’on appelle en italien « fesso in buona fede », les benêts de bonne foi, ne manquent vraiment pas par les temps qui courent) de manipuler le tout dans un lumineux but prosélytique, afin d’alimenter en armes chiffrées leur camp respectif.

M. Duhamel,

Nous sommes 8 millions de Québécois. C’est plus que n’importe lequel des pays suivants : Honduras, Israël, Suisse, Bulgarie, Serbie, Tadjikistan, Salvador, Paraguay, Laos, Sierra Leone, Jordanie, Libye, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Togo, Nicaragua, Danemark, Slovaquie, Kirghizistan, Finlande, Turkménistan, Érythrée, Norvège, Géorgie, Émirats arabes unis, Singapour, Bosnie-Herzégovine, Croatie, République centrafricaine, Moldavie, Costa Rica, Nouvelle-Zélande, Irlande, Liban, République du Congo, Albanie, Lituanie, Uruguay, Mauritanie, Liberia, Oman, Panama, Mongolie, Arménie, Jamaïque, Koweït, Lettonie, Lesotho, Namibie, Macédoine, Slovénie, Botswana, Gambie, Kosovo, Guinée-Bissau, Gabon, Estonie, Maurice, Swaziland, Timor oriental, Chypre, Trinité-et-Tobago, Fidji, Qatar, Guyana, Comores, Bahreïn, Bhoutan, Monténégro, Guinée équatoriale, Salomon, Djibouti, Luxembourg, Suriname, Cap-Vert, Malte, Brunei, Maldives, Bahamas, Islande, Belize, Barbade, Samoa, Vanuatu, Sao Tomé-et-Principe, Sainte-Lucie, Tonga, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Kiribati, Micronésie, Grenade, Seychelles, Dominique, Andorre, Antigua-et-Barbuda, Marshall, Saint-Christophe-et-Niévès, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin, Palaos, Nauru, Tuvalu

Mais nous devons être défaitistes et se voir comme étant né pour un petit pain, donc on nous sert que le Québec représente à peine 2% de la population de l’Amérique du Nord. Encore mieux, 0,1% de la population mondiale. Et si nous avions trouvez des traces de vies dans l’univers, vous pourriez encore diminuer le pourcentage. S’il faut lutter contre le poids démographique de l’Asie, les États-Unis devraient s’y mettre sur le champ!

Le Québec vieillit plus vite que le reste du Canada et les soins de santé vont coûter une fortune à l’ensemble de la population. Bon, alors nous n’avons qu’à tout donner ça au privé et ceux qui pestent contre les baby-boomers vont pouvoir leur refiler la facture de leurs propres maux.

Ce sont les libertariens qui seront content, plus d’impôts et de taxes pour les services sociaux, que ceux qui ont une mauvaise carte génétique se payent leurs propres soins de santé. Pis si y’ont pas les moyens, bien qu’ils…

Pour ceux qui ont investis le 450, s’ils adorent ça se maquiller ou se raser sur les ponts à la queue leu leu tous les matins pendant des heures, et bien c’est leur choix, leur prérogatives. Que voulez-vous, quand on vieilli, on choisi ses emmerdements!

Pour l’immigration, c’est un paradoxe partout dans le monde, on choisi des populations qui possèdent certaines affinités avec la société d’accueil, mais qui ont également leurs propres particularités. Des tensions, pis des accommodements, tous les pays en vivent!

En passant, la langue la plus parlée dans toutes les Amériques, c’est l’espagnol, pas l’anglais…

« La démographie est peut-être la seule étude sociale et économique incontestable et irréfutable. Les chiffres sont les chiffres.»

Le problème c’est pas les chiffres, mais l’interprétation des chiffres!

8 millions par exemple. C’est petit à coté du 310 millions d’Américains ou du 80 millions d’Allemands.

Mais c’est le double de l’Irlande ou de la Nouvelle-Zélande! Plus d’Israel, la Suisse, l’Autriche, le Danemark, la Norvège.

14% d’immigrants. C’est pas beaucoup par rapport au 28% en Ontario. C’est énorme par rapport au 3% au Maine et au Vermont.

15% de personnes âgées. C’est plus qu’en Ontario (14%) mais c’est tellement moins que les 20% en Allemagne et au Japon.

Bref, ce n’est pas les chiffres le problème. C’est la perspective.

Je suis franco-ontarienne et selon moi, je crois qu’il est temps que les québécois sortent leur tête du sable. Les statistiques ne mentent pas. Au lieu de donner des excuses et des arguments à n’en plus finir, pourquoi ne pas se retrousser les manches et avoir le courage de prendre les décisions qu’il faut pour rendre le Québec plus attrayant aux investisseurs et aux immigrants? Je questionne d’ailleurs cet acharnement des québécois à vouloir que l’État règle tous les problèmes des citoyens. Et pour terminer, pour assurer la survie de la langue, avez-vous déjà pensé de tenter de rapatrier les francophones qui sont dispersés à travers le Canada? Plusieurs étant éduqués et bilingues, ils ne demanderaient pas mieux que de pouvoir vivre dans leur langue maternelle. Mais à l’heure actuelle (et je parle d’expérience), le francophone hors-Québec est traité de la même façon qu’un immigrant d’un autre pays! La bureaucratie gouvernementale québécoise est tellement lourde qu’elle est détriment des francophones canadiens qui voudraient rejoindre leurs compatriotes de « la belle province ».

« Pour payer la retraite et les soins de santé des plus âgés, on comptera sur 54 % de la population qui aura entre 20 et 64 ans. Nous sommes aujourd’hui plus de 62 % de la population qui ont entre 20 et 64 ans et qui ont toutes les misères du monde à payer les coûts du service de santé des 15,7 % de la population âgées de plus de 65 ans. »

Ça, ça me fait chier

@Carole

Ce que vous dites est tellement vrai. Saviez-vous qu’un Francais peut venir étudier au Québec à 2k par année (même en anglais à McGill!) alors qu’une Franco-Ontarienne comme vous va payer 6k pour étudier à Udm?
C’est honteux. Mais personne ne fait rien.
Vous devriez envoyer une lettre aux journaux, peut-être que ca aurait un impact.

Le Québec compte huit millions d’habitants. C’est aussi la population de la Suisse et d’Israël. C’est plus que le Danemark, la Finlande, la Norvège et l’Irlande.

Donc, si on n’est que 0,1% de la population mondiale, le Canada au complet est un peu moins de 0,5% de cette même population.
Si on est assez obtus pour ne regarder que la force de frappe démographique, alors oui, avec ou sans Canada, c’est pas grand chose.

J’ai plus de 65 ans, je regarde l’avenir avec beaucoup d’incertitude. Je reçois de l’assurance chômage et je veux retourner sur le marché du travail, pourquoi :
Ayant beaucoup de temps devant moi et beaucoup de choses à faire, ce qu’il me manque ce sont des défis, des projets. Je me suis aperçue que la solitude me rejoint plus facilement et que cela affecte le mental. Une fois que l’assurance chômage sera finie, mes revenus seront sous le seuil de la pauvreté. Pourquoi que le gouvernement au lieu de pénaliser offrira pas des incitatifs pour ceux qui veulent rester sur le marché du travail. Je suis certaine que le fardeau du baby boomer serait allégé. Quand Richard Garneau et surtout Edgar Fruitier toujours actifs, je me demande pourquoi il en serait pas de même pour tous les travailleurs.

À qui s’adresse donc cet article!? Je suis néo-canadienne, installée depuis une dizaine d’années au Québec et je suis choquée de lire cette phrase:«Ils sont musulmans et cela ne cadre pas parfaitement avec notre idée de la société laïque expurgée des signes, symboles ou références religieuses.» Je m’aperçois que l’exclusion, le manque d’ouverture aux autres transparaît également dans un article de l’Actualité…Quelle déception! Un peu plus de déontologie pardis! Faîtes attention au choix de vos mots…Ces immigrants qui deviennent pour la plupart des citoyens canadiens comme vous et moi, sont généralement très éduqués et lisent les articles des grands journaux. Alors cessez de les désigner par le pronom ILS. C’est irrespectueux.

Nous sommes très heureux de recevoir des immigrants venant de la Tunisie, du Maroc, de l’Algérie et qui parlent un excellent francais, entre autre! et dont le désir est de s’intégrer à la majorité Québécoise que ce soit à l’Université ou ailleurs!

J’arrive de Montréal où j’ai eu l’occasion d’en rencontrer plusieurs qui oeuvrent en milieu hospitalier (Hôpital du Sacré-Coeur) qui font un excellent travail auprès des personnes malades.

Il n’est pas facile d’accepter de se faire critiquer lorsqu’on est immigrant et s’adapter à notre nouveau pays.
Il ne faut pas s’arrêter à ceux dont le passe-temps favori est de dénigrer les autres dans le but de se remonter dans l’estime d’eux-même!

@Francois 1:

Je ne sais pas si tu t’en rends compte, mais tu confirmes ce que j’ai écrit. « Si on est assez obtus pour ne regarder que la force de frappe démographique, alors oui, avec ou sans Canada, c’est pas grand chose. » Donc, on peut faire partie du G8 avec 0,05% de la population. C’est rassurant! On était supposé être teeeelllement poche…

PS: Si le Québec se sépare, le Canada ne fera plus partie du G8. C’est fou, juste avec un petit 0,01%…

Pour que chacun puisse manger à sa fin il faut empêcher les goinfres d’épuiser le buffet.

@Leila (#13).
Je suis d’accord avec toi. Je me demande, quel est le rapport entre 8 millions de québécois avec les musellement?

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