À défaut d’être riche, mieux vaut choisir une ville progressiste

Selon une étude américaine, les pauvres qui ont la chance de vivre dans une ville riche et progressiste ajouteront de précieuses années à leur vie.

Un coin de rue à Boston. (Photo: Life-Of-Pix/Pixabay)
Un coin de rue à Boston. (Photo: Life-Of-Pix/Pixabay)

Les pauvres meurent plus jeunes que les riches, mais s’ils ont la chance de vivre dans une ville riche et progressiste, ils ajouteront de précieuses années à leur vie, si on se fie à cette étude du Journal of the American Medical Association.

Les chercheurs voulaient d’abord mesurer comment la géographie peut influer sur l’espérance de vie. Une étude du même type a été publiée à Montréal récemment, où on apprenait que l’espérance de vie reculait de neuf ans dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

L’économiste Raj Chetty, de l’Université Stanford, est parvenu à cartographier l’espérance de vie à l’échelle des États-Unis. Pour ce faire, son équipe a examiné 1,4 milliard de déclarations de revenus acheminées entre 1999 et 2014, provenant d’Américains âgés de 40 à 76 ans.

Ce qu’ils ont découvert est révélateur. Entre 2001 et 2014, les 5 % les plus riches ont ajouté de deux à trois ans à leur espérance de vie, tandis que les 5 % les plus pauvres n’ont à peu près rien gagné.

Ils ont ensuite constaté que les pauvres vivent plus vieux dans certaines régions, particulièrement celles des côtes. Plus on se rapproche du centre du pays, plus l’espérance de vie se réduit, surtout dans les États plus conservateurs de la «Rust Belt» (appelée ainsi pour l’industrie lourde qu’on y trouvait).

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Source: Health Inequality Project

Puis, en regardant de plus près les villes où les pauvres vivent le plus longtemps, un certain profil s’est imposé: ces villes sont généralement densément peuplées… et progressistes.

Les moins nantis vivront en moyenne plus de 78 ans à New York, San Francisco, Boston et Washington.

En revanche, l’espérance de vie se maintient sous les 75 ans à Tulsa, en Oklahoma, à Las Vegas, à Détroit ou à Cincinnati.

Pourquoi cet écart? Les chercheurs s’attendaient à trouver un lien de causalité entre l’espérance de vie et l’accès à l’assurance maladie. Eh bien non!

C’est essentiellement parce que les villes plus progressistes tendent à insuffler un mode de vie plus sain, même chez les résidants les plus pauvres. Ils vivent plus longtemps dans des villes qui présentent un taux de tabagisme plus bas — grâce à des règlements antitabac —, un taux d’obésité plus faible, et où l’activité physique est davantage pratiquée.

Il y a aussi corrélation lorsque la ville a de plus fortes dépenses par résidant, où le taux de diplomation est plus élevé, ou encore où la population est plus multiculturelle.

De quoi inspirer quelques politiques locales!

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4 commentaires
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Je note particulièrement que l’espérance de vie tient davantage au mode de vie qu’à l’accès facile à une médecine aussi interventionniste que dispendieuse.

Franchement, c’est l’évidence même. La très vaste majorité des pauvres n’ont pas les capacités intellectuels physiques, moral, culturel, et autres pour devenir riche. Il y a aussi la paresse, plus ou moins subtil, qui entre en jeux. Ces gens ont très nettement avantage a »surfer » sur la vague de la prospérité social. C’est l’évidence même. L’évidence est criante. Ça ne prenait pas vraiment un grosse étude pour savoir ça ….

Comme quelqu’un qui fut pauvre autrefois: « Je n’ai pas choisi d’être pauvre MAIS j’ai choisi de m’en sortir! ».