À l’école jusqu’à 18 ans?

Un diplôme d’études secondaires ou professionnelles rapporte un demi-million de dollars au diplômé. Malgré cela, le pourcentage de nos jeunes qui n’ont aucun diplôme est encore trop élevé. Il ne faut pas relâcher l’effort.

étudiant graduation diplômé université
(Photo: iStockPhoto)

Acquérir un premier diplôme est très payant. Au Québec, le gain financier qui vient avec un diplôme d’études secondaires ou professionnelles obtenu avant l’âge de 20 ans est d’environ 540 000 dollars sur 45 ans de vie active.

Il n’y a évidemment pas que l’argent qui compte. La littérature scientifique a aussi démontré l’effet favorable de la persévérance scolaire sur l’estime de soi, la bonne santé, la stabilité conjugale, la capacité d’innover, l’esprit critique, la confiance envers les autres et le bénévolat.

Mais si les avantages économiques et personnels d’un premier diplôme sont tellement importants, pourquoi tant de jeunes Québécois n’en ont-ils pas encore acquis un à 19 ans?

Il faut d’abord observer que beaucoup d’adolescents sont myopes quant à l’avenir. Les avantages futurs leur paraissent abstraits. Seule la réalité immédiate leur dit quelque chose.

Chez nos compatriotes du Québec anglophone, cette myopie naturelle des jeunes est atténuée par une culture de l’édu­cation qui date d’au moins une bonne centaine d’années. Seu­lement 15 % des jeunes Anglo-Québécois n’ont pas encore de diplôme à 19 ans. Leurs parents sont plus scolarisés que la moyenne et poussent avec fermeté leurs enfants à persévérer à l’école.

Au Québec francophone, la révolution éducative a moins de 50 ans. Ce sont 23 % des jeunes Franco-Québécois qui n’ont pas de diplôme à 19 ans. La myopie des adolescents devant l’avenir est amplifiée par des parents qui sont moins scolarisés et par des médias qui parfois glorifient l’ignorance. Céline Dion n’a pas eu besoin de diplôme pour réussir, n’est-ce pas?

Économie tableau école Pierre Fortin

Heureusement, le graphique ci-dessus permet de constater que la persévérance scolaire s’est grandement améliorée au Qué­bec depuis 25 ans. En 1990, 27 % des adultes de 25 à 44 ans ne possédaient aucun diplôme. Ce pourcentage était plus élevé de six unités que celui des jeunes adultes ontariens, à 21 %. L’an dernier, en 2015, les sans-diplômes du Québec n’étaient plus que 9 %. Ils ne dépassaient plus le pourcentage ontarien que de trois unités, à 6 %.

Deux facteurs expliquent ce progrès. Premièrement, au Qué­bec, un important «raccrochage» a lieu dans la vingtaine. À 19 ans, nos jeunes sont 23 % à n’être titulaires d’aucun diplôme. Mais autour de 30 ans, seulement 9 % d’entre eux n’en ont pas encore obtenu un. Ils sont nom­breux à fréquenter le secteur des adultes du secondaire ou le secteur professionnel dans la vingtaine.

Deuxièmement, depuis 25 ans, des milliers d’enseignants, francophones comme anglophones, ont travaillé d’arrache-pied pour combattre le décrochage scolaire au Québec. Ils n’ont pas attendu les directives de l’État pour innover. C’est à eux qu’on doit la chute du pourcentage des jeunes adultes sans diplôme.

Cela montre que le catastrophisme n’est nullement justifié. Mais il ne faut pas relâcher les efforts pour que le premier diplôme soit obtenu par le plus grand nombre possible, et ce, au plus jeune âge possible. Une voie à explorer, qui a maintenant fait ses preuves en Ontario et dans plusieurs États américains, serait l’obligation de fréquenter l’école pour tout jeune de moins de 18 ans qui n’aurait pas encore obtenu son diplôme d’études secondaires ou un certificat équivalent, comme une formation à un métier semi-spécialisé ou au marché du travail. Il est réconfortant de constater que le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, accepte ­maintenant d’envisager cette possibilité.

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14 commentaires
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En passant, toutes proportions gardées, on a le même niveau d’écart avec l’Ontario. Un des facteur qui explique cet écart entre l’Ontario et le Québec ne serait-il pas celui de la 6e année? Le diplôme du secondaire ontarien étant plus difficile à obtenir vu qu’il nécessite une année supplémentaire?

En tout cas, ça baisse drastiquement. Il y a trois fois moins de gens qui n’ont pas de diplômes en 25 ans.

Je viens de me relire et je réalise que j’ai fait une erreur dans mon raisonnement. La 6e année devrait faire qu,il y ait moins de gens sans diplôme en Ontario et non l’inverse.

L’article a bien raison de citer le travail acharné des enseignants pour la réussite scolaire. Heureusement qu’il y a ce dévouement car au niveau politique, aussi intruits que soient nos ministres et premier ministre, l’intérêt pour l’éducation semble leur échapper.
Trois ministres de l’éducation depuis deux ans. Un premier qui ne comprenait pas l’importance des livres dans les bibliothèques scolaires. Un deuxième qui nous disait que cela ne serait pas souhaitable de réinvestir tôt dans le systéme scolaire et se gargarisait d’une réforme des structures pendant que les enfants attendaient.
Et un troisième qui semble ENFIN semble vouloir recentrer les efforts localement dans les écoles.
Mais notre premier ministre donnera-t-il le OK aux finances pour les ressources nécessaires ?
Malheureusement, il n’y a pas non plus de message récurent de notre gouvernement pour promouvoir l’importance de la formation académique. Il n’y a pas l’ombre de ce climat pour valoriser l’éducation comme l’a fait Paul Gérin-Lajoie qui sillonnait le Québec pour diffuser son message. Cette promotion est en grande partie responsable du Québec moderne et prospère.

à n Ontario, si vous ne possédez pas de diplôme d’école secondaire à l »âge de 18 ans, vous n’avez pas droit au permis de conduire un véhicule. C’est simple, mais combien efficace.L

De plus j’ai lu que pour motiver surtout les garçons à obtenir le DES ,
l’Ontario n’accorde le permis de conduire à 18 ans accomplis si vous n’avez pas de diplôme..
Alors imaginez au Québec où il y a examen théorique etc et permis d’apprenti à 17 ans si on mettait les même normes !
Les stationnements de nos polyvalente débordent de voitures des étudiants malgré qu’ils ont accès au transport scolaire gratuit
certainement que les gars pourraient obtenir d’aussi bons résultats que les filles

La raison qui pourrait expliquer l’augmentation du nombre de diplômes au Québec est reliée au marché de l’emploi. Plusieurs employeurs exigent au moins un diplôme de Sec V.

Vous mentionnez que « des milliers d’enseignants, francophones comme anglophones, ont travaillé d’arrache-pied pour combattre le décrochage scolaire au Québec. » Je ne suis vraiment pas convaincu qu’ils travaillent d’arrache-pied, avec le nombre de jours de vacances qu’ils ont, et leur fort taux d’absentéisme. On a ici un secteur fortement syndiqué, et bien des gens ayant des formations spécialisées en science, en mathématique, etc, ne peuvent pas enseigner parce qu’ils n’ont pas un baccalauréat en éducation. On prive ainsi notre système d’éducation de professeurs spécialisés dans un domaine spécifique, et on a encore des professeurs d’éducation physique qui donnent des cours de mathématiques.

On a donc un syndicat qui a la mainmise sur l’éducation, et qui empêche certaines améliorations.

De plus, pour motiver les garçons, on aurait besoin de davantage de professeurs masculins, avec qui ils apprennent généralement mieux qu’avec des professeurs féminins. Mais ils ont fuit les écoles à cause de la forte possibilité d’être accusés à tort de harcèlement ou agression sexuelle.

Visiblement vous connaissez très mal le quotidien des enseignants surtout au secondaire
Les cours sont 8 heures à 15h30. Là, ils enseignent.
D’après vous, quand prépare-t-il leurs cours ?
Quand corrigent-Ils les travaux des élèves ?
Quand font-ils du rattrapage avec les élèves en difficulté ?
Où trouvent-ils le temps d’organiser et encadrer les activités para-scolaires ?
Où trouvent-ils la motivation de supporter certains adolescents perturbés et impolis ?
Finalement, comment font-ils pour vivre avec le manque d’implication de beaucoup de parents ?

Vous me semblez avoir une opinion simpliste du travail de nos enseignants.

Et vous, combien de jours par année, en plus de votre journée de travail
vous tapez-vous du travail supplémentaire le soir sans être rénuméré ?

Mr Grégoire

SVP donnez-nous donc des détails supplémentaires sur la véritable tâche de travail de l’enseignant moyen, incluant salaires, congés (2-4 mois l’été) et congés de maladie (très fréquents au CEGEP, selon un ami enseignant retraité).

Voici ce que J’ai trouvé sur le site http://www.metiers-quebec.org/enseignement/prof_secondaire.htm
« Généralement un(e) enseignante ou un enseignant du secondaire détenant un poste à temps complet aura un horaire hebdomadaire organisé comme suit :
1. effectuer un maximum de 20 heures de tâches éducatives en présence des élèves (présentation des cours et leçons, encadrement, suivi et assistance des étudiants en dehors de la classe, activités de récupération, suppléance, surveillances diverses autres que celles de l’accueil et des déplacements, organisation et participation aux activités étudiantes, sorties éducatives, etc.);
2. environ 7 heures de tâches complémentaires de présence à l’école (surveillance de l’accueil et des déplacements, rencontre collective hebdomadaire des enseignants, autres rencontres d’enseignants, rencontres avec des intervenants scolaires, appels et rencontres avec des parents, rencontres d’organisations de sorties éducatives, activités de formation continue obligatoires, participations aux divers comités pédagogiques ou autres, déplacements entre les écoles pour ceux desservant plusieurs écoles, etc.).
Un dépassement de ces heures en raison de la tenue des 10 rencontres collectives ou des 3 réunions avec les parents, ce dépassement est compensé par une réduction équivalente du temps de travail personnel pour d’autres journées ou d’autres semaines.
3. ainsi qu’un minimum de 5 heures s’ajoutent en travail de nature personnelle (tâches de préparation avant et après les cours, planification du contenu des cours pour la prochaine semaine, élaboration et mise en place d’activités éducatives incluant des travaux en laboratoire ou en atelier, préparation ou correction des épreuves et examens, préparation de bulletins, activités de formation continue facultatives, etc.).
Par contre, souvent ces tâches un dépassement de ces heures (plusieurs enseignants en exercice affirment qu’elles exigent un minimum de 5 heures supplémentaires, bien qu’elles ne soient pas rémunérées.
Donc, une semaine régulière de travail est de 32 heures de travail réparties du lundi au vendredi, à l’intérieur d’un horaire hebdomadaire de 35 heures qui se situe dans une amplitude quotidienne n’excédant pas 8 heures, ce qui exclut la période de repas. »

Donc on ne parle pas de conditions de travail demandant plus de 32 heures par semaine. Vous appelez cela trvailler d’arrache-pied?

Tous ces chiffres vous confortent pour appuyer votre opinion. On croirait entendre un négociateur patronal ou un haut fonctionnaire.
Mais ces statistiques sont loin de décrire le quotidien des enseigants.
Élèves en difficulté d’apprentissage avec de moins en moins de soutient spécialisé.
Élèves au secondaire, dont certains sont agressif, impolis, manaçants.
Manque de motivations de d’autres et souvent de leurs parents.
Commentaires déobligeants des parents et d’une partie de la population ( en êtes-vous ? ).
Tant qu’aux chiffres eux-mêmes, c’est un leurre qui évacue le quotidien des enseignants.
Pour ma part, je respecte ces femmes et ces hommes qui se dévouent pour l’avenir individuel des élèves et de notre société de demain.

En effet, vous ne semblez pas bien connaître la tâche d’un enseignant, surtout au niveau du primaire… Le taux d’absentéisme est rendu élevé à cause des cas trop lourds dans les classes. En ce qui concerne les hommes, certains désertent ou bien se sont retirés du milieu en raison du salaire trop bas…et de la tâche trop lourde!!!

Et les cas lourds vont continuer d’y être jusqu’à 18 ans avec la nouvelle législation. Qu’est-ce qu’on attend pour mettre dehors ces cas lourds, et pour donner davantage de pouvoir aux professeurs?

Je sais qu’il y a des problèmes avec les jeunes, surtout les adolescents. Je sais que les parents aussi n’aident pas. Certains sont carrément chiants. On donne un service gratuit, et ceux qui pourraient en profiter crachent dessus. Pire encore, on veut forcer ces jeunes à rester à l’école…

Les humains, surtout les garçons, ne sont pas formés biologiquement pour rester assis pendant des heures à écouter des professeurs. L’école va à l’encontre de notre comportement héréditaire. Nous sommes nés chasseurs et cueilleurs.

L’école devrait fort probablement être réformée pour ces jeunes actifs qui ont besoin de bouger et d’apprendre sur le tas. Je n’ai pas la solution au problème, mais garder les jeunes à l’école jusqu’à 18 ans ne fera que l’amplifier. Peut-être devrait-on leur apprendre un métier dès 12-13 ans, dès que l’intérêt pour les matières intellectuelles diminue. Anciennement, on avait une certaine ségrégation dans les classes: allégé, régulier et enrichi. On est revenu partiellement à cette ségrégation avec les écoles privées, et les programmes internationaux ou sport/étude et art/étude. Mais ça prendrait vraiment des classes allégées et des classes de métiers dès 12-13 ans et la possibilité de travailler pour ces jeunes dès 15 ans et même avant. Il faut les responsabiliser. Peut-être qu’après avoir travaillé 2-3 ans ils reviendront à l’école… dans le but d’apprendre.

Les sites internet auxquels je réfère ci-dessus montrent que la tâche des professeurs n’est pas trop lourde en temps. Elle est cependant difficile du côté psychologique, et ça je le reconnais. Travailler pour un employeur esclavagiste est aussi difficile sur le plan psychologique. Les enseignants ne sont pas les seuls à avoir ce type de problème.

Je rajouterais cependant que notre société croit qu’une grosse majorité des problèmes peuvent être solutionnés par l’éducation. C’est d’ailleurs comme ça qu’on pense que les pays sous-développés peuvent s’en sortir. Cette croyance n’est rien d’autre qu’une croyance pseudo-religieuse. Elle ne tient pas la route, et on le voit avec l’éducation au Québec, avec le fort taux de décrochage, etc.

Il faut repenser à tout ça, trouver de nouvelles solutions. Et les professeurs devraient s’unir, arrêter de chialer et proposer de nouvelles avenues. Peut-être avons-nous besoin d’écoles alternatives pour tester de nouvelles solutions. Laissons-les s’établir, suivons leur évolution, et arrêtons de leur mettre des bâtons dans les roues.

C’est le temps d’innover.