À lire : Doléances pour un Québec dépassé

Jérome Lussier signe sur le site de Voir, un texte que je trouve remarquable.

Le voici.

Ce n’est pas de l’idéologie de croire que le bilinguisme constitue un avantage et de vouloir en faire bénéficier ses enfants et ses concitoyens.

Ce n’est pas naître pour un petit pain de rêver que sa fille étudie à Stanford, que son fils travaille à Shanghaï, que son neveu boxe à Las Vegas ou que sa nièce défile à Milan.

Ce n’est pas une perversion de préférer Bon Iver à Paul Piché, Adele à Céline, les Beastie Boysà Loco Locass, mais d’aimer aussi Jean Leloup, Arcade Fire, Malajube et Beau Dommage.

La suite ICI.

 

 

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Être ou ne pas être, voilà la question!
Penser nation ou penser monde, voilà la question!
Regardons ce qui se passe en Europe présentement et force est de se demander si l’avenir de l’Europe passe par moins d’Europe ou plus d’Europe.
À moins d’être très naïf, il est évident que la langue commune de l’Europe unifié sera l’anglais. Adieu à toutes les langues nationales sauf bien sûr à la maison, et encore pour combien de temps.
Un monde à l’américaine qui ne parle que l’anglais, pour moi, non merçi! Pourquoi une ouverture sur le monde devrait-elle signifier la mort de notre lanque et par le fait même de notre culture? Exigeons le français au Québec et protégeons notre langue comme la prunelle de nos yeux. L’anglais demeure une langue pratique mais arrêtons de croire qu’elle est essentielle pour être intelligent et compétent.

Ce texte suinte la mauvaise fois. Il fait le lien implicite que vouloir protéger le français au Québec est une fermeture sur le monde, ce qui est complètement ridicule. Dans mon domaine, tout le monde maîtrise très bien l’anglais et nous l’utilisons couramment. J’ai voyagé un peu partout en amérique du nord et en europe pour donner des présentations. Pourtant, étrangement, à voir le comportement de certains francophones, certains d’entres eux trouveraient étrange que la langue de travail ici à Montréal est le français. Et oui, la présence d’un unilingue anglophone à un poste important serait un problème et ne serait probablement pas toléré. Pas par méchanceté, mais par respect. Il y a un monde de différence entre utiliser l’anglais ponctuellement pour accomplir certaines tâches et devoir l’utiliser de façon permanente pour accommoder une seule personne. Surtout si celle-ci fait semblant de vouloir apprendre le français depuis plusieurs années.

Ce n’est pas parce que Pierre Duhamel trouve remarquable un pamphlet postmoderne méprisant et snobinard, que je vais troquer mon abonnement à The Economist pour celui de L’Actualité.

Le fait de répéter « Ce n’est pas » à chaque phrase revêt un caractère ostentatoire qui nous ramène à la liturgie. « Ce n’est pas » la langue française qui pose problème, c’est l’incapacité de bien des québécois justement d’entrer dans la modernité. Il suffit de voir le style des maisons qui se construisent comme le style d’ameublement des demeures pour comprendre ce besoin omniprésent de trouver un lieu pour se protéger et s’isoler à l’intérieur d’enveloppes symboliques qui rappellent les contours d’un passé qui serait la référence sacrée d’un espace intra-utérin des plus rassurant.

Le texte de Jérôme Lussier avec tout le respect qui lui est dû, est encore dans sa forme imprégné de l’empreinte du catholicisme. Ce discours par sa forme reste une résurgence de ce sectarisme ambiant qui consiste à affirmer une chose pour accomplir exactement son inverse. Ce n’est pas la preuve qu’il y ait bien ouverture sur l’avenir. La chose révèle plutôt le sentiment de l’oppression avec son lot d’inquiétude. « Ce n’est pas » ce que l’auteur dit qui compte, « c’est tout » ce qu’il ne dit pas malgré la forme emphatique du texte.

– Cela relèverait plutôt de la confession publique voire de l’autocritique post révolution culturelle maoïste et sans doute pas de la profession de foi d’un activiste engagée.

Vivre en français, promouvoir le français, apprendre bien la langue, savoir l’écrire et le comprendre sont autant de sésames et d’atouts sur lesquels s’ouvrent les voûtes étoilées qui mènent tout droit aux firmaments de l’universalité. Car le français est la langue des lumières et ne peut que le rester. Cela surclasse et met à jour le niveau de toute la société québécoise. Cette appropriation du patrimoine culturel francophone constitue une dotation qui permet de relever plus sûrement les défis de l’avenir. Être justement ce petit 0,1% génial, cet esprit qui fait toute la différence. Pourquoi faut-il vivre toujours avec la peur au ventre quand on est différent ?

Nous ne sommes rien, alors soyons tout ou apprenons à le devenir !

Mille fois merci Monsieur Duhamel pour nous avoir fait connaître ce texte grandiose d’un auteur plus que pragmatique.

On devrait le publier dans toutes nos écoles et universités!