À fond la caisse !

En dépit de la crise, Desjardins prend racine dans le nord du Québec, poursuit son virage vert et continue de s’engager auprès de la collectivité.

Pauline D'Ambroise - Photo : Mathieu Rivard
Pauline D’Ambroise – Photo : Mathieu Rivard

Des points de service dans le Grand Nord, des primes d’assurance avantageuses pour les propriétaires de voitures hybrides ou de maisons vertes, un fonds d’aide pour les victimes d’un sinistre… Desjardins mise à fond la caisse sur l’investissement responsable et l’engagement social.

Classé parmi les 50 institutions financières les plus fiables au monde, le Mouvement Desjardins pourrait se reposer sur ses lauriers. Surtout en ces temps de crise. Mais le plus gros employeur privé du Québec reste fidèle à sa mission initiale. « C’est grâce à la coopération que les gouvernements ont réussi à stabiliser la crise financière mondiale, explique la présidente, Monique Leroux. Et la coopération, c’est l’esprit même de la création de la première caisse, à Lévis, en 1900 : aider les gens à se prendre en main en mettant en commun leur épargne. »

C’est dans cette optique que le Mouve­ment a créé un nouveau fonds d’aide pour les membres du Mouvement victimes d’un sinistre et non couverts par leur police d’assurance. Et qu’il a décidé de s’enraciner encore davantage en région en ouvrant, d’ici 2010, des points de service dans chacun des 14 villages du Nunavik. Pour l’instant, 36 % de ses points de service se trouvent en région éloignée, contre 3,5 % pour les principales banques canadiennes. Et sa filiale Capital de risque est la plus présente dans les régions ressources, comme l’Abitibi et la Gaspésie, grâce à ses 24 bureaux répartis sur tout le territoire.

 Sur le front environnemental, Desjardins continue de progresser. La part du papier recyclé consommé est passée de 18 % à 70 % ces trois dernières années. Et la direction veut pousser plus loin sa politique de développement durable, adoptée en 2005, explique la secrétaire générale, Pauline D’Amboise. Par exemple, pour inciter le personnel à miser sur le transport durable, on songe à imposer un moratoire sur la construction de stationnements. Et afin d’encourager le covoiturage, pourquoi ne pas concevoir un babillard électronique interne pour jumeler des employés d’un même quartier ?

Desjardins souhaite aussi mettre l’accent sur la « vertu » des produits qu’il offre dans le domaine de l’investissement responsable. Ce type de placements, qui permet au client de s’assurer qu’il n’inves­tit pas ses économies dans des entre­prises polluantes ou dans l’armement, existe depuis les années 1980 chez Desjardins. Or, signale Pauline D’Amboise, on veut en offrir plus et en faire davantage la promotion. Pour l’heure, les investisseurs qui demandent à leurs conseillers d’y recourir sont rares.

Côté assurances, Desjardins offre déjà des réductions de prime de 5 % à 10 % aux propriétaires de voitures hybrides et de maisons certifiées LEED. La direction songe maintenant à assujettir les conditions de crédit de produits comme l’assu­rance automobile ou le prêt hypothécaire à des critères de développement durable. « L’idée, c’est de répondre au fur et à mesure aux besoins qui émergent et d’assu­mer un leadership pour sensibiliser les gens : s’ils font des choix de consommation différents, nous allons en tenir compte. Tout le monde sera gagnant », conclut Pauline D’Amboise.