À qui le tour après Rona?

Avec la faiblesse du dollar, tous les joyaux du Québec Inc. deviennent des cibles d’achat.

Photo: Cole Burston/Bloomberg via Getty Images
Photo: Cole Burston/Bloomberg via Getty Images

Hier, c’était nos chapiteaux avec le Cirque du Soleil. Aujourd’hui, c’est notre boîte à outils avec Rona. Demain, à quoi et à qui sera-t-il le tour de s’américaniser? Notre pharmacie avec Jean Coutu? Notre garde-manger avec Métro? Ou nos avions avec Bombardier?

«Dans une économie de marché, toutes les compagnies sont à risque d’être rachetées, rappelle le directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine, Robert Laplante. Lorsque le dollar est faible, elles le deviennent davantage.»

Avec un huard qui oscille à 70 cents après des années de parité, les joyaux du Québec Inc. deviennent de véritables aubaines pour les Américains. «Ils peuvent cueillir les compagnies québécoises comme des fraises à un prix qui défie toute concurrence», illustre Louis Hébert, professeur au département de management à HEC Montréal.

Personne ne peut—à moins de disposer d’informations privilégiées—prédire qui sera la prochaine à entreprise québécoise à passer aux mains d’intérêts étrangers. Mais une chose est certaine: il y en aura d’autres.

Au premier coup d’œil, cela peut faire mal de voir nos sièges sociaux devenir des succursales de groupes américains. «On s’enorgueillit du fait que Couche-Tard achète tout ce qui traîne sur la planète, puis on s’indigne lorsqu’une compagnie d’ici est rachetée », observe Sylvain B. Tremblay. vice-président gestion privée de la firme de placement Optimum.

Or vendre n’est pas nécessairement néfaste pour l’économie du Québec. «Dans le cas de Rona, qu’est-ce qui était le mieux: être racheté à bon prix, ou voir Lowe’s débarquer dans la province et lui livrer une concurrence féroce?» demande le gestionnaire.

Plus encore, l’acheteur a tout intérêt à améliorer la performance de l’entreprise qu’il acquière, souligne Louis Hébert. Ainsi, Lowe’s ne se contentera pas de prendre possession de Rona, mais fera tout en son possible pour accroître son rendement ses parts de marchés, notamment en grugeant celles d’un compétiteur américain qu’elle connait bien : Home-Dépôt.

Et il ne faut pas oublier les actionnaires de Rona qui voit la valeur de leur investissement doubler. Cela inclut les hauts dirigeants de l’entreprise, la Caisse de dépôt et placement, ainsi que de nombreux Québécois dont le fonds de pension possède des parts du quincailler bleu et blanc. Sans compter les 47 avocats impliqués dans la transaction…

 

Dans la même catégorie
30 commentaires
Les commentaires sont fermés.

S’cusez-moi mais Rona était loin d’être un « joyau ».

Il était financièrement fragile et il était en train de fermer plusieurs dizaines de magasins pour pouvoir survivre.

Lowes a probablement sauvé Rona en l’achetant tout en enrichissant le Québec.

D’autres Rona à venir? Mets-en!!!

Comment ça? RONA fait exactement la même chose que ses gros concurrents dans un marché (au mieux) en faible croissance qu’ils cherchent par tous les moyens à envahir. Dire que les perspectives n’étaient pas très bonne relève de l’euphémisme. Même le PDG le dit (à mots couverts tant que la transaction n’est pas conclue…) Il fallait l’entendre hier face à une Anne-Marie Dussault qui ne comprenait rien!)

Drette dans le mille ! Les soublient souvent que ces entreprises sont sur le marché boursier et ne vont pas consulter les informations à la base qui leur démontreraient quel est le pourcentage de l’actionnariat qui est déjà entre les mains de Canadiens (considérés comme étant des étrangers par un certain nombre), les Américains, Européens etc.

le futur dira si les fournisseurs québecois (emplois) gardent leurs parts dans les achats de Lowes. Alors seulement on parlera d’une transaction bénéfique ou à tout le moins correcte. Pour ce qui est du bureau chef, faut pas se leurrer il est certainement appeler à disparaitre.

Je ne crois pas que l’administration changera beaucoup puisque les fournisseurs de Rona sont au Canada. L’approvisionnement est le point central d’un détaillant de cette taille, la distribution, logistique et transport est le deuxième en ligne. Rona deviendra une filiale comme toute bonne filiale d’entreprises internationales que nous avons en sol québécois depuis un siècle. Pour ce qui est du partage du gateau, il sera selon la composition de l’actionnariat tout comme les autres entreprises qui sont sur le marché boursier.

Faut aller chez Home Depot – une entreprise états-unienne – pour constater que beaucoup des produits en inventaire proviennent des États-unis même s’il y a des fournisseurs canadiens ou québécois pour ces même produits. Pourquoi en serait-il autrement pour Lowes?

Après avoir voté deux fois pour se laisser gouverner de l’étranger, je ne vois vraiment pas ce que les intérêts étrangers peuvent représenter d’offusquant pour le Québec.

« Se laisser gouverner par l’étranger… ».

Vous pouvez élaborer SVP?

Parce que le Canada est TOUJOURS NOTRE PAYS et si je me fie aux derniers sondages, ce n’est pas près de changer d’autant plus que NOTRE Premier Ministre Canadien est Québécois d’origine, ainsi que plusieurs de ses Ministres senior.

Bonjour

J’ai présentement des actions de Bombardier. Même si un acheteur (Américain, Chinois, Anglais ou…) offrait une prime de 104% par rapport à la fermeture de l’action hier, je peux vous assurer que je ne vais pas m’enrichir dans la transaction…

Bombardier et sa CSeries, prochaine entreprise sur la liste des braderies ? Après tout, tenter de vaincre le duopole Airbus/Boeing et les gouvernements qui sont derrière (Allemagne, France, Espagne, États-Unis) présente des risques qui dépassent les seules capacités de l’entreprise.
Seules les aides du gouvernement Canadien et du gouvernement Québécois, pour faire bonne mesure, pourraient assurer le décollage des CS100 et CS300. Qu’on arrête de faire la fine bouche et qu’on mette le paquet plutôt que de tenter de conserver la gestion des vis et des marteaux.

Rona est une entreprise du commerce de détail dont les chaînes d’approvisionnement vont demeurer et pourraient même voir leurs marchés s’élargir, sous le chapeau de Lowe’s. Dans le cas de la CSeries, des maillons entiers de l’aéronautique vont s’effondrer, inéluctablement, si la CSeries est abandonnée. D’ailleurs, l’effritement a déjà commencé.

Il faut que notre gouvernement intervienne quand il s’agit d’ouvrir de nouvelles perspectives de croissance, pas de maintenir des parts de marché dans des domaines d’affaires parvenus à maturité.

Tout à fait dans le champ. Boeing n’a jamais été approché par Bombardier. Bombardier a construit plus de 5200 avions passagers depuis 1999 et détient un carnet de commande de 740 avions à produire (selon le rapport financier de 2014). Essentiellement l’erreur de Bombardier fut de développer trop de modèles en même temps et aurait dû attendre pour le développement de sa série Global (3 modèles). Je ne connais aucune compagnie qui a réussi à livrer en temps un nouveau modèle, surtout depuis les 10 dernières années, le 747-8 de Boeing est une véritable catastrophe du point de vue vente en plus d’un retard de plus de 2 ans, le A-380 a accusé un retard de 3 ans et combien d’autres peuvent être cités en exemple.

Hormis les A-380 et A-350, aucun avion n’a jamais eu un carnet de vente étoffé avant le vol inaugural, hors ce vol pour le modèle 100 de la CSerie vient d’être fait et nous verrons lors du salon de l’aéronautique de Singapour, fin février et delui de Franborough l’été prochain ce qui adviendra du nombre de commandes.

N’oublions pas que Airbus vie sur le dos de trois pays européens et Boeing vit sur le dos des milliards accordés par le département de la défens nationale américaine qui signe des chèque en blanc depuis des décennies.

L’aéronautique s’effondre déjà à Montréal, les nouveaux développement se font ailleurs, la nouvelle n’est juste pas encore officielle…

Quand à la CSeries elle ne sera jamais rentable, donc si on refuse de la vendre ça veut dire qu’il faudra continuer à la subventionner pour des décennies…

«Or, il y a de gros problèmes avec la grappe aéronautique actuellement, des problèmes qui dépassent largement Bombardier. Un spécialiste me disait la semaine dernière que la moitié des joueurs se retrouvent en difficulté. De nombreuses PME se sont développées comme sous-traitantes pour des modèles d’avions qui sont en fin de parcours et elles n’ont pas réussi à s’intégrer dans les nouvelles chaînes d’approvisionnement mondiales.»

http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/bombardier-le-risque-politique-et-le-risque-economique/

Je comprends qu’il y a un aspect émotif devant la disparition d’un entreprise qui a fait partie de nos vie pendant longtemps. Mais il faut se faire une raison, des entreprises naissent et disparaissent tout le temps, c’est normal.

Dans ce cas il est clair que c’est une bonne transaction. RONA risquait de devenir un anachronisme, trop grosse pour être une «niche» mais trop petite pour faire face à une compétition de très gros joueurs qui tiennent absolument à envahir son marché. Qui plus est le $ dévalué rendrait difficile L’expansion aux USA alors qu’ici le vieillissement et l’endettement des ménages portent à croire que le marché sera difficile pendant longtemps. La construction a déjà beaucoup ralenti au Québec (à par les résidence pour gens âgés) et la tendance pourrai durer fort longtemps.

Bref ça semble être un maudit bon moment pour profiter de cette offre presque inespérée. Les actionnaires ont sauté dessus et je les comprends.

Des tas d’investisseurs Québécois, dont la Caisse font un impressionnant profit, capital qui pourra être redéployé dans des activités plus prometteuses (et aussi créatrices d’emplois). En même temps la grosse majorité des activités de RONA seront maintenus et s’il y a «rationalisation» il faut comprendre que ça serait probablement aussi arrivé sans transaction.

Bien sûr les fournisseurs Québécois devront se qualifier pour LOWES (qui déjà fait affaire avec nombre d’entre eux..) mais en même temps cela rendra possible l’accès à un marché beaucoup plus grand. Il faut cesser de voir tout en noir, les entreprises Québécoise sont capables de concurrencer.

Bien dit, avec les résultats décevant de Rona depuis cinq ans, une purge a déjà été faite à la demande de la Caisse. Rona est comme on le dit dans le jargon en « faillite technique », elle n’a pas déposé son bilan mais si un fournisseur de taille est sur le point de croupir à cause d’attente inutile de paiements de la part de Rona, le dépôt d’une simple requête en justice pour se faire payer aurait tout simplement fait fermmer les portes, la Caisse n’étant plus enclin à éponger les dettes de Rona. En fait Rona vie depuis 2003 sur un poumon artificiel et depuis 2008 sur deux.

On entend parler depuis hier des fournisseurs québecois qui vont potentiellement perdre des plumes et des emplois.

Le problèmes, c’est que la grosse majorité de ces fournisseurs québecois font fabriquer leurs produits en Chine, alors pour les emplois québécois, on repassera.

Essayez pour voir de trouver des produits fait au Canada, pire fait au Québec chez Rona, vous aurez de la misère à en trouver. Même les produits de la marque Rona, de plus en plus présent chez la bannière, sont fait en Chine.

Alors Rona « fierté » québécoise…

À qui le tour après Rona? La question ne se pose même pas, car c’ est sûr qu’ il y en aura d’ autre !!! Dans une économie de marché les gros bouffent les petits ; c’ est une vérité absolue!
Lorsque tu es 15 fois supérieur chiffre d’ affaire que Rona et que tu vois Home Dépot débarqué au Québec avec ses gros sabots; tu veux embarquer dans la danse toi aussi! En 2012 déjà il y avait eu une offre à 1.8 milliard $ et le dollars était presqu’ à parité ! Alors pourquoi parler de la parité du dollars? Expliquez-moi cela?

Le Québec est grosso modo un petit 8.5 millions d’ habitants parmi les 425 millions et plus de Nord américains! Pourquoi l’ opposition déchire sa chemise ? Qu’ il donne des solutions au lieu de jouer à la vierge offensée !!!

Lorsqu’on regarde le prix d’achat par action proposé par Lowe’s, on peut penser qu’il est équitable, mais tout dépend du moment où vous avez acheté vos actions. Si le prix de 24,00 $CAN offert aux actionnaires est supérieur à la valeur moyenne de l’action au cours des 52 derniers mois.

Ce prix de 24,00 $CAN rejoint celui de la valeur moyenne de l’action en 2007 (juste avant la crise). La valeur de l’action de Rona cependant a connu des jours bien meilleurs. En 2005, voici un peu plus de dix ans, l’action se transigeait aux alentours de 50,00 $CAN. À ce prix, la compagnie n’était pas une cible très intéressante pour les « raiders » quels qu’ils soient !

Ce qui a changé la structure de Rona, c’est son introduction en Bourse en 2002. Ceci a permis à cette entité de financer son expansion pancanadienne et lui a permis de devenir en volume le premier détaillant canadien. Dans ce cas, la loi des marchés permet à d’autres joueurs de s’approprier des actions. Cependant, il aurait été intéressant de mieux comprendre la position de la Caisse de dépôt dans cette transaction, qui avec ses 17% d’actions privilégiées est un actionnaire de contrôle.

Cette position prépondérante de la Caisse était en quelques sortes la police d’assurance de Rona.

Si l’offre de 2016 de Lowe’s peut être considérée cette fois-ci comme plus généreuse en comparaison de l’offre de 2012 pour 14,50 $CAN par action (avec un dollar en parité avec le dollar US), considérée alors comme une offre d’achat hostile. L’offre de 2016 reste encore qu’on le veuille ou non, une offre d’achat hostile puisque Lowe’s se propose non seulement de racheter toutes les actions ordinaires en circulation mais encore toutes les actions privilégiées pour seulement 20,00 $CAN.

En d’autres termes, il s’agit d’une prise de contrôle totale de Lowe’s sans droit de regard sur les actifs par le Conseil d’administration Rona et ses actionnaires historiques. Simultanément Lowe’s ne supprimera pas l’action de Rona comme telle, puisque l’entité canadienne formera une entité juridique distincte de Lowe’s États-Unis.

Des actions nouvelles (sous le nom de Rona ou sous un autre nom : Lowe’s Canada) pourraient être par la suite réintroduites en Bourse, puisqu’à moyen terme (5 ans), Lowe’s se donne pour objectif de doubler la valeur de l’action.

Ce qui confirme que la valeur de référence de l’action était bien celle de 2005 et que selon Lowe’s cette cible peut parfaitement être atteinte à nouveau avec un autre management. Lorsque son but est bien de réaliser un profit par action à moyen terme de presque 100%.

Alors il faudrait conclure que c’était le management de Rona qui était déficient.

Au fond la question est de savoir combien de marchands affiliés à Rona le seront encore dans 5 ans. L’autre question est de savoir, si certaines entités comme BMR au Québec, n’ont pas désormais une opportunité plus qu’intéressante de tirer leur épingle du jeu. — Quand le chat est remplacé par un éléphant, les souris peuvent désormais danser également.

Si Rona fut le premier dans son domaine, Home Depot l’a dépassé depuis longtemps puisque Rona fit 4.2$ milliards contre 6.7$ milliards en 2014. Le profit net de Rona ne fut que de 43$ millions alors que celui de Home Depot fut de 6.3$ milliards en revenu pour ses opérations canadiennes avec un profit net de 673$ millions.

Rona a malheureusement investit tout azimut trop rapidement lorsqu’elle s’est inscrite en bourse. Le véritable problème qui se posera est la distribution dans plus de 541 points de services alors que Home Depot ne dispose que de 181 grandes surfaces. Les coûts associés à la distribution est le nerf de la guerre depuis près de 20 ans puisque les frais de transports sont devenus hors de tout sens commum.

Je suis d’accord avec vous sur la question du nombre d’affiliés qui seront encore debout dans cinq ans mais il faut considérer que Lowes fut construit sur le même concept, ils ont de grands centres mais des milliers de petits magasins partout dans les petites et moyennes villes.

@ Wentworth Roger,

Tout dépend évidemment des années de référence. Si vous prenez le chiffre d’affaire de Rona Inc. en 2012, il est de 6,173 milliards contre 5,393 milliards pour Home Depot. En 2013, l’écart effectivement se resserre puisque les chiffres d’affaire passent respectivement de 5,550 milliards pout Rona contre 5,520 pour Home Depot.

Je n’ai pas vérifié vos chiffres de 2014, Home Depot avait en 2014 sensiblement dépassé les attentes des analystes. Par conséquent il n’est pas improbable que Home Depot soit désormais passé numéro 1 pour le Canada.

De plus la situation de Rona en 2013 était de moins en moins bonne lorsque comparée à celle de ses concurrents. D’où sa restructuration hâtive. Qui plus est, l’abandon du modèle coopératif qui prévalait avant 2002 pour adopter un modèle corporatif, tout cela ne s’était pas fait sans peines.

Je suis de votre avis quant au fait que Rona a voulu probablement grandir trop vite en multipliant les acquisitions. Cela a fragilisé le groupe plutôt que de le consolider. Usuellement cette course à la croissance sert surtout à accroitre artificiellement la valeur de la capitalisation et non à améliorer le niveau de la profitabilité, en même temps cela génère un ratio plus élevé d’endettement.

Pour ce qui est des commerçants affiliés. Je ne voulais pas dire que d’ici 5 ans plusieurs auront disparus. Ce que je voulais dire, c’est plutôt qu’un certain nombre de quincailleries pourraient tout simplement choisir de se regrouper sous une autre bannière. À moins que Lowe’s ne trouve des arguments assez convaincants pour conserver le plus grand nombre de tous ces commerçants.

À ce titre beaucoup dépend des prix offerts au niveau de la Centrale d’achat.

Ainsi pour la suite…. On verra bien 🙂

J’ai touvé un bout de réponse à l’adresse suivante : https://en.wikipedia.org/wiki/Net_international_investment_position. Lorsque nous nous comparons (Canada) il est très facile de se consoler surtout les USA qui ont plus de 7 trilliards de leur 17$ trilliards en PNB sous forme de dette parmis le Club des endettés dont les pays de l’ancienne Europe de l’Est et la l’URSS font parties. Le deuxième tableau nous donne un bon portrait des investissements. La suisse est comme c’est le cas depuis la deuxième guerre mondiale, la troisième plus prospère après le Japon et l’Allemagne en terme d’investissements. Nous pouvons aussi constater que les USA est le plus en vente de feu suivis de l’Espagne.

@ Wentworth Roger,

S’il est juste que lorsqu’on se compare… On se console….

Lorsque j’évoquais la question du ratio d’endettement c’était au niveau des entreprises qui établissent leur croissance essentiellement sur la base de fusions-acquisitions. Usuellement, ces opérations se produisent à force d’endettement. Aussi faut-il prendre en compte les ratios endettement par rapport à la valeur de l’entreprise, tout comme la marge bénéficiaire nette notamment pour apprécier les perspectives à plus long terme. Un endettement trop élevé, réduit la solvabilité d’une entreprise dans le temps, cela nuit à leur profitabilité et conduit presque toujours à des restructurations.

Ainsi comme vous le souligniez dans vos commentaires précédents, la rentabilité de Home Depot au Canada est supérieure à celle de Rona même à chiffre d’affaire comparable. C’est également pour cette raison que Rona a dû se départir de quelques acquisitions pour réduire son ratio d’endettement.

Quant au génie des américains, pour revenir sur vos présents propos ; c’est qu’ils ont toujours réussi à financer leur croissance grâce à l’endettement. Lorsqu’ils ont la chance de disposer d’une monnaie d’échange quasi-universelle. Sans oublier que posséder le premier complexe militaro-industriel de la planète et de loin, ce n’est pas sans valeur également….

Le Japon reste toujours très fort sur le plan des technologies, tout comme l’Allemagne, ils bénéficient pour cette raison de forts investissements. Le Japon est cependant le pays du monde qui accuse le plus grand déficit public du monde par nombre d’habitants.

Lorsque la croissance est plutôt en panne, comme c’est le cas actuellement, beaucoup de données macro-économiques sont à prendre avec précautions. Le passé n’étant plus dans tous les cas annonciateurs des modèles qui devront être pris en compte à l’avenir.

Enfin au Canada, ce qui a été le moteur de l’investissement ces dernières années, ce sont ceux effectués dans le pétrole et dans divers complexes immobiliers. Rien n’indique qu’on puisse encore seulement miser sur ces deux vaches à lait dans les prochaines décennies pour assurer un niveau de vie et de confort décent aux prochaines générations. — Quant à moi, j’ai toujours trouvé qu’en tout la diversification avait bien meilleurs goût.

Ce qui est très inquiétant c’est actuellement la Chine qui magasine ces temps-ci.
”China National Chemical Corp.’s $43-billion (U.S.) bid for Switerzland’s Syngenta AG …”

Je vous invite a lire cet article du Globe & Mail. Rona n’y paraitra que comme des pinottes!
Inquiétant!

”Buying spree ahead as China becomes rising global investment force” http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/international-business/asian-pacific-business/buying-spree-ahead-as-china-becomes-rising-global-investment-force/article28562265/

L’O.C.D.E. se penche sur la question depuis quelques années. Der Spiegel, version allemande en fait état à chaque parution mais ne peut vous indiquer si c’est la même chose pour la version anglaise. Der Stern en fait tout autan ainsi que l’ensemble des canaux de téléradiodiffusion Européennes telles que la RTBF, Télévision Suisse Romande, FR2 et autres.

L’opposition contre la main mise de grandes corporations en Europe ne se fait pas dans le silence et les citoyens autant que les politiciens s’y opposent. Certaines législature ont déjà des lois en place (tout comme le Canada en avait une) pour les participations à l’actionnariat au delà de 10% à 20% pour les corporations fédérales.

En Suisse, l’assentissement peut dépasser les quotas établis mais ne peuvent dépasser 33% mais doit être soumise à un référendum. Je ne me souviens pas la source mais j’ai lu il y a deux ou trois ans que seule l’amérique du nord, où les ventes de feux continuent est un sol fertile de prise de contrôle mais surtout la Russie qui attire la Chine car la Russie a un grand besoin de devises fortes pour rencontrer ses obligations. Il en est de même pour les pays de l’Europe de l’Est. Ce serait bien de voir un tableau des investissements à l’étranger par la Chine.

Pour ce qui est de Transport Bombardier, je doute que la Chine puisse mettre la main sur cette entité. Les trains pour la Chine sont construits en Chine sous license de Bombardier sauf pour les groupes moteurs (diezel / électrique) ainsi que la technologie des « boggies ».

De plus, la constitution de Bombardier empêche des transfert d’équité entre Bombardier Aérospace et Bombardier Transport, ayant chacune leur propre lettre patente, si ce n’est que sous forme de prêt. Je ne vois pas pourquoi Bombardier vendrait sa division transport qui est la plus profitable pour venir en aide à la division aérospatiale.

Ce chirurgien qui rêvait devenir le grand anesthésiste de la Nation
Ça ne va pas bien au Québec par les temps qui courent. D’un côté l’Institut Frazer (une entreprise gauchiste comme on le sait!!) encense (2e place au Canada) l’administration Couillard pour sa gestion des affaires publiques et d’un autre côté une opposition qui dort au gaz empêtrée dans ses contradictions, le PQ étant une coalition de gens de gauche et de droite ayant de plus en plus de difficulté à créer un consensus pour la Nation ce qui fait que ces membres désabusés de tout ce cirque ont tendance à regarder ailleurs chez QS ou la CAQ et même ON. Quebecor apparaît ici comme l’éléphant dans le magasin de porcelaine pour l’Establicheman financier canadien et un modèle à ne plus laisser se reproduire. Voilà pourquoi à partir de maintenant le Québec sera à vendre au plus offrant tel que le démontre la vente en catimini des parts d’Investissement Québec dans l’entreprise RONA quelque temps avant l’annonce finale de la vente de RONA à une entreprise états-uniennes privant ainsi l’État d’un levier important d’intervention. (Vendu à qui et à quel prix?) Et que dire du rôle incestueux de la Caisse de dépôts et de placements qui tout en défendant une apparente autonomie se propose d’investir dans des projets publics-privés auxquels aucune autre caisse équivalente étrangère ne semble intéressée. Qui pensez-vous nommera le prochain président de la Caisse de dépôts et placements du Québec? Qui mord la main de celui qui le nourrit? Lorsqu’il ne restera qu’Hydro-Québec et une société civile québécoise complètement désorganisée et endettée on verra bien ce qui arrivera au nationalisme Hydro-québécois. Les expropriés et l’Establicheman financier canadien qui au départ par mauvaise volonté ont refusé de participer au projet québécois en salivent depuis le tout début.
Jacques Tremblay
Sainte-Luce, Qc

Envoyé de mon iPad